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Economie informelle

UEMOA : quelques difficultés des micro-entreprises informelles


Analyse
  • UEMOA : quelques difficultés des micro-entreprises informelles © 2018 D.R./Info241
Publié le 14 mai 2018 à 05h54min

L’économie informelle se compose principalement de petites unités de production et de services avec des revenus de subsistance. Elle est hétérogène et intègre aussi de micro-entreprises informelles employant des travailleurs en situation de précarité, ayant parfois recours aux aides familiales. Toutefois, on note au sein de l’économie informelle des entreprises dynamiques et performantes brassant des revenus significatifs.

Malgré les potentialités notables, réelles ou surestimées de cette économie, les entreprises la constituant rencontrent d’énormes difficultés. En effet, les entrepreneurs de l’informel font face, depuis la phase de création jusqu’à la gestion quotidienne de leurs entreprises, à d’énormes problèmes importants. De la lenteur et l’inefficacité du cadre institutionnel et réglementaire jusqu’au prisme fiscal.

La problématique du cadre institutionnel et réglementaire

Le cadre institutionnel et réglementaire dans les pays de l’UEMOA représente diverses caractéristiques et à en croire certains chercheurs un véritable blocage à la création des entreprises et au développement du business. En effet, il est équivoque que l’environnement des affaires et le contexte juridique disposent un impact notable sur la gestion et le développement des affaires. Par ailleurs, ces cadres institutionnel et réglementaire influent défavorablement sur les petites unités de production en raison de leur inadaptation en général et par le fait qu’ils ont été édictés non pour ces dernières, mais pour des grandes entreprises publiques et privées. Or, les micro-entreprises, les petites et moyennes entreprises représentent environ 90% des contribuables et contribuent entre 25 % et 35% des revenus dans les pays de l’UEMOA.

Le cadre institutionnel et réglementaire prévoit donc aux initiateurs et aux gestionnaires d’entreprises un certains nombres de formalités administratives dans le cadre du respect de la légalité. Ces procédures de légalisation sont aussi appelées enregistrement, inscription ou formalisation. Toutefois, la légalité signifie un caractère à la fois coûteux mais aussi par l’aptitude des différents agents socioéconomiques à accéder ou non à l’information, à l’appréhender et à exécuter les procédures jusqu’à sa phase finale.

En conséquence, il convient de mentionner que l’amélioration de l’environnement des affaires doit permettre à alléger les contraintes administratives, tout en ne sauvegardant que les formalités nécessaires, au strict minimum. Finalement, lorsque les entrepreneurs ne sont pas rebutés par les procédures administratives, ils le sont à travers les charges de l’enregistrement et les coûts supplémentaires.

Quelle relation fiscale entre l’Etat et les entrepreneurs ?

La politique fiscale est donc un facteur important dans le plan des pouvoirs publics permettant de mettre en œuvre un dispositif incitatif, pour la création des entreprises mais aussi pour leur management et leur développement. Elle implique un impact sur les décisions de légalisation prises au niveau des entreprises. Les acteurs font une réflexion sur la rentabilité et prennent des décisions en dernier recours si le coût de la légalité est supportable par rapport aux prévisions. Le coût des services légaux autrement dit le coût du respect de la légalité ne doit pas être prohibitif tant du point de vue des entrepreneurs que de l’Etat.

De surcroît, l’excès de réglementation et de la pression fiscale totale poussent les entrepreneurs à se réfugier et perdurer dans l’informel. En effet, quand la pression fiscale est importante, se conformer à la fiscalité devient un poids pour les micro-entreprises informelles. En effet, les relations entre l’entrepreneur et l’Etat peuvent être traduites comme un accord liant les deux. L’entrepreneur en donnant son accord à respecter les règles et les contours du deal, espère ou impose que l’Etat honore en retour ses engagements contractuels à savoir la mise en œuvre d’une institution efficace et profitable au développement des entreprises.

Au final, le coût du travail est une autre manière de nuire à la croissance des entreprises. Dans ce contexte, il vient amplifier les prélèvements effectués par l’Etat. Néanmoins, l’enregistrement des entreprises dans le dispositif des services sociales de l’Etat en l’occurrence la sécurité sociale, bien que créant des droits protégeant les travailleurs et leur conférant une pension de retraite à la fin de leur vie active, vient grossir la pression fiscale.

CONCLUSION

L’inefficacité du cadre institutionnel et réglementaire est une contrainte à la création des entreprises et au développement des affaires. Par ailleurs, ces cadres institutionnel et réglementaire agissent négativement sur les petites unités de production à cause de leur inadaptation et au fait qu’ils ont été édictés non pour elles, mais pour de grandes entreprises publiques et privées. Le cadre institutionnel et réglementaire impose donc aux créateurs et aux gestionnaires d’entreprises un certain nombre de formalités administratives pour le respect de la légalité.

Enfin, la fiscalité est un frein pour le développement de l’activité de certains entrepreneurs notamment ceux générant des revenus de subsistance. Bien entendu, ces derniers doivent être exemptés des mesures fiscales. A contrario, ceux brassant des millions en l’occurrence les gros de l’informel, doivent être assujettis au prisme fiscal.

Amadou SY, consultant en Economie & Finance


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