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Décret présidentiel

Ali Bongo reconduit sa belle-mère à la tête de la Cour constitutionnelle du Gabon


Société
  • Marie Madeleine Mborantsuo au chevet d’Ali Bongo alors en convalescence au Maroc © 2019 D.R./Info241
Publié le 6 septembre 2019 à 12h28min

Comme quoi on ne change pas une équipe qui gagne ou plutôt une équipe qui fait gagner. Ali Bongo a, selon le journal officiel de la République gabonaise daté de ce 5 septembre, reconduit sa belle-mère Marie Madeleine Mborantsuo, à la tête de l’institution en charge notamment des contentieux électoraux et d’interpréter la Constitution. Âgée de 64 ans, l’ancienne maîtresse d’Omar Bongo est aux commandes de cette haute juridiction constitutionnelle depuis sa création en 1991.

Marie Madeleine Mborantsuo que l’on croyait sur le départ après 28 années de bons et loyaux services, restera à la tête de la Cour constitutionnelle pour les 9 années à venir. La belle-mère d’Ali Bongo a été reconduite à la faveur d’un décret présidentiel daté du 7 août dernier, portant nomination des membres de la Cour constitutionnelle.

Cet énième mandat à la tête de la Cour portera à 37 ans, l’ancienneté de cette dame à la tête de l’institution chargée d’invalider ou de valider les résultats officiels des présidentielles, remportées depuis le retour au multipartisme par la famille Bongo de père en fils. Une autre façon de s’assurer la continuité d’un régime dont les victoires aux présidentielles n’ont eu de cesse d’être vivement contestées par l’opposition.

Selon le décret rendu public hier dans le journal officiel, trois nouveaux juges font leur rentrée dans le cercle très fermé des 9 juges constitutionnels. Il s’agit de Sosthène Momboua, Edouard Ogandaga et Lucie Akalane. Cette arrivée se fait ainsi au détriment de François de Paul Adiwa-Antony, de Claudine Menvoula Me Nze et de Christian Baptiste Quentin évincés de l’institution. Un renouvellement à 1/3 des membres de cette Cour qui n’a jamais eu bonne presse.

Car en plus d’être désignés par l’exécutif au pouvoir, les 9 juges sont accusés de toujours rendre des décisions favorables au régime aux mains de la famille Bongo. La longévité de Mborantsuo avait été toujours perçue comme un cadeau fait à cette haute magistrate pour les services rendus en faveur des victoires « constitutionnelles » d’Omar Bongo puis celles récentes de son fils Ali Bongo en 2009 et 2016.

La composition des membres de la Cour constitutionnelle gabonaise depuis le 7 août est la suivante :

  • Marie-Madeleine Mborantsuo (ancienne, nommée par le président de la République)
  • Hervé Moutsinga (ancien, nommé par le président de la République)
  • Afriquita Dolorès Agondjo ep. Banyena (ancienne, nommée par le président de la République)
  • Louise Angue (ancienne, nommée par le président de l’Assemblée nationale)
  • Sosthène Momboua (nouveau, nommé par le président de l’Assemblée nationale)
  • Christian Bignoumba Fernandes (ancien, nommé par la présidente du Sénat)
  • Jacques Lebama (ancien, nommé par le président du Conseil supérieur de la Magistrature)
  • Edouard Ogandaga (nouveau, nommé par le président du Conseil supérieur de la Magistrature)
  • Lucie Akalane (nouvelle, nommée par le président du Conseil supérieur de la Magistrature)

Rappelons qu’Ali Bongo est lui aussi, le président du Conseil supérieur de la Magistrature. Ce qui porte à 6, le nombre de juges désignés par Ali Bongo au sein de cette Cour constitutionnelle. Des juges choisis en grand nombre par Ali Bongo, ce qui n’améliorera aucunement l’image de cette Cour qualifiée à tord ou à raison de « Tour de Pise » par ses nombreux détracteurs.


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