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Arrestations arbitraires : des jeunes gabonais opposés à la CAN 2017 toujours détenus à Libreville

Arrestations arbitraires : des jeunes gabonais opposés à la CAN 2017 toujours détenus à Libreville
Arrestations arbitraires : des jeunes gabonais opposés à la CAN 2017 toujours détenus à Libreville © 2017 D.R./Info241

Les jeunes contestataires de la CAN2017, Marceau Malekou, Melvin Gondjout, Alex Haore et Barry Ndimal, tous membres du mouvement pro-Ping, Jeunesse de l’opposition unie pour la résistance (JOUR) sont toujours détenus en garde à vue dans les geôles de la police judiciaire. Ce, en violation de la loi pénale qui encadre les modalités d’une détention provisoire selon le communiqué de presse du JOUR. Ils sont accusés pour « trouble à l’ordre public » par les autorités gouvernementales.

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Lire aussi >>>Des jeunes gabonais contestant l’organisation de la CAN arrêtés à Libreville

Interrogé par Info241 sur la détention qualifiée d’illégale par le mouvement JOUR, un avocat gabonais a affirmé que « la garde à vue est une mesure de privation de liberté prise à l’encontre d’un suspect lors d’une enquête judiciaire. Le suspect a le droit à un avocat. Sous la supervision d’un magistrat commis par le Parquet. La durée de la garde à vue est limitée. Une personne peut être mise en garde à vue uniquement s’il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction. » De quel délit, de quel crime reprochait-t-on aux jeunes contestataires, membres de l’opposition gabonaise ?

Une justice à deux vitesses : privation des libertés publiques

Pour le mouvement JOUR « les autorités gouvernementales gardent à vue Marceau Malekou, Melvin Gondjout, Alex Haore et Barry Ndimal, depuis plus de 6 jours par les agents de la police judiciaire », tout simplement pour avoir exprimé « leur opinion de manière calme et non violente. » En jouissant affirme le mouvement « de leur droit de manifester à travers des actes de résistance pacifiques par le biais des banderoles en de contester l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations. Au détriment du respect de la démocratie, des enjeux de développement, de l’éducation et de la santé publique. »

Tous diplômés et ayant soif de liberté et d’alternance, ajoute le communiqué du JOUR «  ils ont décidé de rejoindre un groupe de manifestants qui organisait une marche pacifique au quartier Nkembo, le mercredi 18 janvier 2017. C’est en rentrant chez eux, après avoir été dispersés que ces derniers ont été interpellés et mis en garde à vue jusqu’à ce jour ». Avant de décrier les raisons de l’arrestation de leurs membres en appelant les autorités judiciaires gabonaises à lire le droit : « Accusés de trouble à l’ordre public, nous tenons à rappeler que ce sont de jeunes citoyens qui n’ont fait qu’exprimer leurs opinions de manière calme et non violente. Nous condamnons fermement ces arrestations et demandons leur libération
immédiate
 ».

Un juriste interrogé par nos confrères de GMT précise ce qui suit : « En droit gabonais l’article 50 définit la garde la vue et fixe le délai de principe à 48 heures. Son alinéa 2 est d’une clarté qui ne souffre d’aucune ambiguïté. La durée de la garde à vue ne peut excéder 48 heures. On peut trouver à redire sur les troubles à l’ordre public parce que la demande préalable manquait. Or, Il n’y a pas eu de casses ou d’actes de vandalisme. Une garde aussi longue pour un prétendu trouble à l’ordre public difficilement qualifiable est une décision démesurée. Je dirais même illégale »

Le président du Rassemblement Héritage et Modernité (RH&M), Alexandre Barro Chambrier n’est pas allé de main morte suite à cette énième affaire d’arrestation arbitraire en dénonçant cet acte en ces termes : « La liberté d’expression et de pensée est une valeur fondamentale, de portée universelle. Elle doit être reconnue à tous. Il va sans dire que, je condamne donc l’incarcération des jeunes compatriotes, Marceau Malekou, Melvin Gondjout, Alex Haore et Barry Ndimal, qui ont voulu exprimer leur position par rapport à l’organisation de la coupe d’Afrique des Nations. » Tout affirmant que «  c’est leur droit le plus absolu. Cette mesure disproportionnée est contreproductive et totalement inutile, puisque ces jeunes marchaient sur le trottoir sans faire obstruction de la voie publique. »

Rappelons que cette énième arrestation arbitraire dont sont victimes des jeunes gabonais sont désormais légion en terre gabonaise. La liberté de réunion, d’opinion et d’expression au Gabon sont simplement des droits fondamentaux pieux. Signes d’une dictature à peine voilée menée avec maestria par Ali Bongo dans un pays dit république démocratique. Or, la liberté d’expression et liberté de réunion se trouvent ainsi soumises à un régime juridique identique qui exclut toute censure et toute dictature a priori. La liberté de réunion est consacrée par tous les grands textes internationaux. Elle figure à l’article 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et à l’article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Pour la Cour des droits de l’hommes la démocratie réelle au-delà des discours d’intentions et des théories poudrières comme c’est institué au Gabon, c’est la capacité d’une société à résoudre ses problèmes dans le cadre d’un débat ouvert. Et d’accepter des contradictions d’idées. Cette conception de la liberté de réunion et d’expression s’inspire directement de la tradition des pays anglo-saxons qui prétendent combattre le discours en lui permettant d’être prononcé. Elle part d’une hypothèse inverse à la nôtre selon laquelle seule la persuasion est une arme capable de dissiper la parole de haine. C’est loin d’être le cas au Gabon, car nous sommes à des années lumières d’atteindre cet idéal démocratique.

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