Assassinat

Deux gabonais rêvant d’une maison équipée, écopent de la prison à perpétuité pour meurtre

Deux gabonais rêvant d’une maison équipée, écopent de la prison à perpétuité pour meurtre
Deux gabonais rêvant d’une maison équipée, écopent de la prison à perpétuité pour meurtre © 2022 D.R./Info241

La cour criminelle de Port-Gentil a statué ce lundi sur une affaire d’assassinat et de complicité d’assassinat. Deux prévenus ont été reconnus coupables puis condamnés à la réclusion à perpétuité pour l’assassinat d’un pécheur Charles Moulengui Nzembou en 2017. Il s’agit de Jean-Bernard Mangouka Kebilianou et Armel Cyril Bissoua Memiaghé. Ils auraient commis ce meutre pour une maison équipée et des conditions de vie meilleure.

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Les faits ont eu lieu le 2 juillet 2017 au village Mpaga dans le canton Anéngué dans le Fernan-Vaz (Ogooué-Maritime). Ce sont les gendarmes de la brigade du district de Mpaga qui seront avertis de la disparition soudaine de Charles Moulengui Nzembou. C’est alors qu’ils menèrent une enquête minutieuse durant quelques jours. Celle-ci conduisit à l’arrestation de 4 amis du disparu : Joseph Mbehny Yaba, Jean-Bernard Mangouka Kebilianou, Armel Cyril Bissoua Memiaghé et Clément Ndinga.

4 amis, un crime

Placés en détention, Joseph Mbehny Yaba déclara en enquête préliminaire qu’il a vu la victime à bord de sa pirogue. Quelques heures après, il sera surpris d’apercevoir celle-ci déviant de sa trajectoire sans son occupant. Les agents apprendront qu’il envisageait de tuer leur ami. Joseph Mbehny Yaba l’aurait proposé à Armel Cyril Bissoua Memiaghé, l’indiquant de prélever les organes vitaux de la victime afin de les mettre sur le marché noir consacré aux crimes rituels certainement. Marché conclu !

C’est ainsi qu’ils mirent fin à la vie de Charles Moulengui Nzembou sans retirer finalement ses parties vitales. Car certains de leurs complices ne s’étaient pas invités au sacrifice humain. Fort de cet acte ignoble, ils jetèrent la dépouille dans la rivière avant de se promettre de raconter la même version au cas où ils finiraient à la barre un jour.

Des versions divergentes

Quant à Jean-Bernard Mangouka Kebilianou, il dit dans sa version des faits, être sorti de chez lui avec Joseph Mbehny Yaba avec qui il discutait avant d’aller saluer Clément Ndinga. Chez ce dernier, ils trouvèrent selon lui, Cyril Bissoua Memiaghé et Charles Moulengui Nzembou. C’est alors qu’ils prirent un verre de vin de palme. Quelques heures après, Charles décida d’aller au débarcadère.

Il prit son embarcation pour aller en brousse. Malheureusement, il ne l’a plus vu quelques instants après. Il renchérit en précisant que Clément Ndinga et Charles Moulengui Nzembou étaient partis ensemble. Enfin resté à trois, Joseph Mbehny Yaba le fin stratège, expliqua alors qu’il venait d’obtenir un marché très juteux mais compliqué. Pourquoi ? Parce qu’il fallait mettre un terme à la vie de Charles.

La récompense

Après l’acte posé, ils allaient bénéficier d’une maison entièrement équipée mais également des meilleures conditions de vie au village. C’est alors que tous les trois munis de cette information, se rendirent en pas de chat, chez le pauvre Charles Moulengui Nzembou qui ne se doutait pas que ses vieux amis venaient pour l’assassiner. Accroupi parce que démêlant son filet, il reçut plusieurs coups de pagaie à la nuque. Décédé sur-le-champ, Joseph décida d’emporter le cadavre de leur victime sur la rive supérieure.

Chagriné par cet acte odieux, Cyril Bissoua Memiaghé rebroussait chemin avant de se lamenter énormément. De peur d’être trahi, Joseph lui intima de ne rien dire de peur d’être également tué. Pour sa part, Cyril Bissoua Memiaghé dit lors de son audition, qu’il a été étonné de voir en dérivation la pirogue de Charles. Il a reconnu que c’est Joseph Mbehny Yaba qui complotait afin de tuer Charles. C’est alors qu’ils se sont faufilés dans la broussaille pour se fondre dans la nature. Ils virent Charles faisant un piège non loin de son campement. Et bam !

Un meurtre prémédité

Jean-Bernard Mangouka Kebilianou qui s’était véritablement rapproché de Charles, assommait le précité à l’aide d’une pagaie. C’est ainsi que pour simuler une noyade, Joseph a propulsé la barque au large avant de partir avec Jean-Bernard, la dépouille en main. Estomaqué, il prit la poudre d’escampette. Sans ambages, ils ont tous été transférés au parquet pour les délits d’assassinat, complicité d’assassinat, association de malfaiteurs et déclarations mensongères.

Ensuite, Jean-Bernard Mangouka Kebilianou et Cyril Bissoua Memiaghé devant la cour criminelle pour les crimes d’assassinat et complicité d’assassinat ont clairement réfuté les faits. Plusieurs heures plus tard, le verdict issus des réquisitions de l’avocat général est sans ambiguïté : réclusion à perpétuité. Me Eteno Amorissa et Me Dominique Ongonwou Dossou représentants la défense des accusés ont dans leur plaidoirie sollicité l’acquittement de leurs clients au bénéfice du doute au vu de l’absence des éléments légaux, matériels et intentionnels.

La sanction

Sauf que dans ce film d’horreur, Jean-Bernard Mangouka Kebilianou aurait préméditée la mort de Charles Moulengui Nzembou. Ce qui a conduit à cet homicide. Et la loi 21/63 du 31 mai 63 du Code pénal en son article 224 tiret 1, qualifie cet acte comme étant un assassinat. Cependant, selon l’article 48 du Code pénal, Cyril Bissoua Memiaghé est le complice par excellence de cet assassinat prémédité pour y avoir participé activement avant d’accepter de tuer leur victime sans empêcher et dénoncer l’auteur du drame.

Bizarrement tous ont tenu lors de leur audience comme promis, des déclarations du même acabit, prétextant pour certains avoir été torturés. Des aveux visant à se défaire face à la justice. Bien heureusement, la cour a été sévère. Ainsi, elle a condamné les deux assassins à la réclusion à perpétuité.

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