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Présidentielles 2016

Une grand-messe citoyenne pour la candidature de Jean Ping à la présidentielle gabonaise


Politique
  • Jean Ping lors de son propos préliminaire à la convention, samedi à Libreville © 2016 D.R./Info241
Publié le 14 février 2016 à 05h36min

La « Convention citoyenne pour l’alternance et le changement Jean Ping 2016 » a adoubé samedi à Libreville, l’opposant et diplomate, ancien président de la commission de l’Union Africaine et candidat à la présidentielle gabonaise. A travers cette grande messe citoyenne qui a fini tard en soirée, le principal challenger d’Ali Bongo entend fédérer la dynamique de la société civile autour de son projet politique pour le Gabon.

Ce samedi 13 février restera une date importante pour le peuple de l’opposition. Elle aura été surtout une démonstration de force des capacités de mobilisation du désormais candidat Jean Ping. Tandis que l’Union Nationale, une des forces de l’opposition a organisé leur 6 ans d’anniversaire, sans aucune effervescence populaire. En affirmant tout de même, sans ambages leur ambition qui ne fait aucun doute pour la présidentielle 2016.

Au collège Charles N’tchoréré qui a refusé du monde, s’est tenue la « convention citoyenne pour l’alternance et le changement ». Derrière la succession d’artistes gabonais et quelques groupes folkloriques, se tenaient les discours de personnalités venues des quatre coins du pays mais aussi de pays amis. Un bras de fer réussi par Jean Ping et ses colistiers qui ont assurément démontré la force politique de Jean Ping face à ses détracteurs anciens amis du Front.

L’arrivée de Jean Ping et de son staff

En prélude de la mise en opération de sa campagne présidentielle de 2016, le futur challenger d’Ali Bongo, bien entendu si ce dernier parvient à faire la lumière sur son acte de naissance polémique, a tenu à réaliser cette consultation citoyenne pour recueillir chaque son de cloche citoyen qui lui permettrait d’impliquer tous les pans de la société en vue d’accéder à la magistrature suprême.

Au cours de cet événement, tous les chefs de file de l’opposition et toutes les factions de soutien à la candidature unique rêvée de l’opposition sous le leadership de Jean Ping, ont marqué leur plébiscite. Ainsi, les leaders de la société civile gabonaise et une représentante de la diaspora gabonaise du Benulux ont chacun à son tour, pris la parole pour décliner l’état des lieux de la déchéance et de la dégradation du pays. Visant tous à réaliser une alternance politique après l’hégémonie des Bongos (Omar et Ali) et du Parti démocratique gabonais (PDG) qui a débuté de 1967 jusqu’à nos jours.

Certains chefs des partis de l’opposition acquis à la cause de Jean Ping à la présidentielle de 2016

Pour René Ndemezo’o Obiang, président du comité d’organisation et soutien du candidat Ping, « cette rencontre citoyenne est pour Jean Ping la démonstration de sa priorité d’intégrer les aspirations du peuple dans son programme politique ». Et surtout, ajoute-t-il « de formaliser sa vision et son choix de rassemblement et de mobilisation au-delà des partis et de toutes les sensibilités peu importe les obédiences. »

Au rebours de toutes les convenances et faisant fie des propos trop souvent dithyrambiques d’autres intervenants, Georges Mpaga, président du réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG), porte-parole du mouvement citoyen de la société civile « Ca Suffit comme ça », a appelé tous les acteurs démocratiques et tous les hommes politiques en premier desquels Jean Ping à impliquer pleinement au premier plan, les mouvements de la société civile libre dans ce combat pour l’alternance et le changement. Et à mesurer l’impact de leurs actions menées depuis des années.

Une vue du public présent

M. Mpaga n’a pas manqué cette opportunité pour dénoncer avec force et énergie l’explosion des crimes rituels au Gabon. Et, l’aggravation de l’appauvrissement grandissant depuis l’accession au pouvoir d’Omar Bongo puis de son fils Ali Bongo. Il a formulé son vœu ardent de voir Jean Ping prendre à bras le corps le combat contre ces tueries en cascade au Gabon. Cette abomination sanguinaire marque le recul de l’humanité et des droits humains au Gabon. Mais aussi, de trouver en toute urgence, une solution efficace à la culture du crime et de la misère qui s’est généralisée au Gabon.

Tout en affirmant que cette pratique des crimes rituels fomentés par les hommes politiques au pouvoir depuis des décennies à but de consolider leur puissance fait planer une malédiction active au Gabon. Pour l’activiste gabonais, le pays est vraisemblablement frappé d’une malédiction véhiculée à travers ces crimes odieux. Et, malgré toutes les richesses que regorgent le pays, tant que ces criminels et ces exactions seront en présence au Gabon, aucun développement ne peut être rêvé ou envisagé.

Georges Mpaga lors de son intervention

Dans sa diatribe, l’engagé pour les droits de l’homme a également décrié l’instrumentalisation de la misère par les hommes politiques gabonais de tous bords. Pour M. Mpaga, la misère est organisée et entretenue expressément au Gabon. Elle est selon lui, planifiée et produite pour mieux garder dans un univers carcéral d’affamé, le peuple gabonais. D’où il a invité Jean Ping a prôné la justice sociale, un accès équitable à un logement décent pour tous les gabonais. Et d’autres mesures d’urgence sociale afin que cette signature de la Convention citoyenne pour l’alternance et le changement puisse avoir un sens.

Cette convention citoyenne libre et démocratique est selon un conseiller communication de Jean Ping, l’illustration de sa méthode de consultation qui vise à impliquer toutes les forces en présence de la société dans l’élaboration de son programme politique. Et ceci révèle sa stratégie de consolidation du pouvoir présidentiel qui passe par l’adhésion de toutes les mouvances citoyennes.

Tout en soulignant, dès lors plus que jamais, Jean Ping veut après l’adhésion politique s’attaquer à travers cette convention citoyenne en étant à l’écoute de la société civile qui travaille de mèche avec plusieurs couches populaires et selon leurs cibles. De ce fait, ajoute-t-il, toutes les forces vives de la nation doivent être impliquées dans un combat qu’il veut du peuple, par le peuple et pour le peuple. La contribution citoyenne et le rassemblement de tous les acteurs démocratiques sont donc essentiels pour que ce processus d’alternance politique au sommet de l’Etat soit effectif dans les faits.

En tout cas, le pragmatisme politique de Jean Ping semble prendre son ascension. Après sa désignation querellée par 16 partis politiques du Front uni de l’opposition et des soutiens des cadors de l’opposition, le diplomate chevronné gabonais marque une fois de plus son emprunte sur l’échiquier national. Mais aussi, sur le terrain de la bataille présidentielle sans doute contre Ali Bongo et le système cinquantenaire du PDG qui souhaitent s’éterniser au pouvoir sans aucune alternance politique. Chose espérer que ces divisions déjà visibles dans le camp de l’opposition soient minorées et surtout virées vers le désir de changement du peuple gabonais. To be continued...


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