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Les magistrats gabonais en grève, s’opposent aux ébarbures d’Ali Bongo


Politique
  • Les magistrats gabonais en grève, s’opposent aux ébarbures d’Ali Bongo © 2016 D.R./Info241
Publié le 19 mai 2016 à 15h13min

Les magistrats de Libreville ont entamé un mouvement de grève ce mercredi pour dénoncer les violations du Conseil supérieur de la magistrature dont Ali Bongo a présidé le 10 mai dernier, le conclave en nommant Sidonie Ouwé à la présidence de la Cour d’appel. Ils se disent victimes d’un outrage aux procédures de nominations qui ont outrepassées les critères hiérarchiques et d’une violation flagrante de la loi organique.

Selon un magistrat interrogé par Info241 sur le lieu de la manifestation, «  Nous venons de toucher le fond. La preuve est administrée par notre mouvement de grève qui proteste contre la main mise des gourous du bord de mer sur l’appareil judiciaire. En effet, lors de la dernière cession extraordinaire du Conseil de la magistrature, arrivé au point sur les nominations, le président du Conseil a déclaré qu’il en fait son affaire. Ce qui revient à dire que personne n’a été associée aux nominations litigieuses en dehors de son homme de main Maixent Accrombessi. Même le président du Conseil d’Etat n’aurait pas été informé de ces nominations. »

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Selon Le Syndicat national des magistrats gabonais (Synamag), un des éléments déclencheur de ce mouvement est la nomination qualifiée d’outrancière de Madame Sidonie Flore Itsiémbou Koumba épouse Ouwé à la présidence d’une juridiction, celle de la cour d’appel qui exige une catégorie spécifique dans la hiérarchie des magistrats.

En effet, pour être président de la cour d’appel, explique le magistrat, « il faut jouir d’une bonne moralité, être magistrat hors hiérarchie depuis au moins dix ans, avoir été conseiller puis président de Chambre à la Cour d’appel au moins pendant quinze ans. » C’est la énième immixtion permanente des politiques dans les nominations et affectations des magistrats par le palais présidentiel du Bord de mer qui est décriée par les hommes en robes noires. Comme l’illustre cette banderole des grévistes.

Le message des magistrats gabonais aux pouvoirs politiques

Sans affectation officielle depuis l’annulation historique en décembre dernier de la Cour constitutionnelle d’une ordonnance du gouvernement fixant la création notamment du tribunal spécial chargé de la répression de la délinquance économique, financière et des grands trafics, Madame Ouwé avait rebondit ainsi à la Cour d’appel judiciaire de Libreville en qualité de premier président.

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L’autre affiche des magistrats grévistes de Libreville

Les magistrats de Libreville ont manifesté leur indignation ce matin en initiant ce mouvement de grève qui a pour but de dénoncer « l’outrage à magistrat », « la main-mise de la justice par le pouvoir exécutif », « le non respect des procédures de nominations », dont ils se disent victimes du Conseil supérieur de la magistrature. Cette journée de grève a mobilisé plusieurs magistrats dans les couloirs du palais de justice et paralysé les activités judiciaires au sein du Tribunal de Libreville.


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