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Détournements présumés

Opération Mamba : Pascaline Bongo jouirait-elle d’un traitement de faveur familial ?


Analyse
  • Pascaline Mferri Bongo, sœur-aînée d’Ali Bongo © 2017 D.R./Info241
Publié le 9 mars 2017 à 08h28min

L’opération "Mamba" a été lancée en janvier dernier par le Premier ministre pour faire le ménage dans une République gabonaise qui n’a que trop souffert de détournements de deniers publics et d’enrichissement illicite. Pourtant Pascaline Mferri Bongo, citée dans plusieurs scandales financiers n’est toujours pas sur les tableaux de la Direction générale des recherches (DGR, aussi connue sous l’appellation B2). Jouirait-elle d’une immunité ? Aurait-elle un traitement de faveur du fait d’être la sœur-aînée d’Ali Bongo ?

Les scandales sur la gestion des affaires publiques de Pascaline Bongo ne désemplissent pas. Pourtant, la justice gabonaise continue de rester muette sur cette gestion qui aurait contribué à enrichir la membre de la famille Bongo grâce aux deniers publics. Depuis le déclenchement de l’opération "Mamba", aucun membre de cette famille Bongo, aussi appelée "famille présidentielle", ne semble inquiété par les enquêteurs.

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Justice à deux vitesses : une immunité "familiale"

Pourtant il est démontré que Pascaline Bongo, alors puissante directrice de cabinet présidentiel de son père, a fait passé sur le compte de l’Etat gabonais plusieurs factures relevant soit du privé ou de ses activités personnelles. Du scandale des glaces Haagen Dazs, des avions grands luxes facturés à l’Etat, à l’affaire Sinohydro, le nom de la sœur-aîné d’Ali Bongo est plus que cité comme personnage central. Mais rien ! Aucune audition au compteur pour la sœur d’Ali Bongo qui se serait réfugiée aux Etats-unis !

L’intérieur de la villa luxueuse mise en vente par Pascaline Bongo à Beverly Hills

Pour ne rien arranger, on a appris le 7 mars de médias américains que la grande sœur d’Ali Bongo vendait sa maison californienne pour 11 milliards. Une acquisition qu’elle aurait réalisée en juin 1997 quand elle était aux affaires auprès de son père, décédé lui au pouvoir après 42 ans de gestion opaque des finances publiques. On a ainsi eu un aperçu du train de vie dispendieux de Pascale Mferri Bongo qui laissent pourtant planer de nombreuses questions.

La justice gabonaise est-t-elle aphone ou complaisante ?

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Tout ces éléments probant ne semblent pas être du goût des enquêteurs gabonais du B2 qui lui font bénéficier d’une immunité "présidentielle" à sa gestion pourtant controversée des derniers publics. Tout comme ils semblent aveugles sur les agissements de la famille Bongo et leur enrichissement insolent qui font les gros titres de la presse étrangère car ne réalisant des investissements colossaux qu’en Europe ou en Amérique, loin des possibles regards des gabonais.

Seuls les "petits gabonais" sont sous le coup de la justice gabonaise alors que de plus gros poissons continuent de naviguer dans les eaux troubles de l’enrichissement illicite et des détournements de deniers publics gabonais sans être inquiétés. Une justice qui laisse songeur sur son impartialité et les exils qu’elle déclenche sur ceux qui ont finalement compris comment l’échapper sans crainte.

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Quant on voit la dextérité avec laquelle le procureur de la République près du Tribunal de première instance de Libreville, M. Steeve Ndong Essame Ndong a diligenté une enquête nationale après les révélations du même Mediapart sur les commissions mirobolantes gravitant autour du scandale Sinohydro, l’on s’étonne que rien ne soit fait pour enfin mettre la lumière sur les exactions financières de la famille Bongo à travers le scandale de Delta Synergie. Et surtout que l’opération ’’Mamba’’ a pour mission d’épingler de telles affaires de détournements publics.

Quand bien même le rapport de mission sur l’audit des participations de Delta Synergie fait par le cabinet d’avocats parisiens Fénéon & Delabrière circule et est accessible depuis avril 2015. Bientôt plus d’un an, silence total de la DGR et du Parquet. Pourquoi un tel mutisme de la part de la justice gabonaise ? Les gabonais se saisissant du droit d’inventaire du fameux programme d’égalité des chances s’interrogent. Rappelons que plusieurs hauts cadres, ministres de la République sont complices et bénéficient de cette pratique illégale qui siphonne les caisses de l’Etat et tous les pans de l’économie gabonaise. Drôle de Justice gabonaise trop complaisante envers la famille Bongo Ondimba et ses affidés !


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