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Révélations

Françafrique : les dessous de l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo au Gabon


Analyse
  • Ali Bongo plus qu’éclaboussé par les récentes confidences de Robert Bourgi (à droite). Photomontage : Info241 © 2016 D.R./Info241
Publié le 3 avril 2016 à 11h07min

Dans un entretien accordé hier à France24, celui que l’on présente comme l’un des piliers de la françafrique Robert Bourgi, a révélé les dessous de table de l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo à l’élection présidentielle gabonaise de 2009.

Le « fils » d’Omar Bongo aurait donc ainsi été un choix françafricain et non celui du peuple gabonais. Un énième camouflet adressé au « président » gabonais dont les soutiens s’effondrent désormais tel un château de cartes.

Ali Bongo, un choix de la françafrique

Selon Robert Bourgi, Omar Bongo avait signifié à ses pairs de la françafrique ses successeurs désignés : le tandem Ali-Pascaline Bongo. Cet adoubement était conditionné par ailleurs, précise cet intime d’Omar Bongo, par l’adhésion du Peuple gabonais à ce choix de l’homme qui trôna 42 ans durant et cela, sans partage sur ce pays pétrolier.

Lire aussi >>> Les confessions de Robert Bourgi sur l’élection d’Ali Bongo en 2009 au Gabon

Les faits remonteraient à 2008, lors de la présidence française de Nicolas Sarkozy. Omar Bongo avait fait des pieds et des mains pour qu’Ali Bongo soit reçu par le chef de l’Etat français de l’époque pour sceller cet adoubement. Devant le refus de Nicolas Sarkozy, Ali Bongo a ainsi dû faire plusieurs voyages « secrets » avant d’être reçu par l’Elysée.

Une fois le décès d’Omar Bongo survenu le 8 juin 2009, la machine françafricaine conduite par deux ténors politiques gabonais Jean Pierre Lemboumba et Guy Nzouba Ndama, s’est mis en branle pour accélérer l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo, précise toujours Robert Bourgi.

Les résultats de ces machinations sont bien connus : Ali Bongo « triomphera » de l’ensemble de ses challengers dont l’opposant historique et charismatique Pierre Mamboundou qui logiquement, avait plus de popularité que le fils prodige de la françafrique. Mais aussi de l’impitoyable André Mba Obame, arrivée officiellement 3e, qui avait pourtant fait une fulgurante campagne et réussi à rallier plusieurs grandes personnalités politique à sa candidature.

Le non-respect du testament françafricain d’Omar Bongo

Robert Bourgi s’est par ailleurs prononcé comme le premier ministre français Manuel Valls avant lui, sur la régularité du scrutin présidentiel de 2009. Selon ce témoin, la France n’est pas intervenue dans l’issue des résultats car, comme le voulait Omar Bongo, ce choix se devait d’être « ratifié » ou non par le peuple gabonais.

Sans ouvertement déclarer que les résultats de la présidentielle avaient été orientés pour favoriser la victoire d’Ali Bongo, Robert Bourgi a indiqué que les résultats annoncés par la Cour constitutionnelle n’étaient pas les bons. Mieux, Ali Bongo n’aurait pas été un choix éclairé d’Omar Bongo pour le pays.

L’autre oubliée de cette volonté testamentaire françafricaine est Pascaline Bongo dont la position de tandem est pour le moins inexistant. Ce qui pourrait justifier les revers de médaille qu’il subit désormais dans les bastions présidentiels et les récents éclatements du parti au pouvoir en deux tendances, une dite « émergente » qui conserve toujours le pouvoir, et une autre dissidente dite « héritage et modernité » qui réclamait plus de démocratie interne.

Ali Bongo aurait ainsi fait fi de ce testament, tout comme il n’aurait pas respecté ses engagements vis-à-vis de ses pairs françafricains. D’où la levée de bouclier portée contre lui par ceux qui se sont avérés être ses complices dans sa prise de pouvoir au grand dam du peuple gabonais pourtant souverain.

Une présidentielle de 2016 à rebondissements

Une chose est plus que désormais certaine, la françafrique regrette d’avoir porté au pouvoir au Gabon Ali Bongo. Sa gestion du pays est jugée « mal inspirée » et comme allant dans le mauvais sens. Ce qui leur fait désormais un point commun avec le peuple gabonais dans sa grande majorité.

Les pères de la françafrique reprochent ainsi à Ali Bongo son manque d’ouverture et de sens de la conciliation. Ali Bongo aurait refusé à plusieurs reprises d’ouvrir le dialogue avec ses opposants pour apaiser le climat politique et soigner les apparences d’une minorité au pouvoir qui mène à la baguette le destin de tout un peuple.

Toute chose qui irrite non seulement « les grandes puissances » mais aussi le microcosme politique gabonais. D’autant que ces révélations tombent plutôt mal pour Ali Bongo à quelques mois de la présidentielle de 2016. Tous ses soutiens conventionnels semblent lui avoir tourné le dos. Les prochains épisodes de ce feuilleton françafricain seront à suivre avec intérêt !


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