Mariage homosexuel à Makokou : le couple de lesbiennes interpellé par la police gabonaise

Le mariage à la coutume d’un couple de lesbiennes le week-end dernier à Makoukou (Ogooué-Ivindo) a fini hier à l’antenne locale de la police judiciaire. A la demande du parquet de la République provincial, les deux tourtereaux qui avaient défrayé la chronique par leur union homosexuelle coutumier vendredi, ont été sommés de s’expliquer sur leur geste. Un désir de fonder une famille serait à l’origine de ce fait insolite dans un pays qui a pourtant dépénalisé en juillet, la répression judiciaire sur les personnes homosexuelles.

La récente dépénalisation de l’homosexualité au Gabon n’a pas empêché les autorités de se mêler de l’union entre deux femmes vendredi dernier à Makokou. Face au tollé suscité sur la toile par les fiançailles du couple, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer l’illégalité de l’initiative. En effet, le Gabon bien qu’ayant dépénalisé l’homosexualité ne reconnait pas pour autant encore l’union maritale de deux personnes de même sexe. Une nuance qui aura valu l’interpellation des deux femmes.
L’échange de baisers entre le couple au cours de cette cérémonie
Elles ont été interpelées hier après-midi peu après 16h, par la police judiciaire de Makokou pour les sommer de s’expliquer sur leur "union" illégale. Cathy mais surtout Pat s’étaient justifiées sur une radio locale, avant leur interpellation, sur les raisons de leur mariage devant le buzz et l’indignation qu’il a suscités. Pat étant d’un âge avancé et se sachant infertile, elle aurait entrepris cette aventure pour être le "père" officiel des deux enfants de Cathy qui serait elle, enceinte de 8 mois.
Pat portant l’alliance de cette union à Cathy
« Il est très difficile voire impossible au Gabon d’adopter un enfant. Moi, j’ai eu la chance qu’une copine accepte que je reconnaisse son futur bébé et j’ai sauté sur l’occasion. Je suis désolée de constater que les choses ont pris cette tournure-là », a déclaré Pat sur la radio Ivindo Fm. Concernant le mariage coutumier et les présents offerts à la famille de Cathy, Pat préfère ne pas parler de mariage proprement dit.
"Ce que je suis allée donner aux parents de Cathy était simplement pour leur assurer de mon engagement, leur dire que je m’occupe de leur fille, de ses enfants dont un des deux a perdu son père il y’a quelques temps", s’est-elle défendue. Pas sûr que cela suffisse à stopper la machine judiciaire qui semble s’être emballée de cette affaire de "bonnes mœurs".
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