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Françafrique

« L’accord militaire signé entre Ali Bongo et la France en 2010 saborde la souveraineté territoriale du Gabon »


Analyse
  • « L’accord militaire signé entre Ali Bongo et la France en 2010 saborde la souveraineté territoriale du Gabon » © 2017 D.R./Info241
Publié le 28 janvier 2017 à 13h24min

L’accord signé par le désormais Franco-Gabonais Ali Bongo Ondimba en 2010 avec la France, puisqu’il a acquis la nationalité française depuis peu , est un acte de haute trahison contre le Gabon et son peuple selon Jean Ndouanis, représentant à Bruxelles de l’UPG, aille loyaliste, présidée par Moukagni-Iwangou. Le locataire du palais présidentiel est accusé d’avoir une fois de plus violé la Constitution, son serment et constitue un parjure en mettant en mal l’intégrité et la souveraineté territoriale de toute une nation au détriment de son peuple.

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C’est la proposition de résolution du Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) qu’Info241 a consulté sur place au siège du Parlement européen de Bruxelles et livré en exclusivité sur notre fil d’information, suite à la crise post-électorale du Gabon, précisant ce qui suit : « en considérant que le soutien de la France au régime d’Ali Bongo (notamment via sa coopération militaire) et les liens qu’ont quasiment l’ensemble de la classe politique gabonaise laissent à craindre fortement la perpétuation de cette politique de la « Françafrique » au détriment du peuple gabonais ».

Pour les eurodéputés de la Gauche unitaire « le 7 septembre 2016, le gouvernement français a décidé d’envoyer le deuxième régiment de parachutistes à Libreville, officiellement pour protéger les ressortissants français ; considérant qu’un nouvel accord a été signé en 2010 stipulant que «  les forces françaises stationnées ont la faculté de circuler sur le territoire de la République gabonaise, y compris dans sa mer territoriale et son espace aérien. La liberté de déplacement dans les eaux territoriales gabonaises comprend notamment l’arrêt et le mouillage en toutes circonstances  ».

La proposition de résolution nous éclaire davantage sur l’appui militaire de la France au régime d’AliBongo Ondimba qui explicite la dépravation de l’intégrité et de la souveraineté territoriale du Gabon. Car l’accord stipule : « qu’aucune taxe ni loyer n’est par ailleurs demandé aux Forces françaises au Gabon, à l’inverse de ce qu’il est de coutume dans la plupart des pays ; considérant que l’accord consacre aussi une totale impunité des militaires français en poste au Gabon, même si ces derniers entraînent la mort pendant leur activité. Et que l’ombre de la France a toujours plané sur son ancienne colonie ; considérant que les accords de coopération économique signés en juillet 1960, un mois avant l’indépendance. »

Les eurodéputés rappelle que cet accord prévoit en effet que « la République française continuera à apporter à la République gabonaise l’aide matérielle (…) qui lui est nécessaire pour réaliser les objectifs du progrès économique et social qu’elle s’est fixés » ; considérant que près de 14 000 ressortissants français vivent aujourd’hui au Gabon, où la France, son premier partenaire économique, compte près de 120 entreprises (environ 200 PMEPMI). ». Tout en soulignant « que le soutien de la France au régime d’Ali Bongo (notamment via sa coopération militaire) et les liens qu’ont quasiment l’ensemble de la classe politique gabonaise laissent à craindre fortement la perpétuation de cette politique de la « Françafrique » au détriment du peuple gabonais ; déplore le fait de traiter dans une même résolution deux situations différentes que sont celles de la Républiques démocratique du Congo et du Gabon ».

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En effet, s’est indigné l’opposant gabonais Jean Ndouanys cet accord stipule que « les forces françaises stationnées ont la faculté de circuler sur le territoire de la République gabonaise, y compris dans sa mer territoriale et son espace aérien. La liberté de déplacement dans les eaux territoriales gabonaises comprend notamment l’arrêt et le mouillage en toutes circonstances ». Tout en précisant « qu’aucune taxe ni loyer n’est par ailleurs demandés aux Forces françaises au Gabon, à l’inverse de ce qu’il est de coutume dans la plupart des pays. Par ailleurs, l’accord consacre aussi une totale impunité des militaires Français en poste au Gabon, même si ces derniers entraînent la mort pendant leur activité. Autrement dit , ils peuvent tuer des gabonais et perpétrer des crimes de masse en toute impunité, après tout pour ces français les gabonais ne sont pas des êtres humains mais des primates à peine évolués ».

Or, a expliqué M. Ndouanis « Si l’on s’en tient à l’article 12 de la Loi fondamentale, " lors de son entrée en fonction, le président de la République prête solennellement serment, devant le Parlement et la Cour constitutionnelle. La main gauche posée sur la Constitution, la main droite levée devant le drapeau national : Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du peuple gabonais, en vue d’assurer son bien-être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la Constitution et l’État de droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge et d’être juste envers tous  ».

Avant de marteler ce qui suit : « Quand une armée étrangère s’installe au Gabon et circule librement en toutes circonstances, bénéficiant d’une totale indépendance d’actions, consacrant une impunité totale même si leurs actions entrainent des morts d’hommes et des dommages, cela s’appelle la perte de la souveraineté et donc d’indépendance. Quand BOA signe un tel accord il trahi le peuple gabonais qui se retrouve à la merci d’une armée d’occupation. Cette armée s’est rendu complice d’assassinats odieux des escadrons de la mort qui se sont perpétrés après les élections d’août 2016 au Gabon ».

Selon Jean Ndouanis, «  l’armée française n’est pas dans le pays pour protéger des gabonais, comme elle l’a déjà fait au Rwanda en protégeant les génocidaires et en couvrant leur fuite elle protège ses complices au pouvoir. Elle a renforcé son dispositif à la veille des élections présidentielles pour protéger les criminels du régime mis au pouvoir par ce pays, garantir la confiscation du pouvoir et empêcher le président élu Jean Ping de prendre le pouvoir  ».

Avant de conclure en ces termes : « Donner une telle liberté à une armée étrangère qui s’est illustrée par des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en Algérie, au Cameroun, au Sénégal, au Rwanda, au Vietnam et au Gabon en 1990 relève de la haute trahison. Il est temps de prendre des résolutions fermes pour arrêter ce traite tyran et de le juger. Nous devons avoir conscience qu’Ali Bongo Ondimba est une marionnette manipulée par le véritable ennemi du Gabon : La FranceAfrique, la nébuleuse terroriste et mafieuse des gouvernements français et de ses entreprises du CAC40  ».


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