Homicide

Un trentenaire tue sa petite amie à Port-Gentil et maquille son crime odieux en suicide

Un trentenaire tue sa petite amie à Port-Gentil et maquille son crime odieux en suicide
Le criminel Michael Nguema Ndong comparaissant devant la cour © 2021 D.R./Info241

Depuis plusieurs années au Gabon, les cas de crimes domestiques ne cessent de proliférer. La ville de Port-Gentil n’est pas épargnée par ce phénomène grandissant. Ce lundi, la cour d’appel de la ville du sable statuant en matière criminelle, avait un dossier lourd à traiter. Il s’agissait de l’affaire opposant Michael Nguema Ndong accusé du meurtre de sa petite amie à Jean-Michel Azozet Makanga, le père de la victime. Après une violente dispute conjugale, il mettra fin aux jours de sa victime avant de tenter de simuler un suicide.

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Pour ce qui est des faits, ils remontent à la nuit du vendredi 19 octobre 2018 au quartier Transfo, dans le 2e arrondissement de Port-Gentil. Ce jour-là, une violente dispute éclatait entre Michael Nguema Ndong (37 ans) et sa concubine dame Michelle Azozet Mouabeni (26 ans). Le bruit généré par cette dispute a attiré l’attention des voisins qui se sont rendus précipitamment à leur domicile.

Une dispute qui finit mal

Sieur Clotaire Mapita ainsi que d’autres voisins frappaient violemment sur la porte fermée avant de procéder à la destruction de ladite porte et de la grille à l’aide d’un marteau afin d’y accéder. Au même moment, la victime criait de toutes ses forces « au secours tonton Clotaire », un des voisins. Une fois à l’intérieur de la maison, il dégageait l’accusé qui se trouvait sur sa victime plaquée à même le sol. Il la souleva pour l’emmener à la terrasse.

Une vue de la salle d’audience, lundi

Pendant ce temps, Michael Nguema Ndong toujours en colère faisait interdiction d’emmener avec eux sa concubine. Auquel cas, elle ne reviendra plus jamais chez lui. Suite à cette injonction, ils laissèrent la victime assise à la terrasse bien fatiguée et amochée. Vingt minutes plus tard, les mêmes voisins ont été alertés par les cris de la concubine de Jean-Michel Azozet Makanga, père de la victime qui avait au préalable reçu un coup de fil venant de l’accusé.

Un suicide maquillé

Ils accouraient précipitamment et firent le constat du corps inerte de la victime pendu sur la grille verrouillée de la porte d’entrée de leur maison attaché avec un tissu pendant que le prévenu était allongé sur son canapé face au poste téléviseur. Informés des faits, les agents de l’antenne provinciale de la PJ de l’Ogooué-Maritime se rendirent audit quartier afin de procéder aux constatations d’usages, puis à l’interpellation de l’accusé.

Le lendemain de l’homicide, le père de la victime défunte déposait une plainte pour meurtre. En enquête préliminaire, le mis en cause reconnaissait avoir eu une dispute avec sa compagne. Il avouait également qu’il était allé dans la chambre pour bercer leur fille qui pleurait. Et qu’en ressortant il constata dame Michelle Azozet Mouabeni s’est pendue sur la grille principale de leur habitation.

Le chef de la famille Azozet lors de son audition fit remarquer que sa compagne avait été avisé au téléphone par leur beau-fils de ce que sa belle-fille envisageait de se pendre. Pour sa part, le jeune fils aîné du couple, Jérémy Nguema Mba âgé de 7 ans au moment des faits déclarait avoir assisté aux échanges violents entre sa mère et son père. Et précisait avoir vu son père étrangler sa mère à l’aide du pagne avant de l’accrocher sur la grille.

Des preuves accablantes

Dans cette affaire digne d’un film hollywoodien, sieur Clotaire Mapita, un des voisins du couple, a été entendu à la barre comme témoin principal. Il soutien avoir brisé la chaîne de la grille pour accéder à la maison. Et que les enfants du couple avaient assisté à toute la scène. Comme le veut la loi, une autopsie avait été effectué afin de véritablement déterminer les causes du décès. Et le médecin légiste concluait que le décès serait survenu suite à des complications neurologiques d’une asphyxie mécanique par strangulation à la main.

À son instruction à la cour face aux juges, Michael Nguema Ndong déclarait n’avoir pas étranglé sa compagne. Mais qu’il avait mis ses deux mains au cou de Michelle et que tout de même, il avait exercé une pression avec son genoux sur la poitrine de la défunte lors de leur violente dispute.

Plaidoiries

Au cours de l’audience qui s’est tenue ce lundi 19 avril 2021 au tribunal de Port-Gentil, Me Ngandu Lin Joël conseil de la partie civile, a plaidé pour l’application de la loi dans toute sa rigueur. Quant au ministère public, il a requis la culpabilité de l’accusé et sa condamnation à 30 ans de réclusion criminelle avec une amende de 2 millions de francs CFA.

S’agissant de la défense, Me Guissiga chansel, commis à la défense de l’accusé, a plaidé pour l’acquittement au bénéfice du doute avant de solliciter la disqualification du crime de meurtre en délit de coups et blessures volontaires prévu et puni par les dispositions de article 230 du Code pénal. Et que soient retenues à l’accusé, des circonstances atténuantes.

Pour ce qui est de l’accusé qui a eu la parole en dernier, il a déclaré n’avoir pas mis fin aux jours de sa petite amie. Statuant publiquement, la cour criminelle via le tribunal de première instance de Port-Gentil a reconnu le nommé Michael Nguema Ndong coupable du crime de meurtre. Elle le condamne à 30 ans de réclusion criminelle et à 500 000 FCFA d’amende.

Biographie du couple maudit

Dans cette affaire, ce qu’il faut retenir c’est que Michael Nguema Ndong est né le 16 décembre 1981 à Oyem. Il vécu son enfance avec ses grands-parents et fit ses études au lycée islamique du Koweït à Libreville de 1995-1998. En 2002, il obtint son baccalauréat au lycée technique Omar Bongo Ondimba en comptabilité gestion. Il s’inscrit à l’UOB un an après au département de sciences économiques, puis en anthropologie trois mois plus tard.

Voyant que sa vie n’avançait pas, il débarqua à Port-Gentil pour poursuivre ses études à l’école de commerce. Il rencontra sa compagne Michelle Azozet Mouabeni en 2009 alors qu’elle n’avait que 17 ans. Ils eurent trois enfants ensemble au cours de leur 9 ans de relation amoureuse. Il fut un ex agent d’Addax Petroleum en qualité de comptabilité fiscaliste.


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