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Bilan mandat

Ali Bongo rattrapé par l’illusion d’une énième marina à l’issue sans fin


L’œil du citoyen
  • Ali Bongo rattrapé par l’illusion d’une énième marina à l’issue sans fin © 2016 D.R./Info241
Publié le 18 mai 2016 à 16h56min

Ali Bongo avait promis en septembre 2013, lors de la messe médiatique, pompe à sous de Richard Attias, le New York Forum Africa, investir 60 milliards FCFA pour transformer radicalement le vieux port de Libreville, "Port Môle", en une zone futuriste. Avec l’ambition de faire connaître la capitale gabonaise au même rang que la "statue de la Liberté", ressassait à l’envie la direction de l’Agence nationale des Grands travaux (ANGT). Quid de cette chimère onéreuse pour le contribuable gabonais.

Pour rappel, le projet dénommé "Champ Triomphal", lors de son démarrage s’exclamait le gouvernement d’Ali Bongo, était la marque de la concrétisation d’un accord signé en juin dernier, dans la capitale gabonaise, entre la China Harbour Engineering Campagny LTD et l’Etat. En marge de l’acte II du New York Forum Africa (NYFA.), événement médiatique financé par l’état gabonais pour la gloire des maquettes, des annonces éphémères, des contrats fictifs. L’œil du citoyen ne pouvait pas rester myope au sujet de cette mascarade politique et financière avec en chef de file Ali Bongo, le tristement célèbre président faussaire gabonais et son Agence nationale des Grands travaux (ANGT).

A la belle époque d’effets d’annonces et de ces énièmes promesses lunaires à coups médiatiques, L’œil du citoyen lisait une satisfaction totale dans la presse gabonaise à la solde du pouvoir du Bord de mer et sur les antennes de Gabon Télévision, notre très regrettée chaîne publique, muée en caisse de résonance des mensonges d’Ali Bongo. Avec en sus, un matraquage médiatique en trompe l’œil, en l’occurrence, par le biais de ce message clé : "A ceux qui croyaient que le New York Forum Africa (NYFA) est une messe pour rien, le gouvernement gabonais et ses partenaires viennent une fois de plus d’administrer une leçon de réalisme, avec le lancement, mercredi à Libreville, du projet d’extension et de développement de la zone commerciale et culturelle de l’ancien Port-Môle." Qu’en est-t-il de nos jours de ces promesses et de ces projets annoncés en fanfare ?

La Marina : l’illusion du projet futuriste transformée en tas de sable du déshonneur

L’œil du citoyen éberlué et parfois épris de fierté patriotique avait assisté au lancement des travaux avec une campagne d’affichage communicationnelle par le prisme d’une maquette visuelle qui a fait rêver plus d’un. Ceci était perceptible, dès qu’on franchissait le centre ville de la capitale gabonaise. En effet, on pouvait observer le début des travaux de la construction sur le front de mer de Libreville d’une zone dite d’exclusion.

Au départ, les citoyens gabonais au regard de l’énormité de ce chantier ne savaient vraiment de quoi il était question. Vu que tellement c’état trop beau, sur les maquettes affichées ostentatoirement à Libreville, pour être vrai. Un tel édifice dans notre pays le Gabon exécuté par ce régime Bongo-PDG, à la réputation pilleuse, génie des détournements des deniers publics, de l’enrichissement illicite. Heureusement ou malheureusement, que dire, le rêve machiavéliquement orchestré n’a pas fait long feu.

Quand bien même, l’agence nationale des grands travaux (ANGT), logée et managée à la présidence de la République et qui a substitué malicieusement, pour l’appât du contrôle des fonds alloués en vue des grands travaux d’infrastructures, le réputé Ministère des travaux publics, avait en ce temps tenu à éclairer l’opinion nationale et internationale sur la nature des travaux en cours. Grand fût l’étonnement de L’œil du citoyen, il s’agissait bel et bien du démarrage "du projet d’extension et de développement de la zone commerciale et culturelle de l’ancien Port-Môle de Libreville, selon Shong Dong, directeur du projet, qui s’exprimait à l’occasion d’un point de presse."

Ainsi aux dires de l’ANGT, le projet devrai être exécuté en deux phases. La première, démarrée concernait : " le dragage et le remblaiement de l’espace maritime. Elle doit durer 450 jours et devrait coûter près de 60 milliards FCFA d’investissement. La partie chinoise a promis de respecter les délais. Certaines activités qui se déroulent actuellement sur le site vont être rapidement délocalisées. D’autres, au fur et à mesure que les travaux avancent. Les pêcheurs ont déjà trouvé un compromis avec le gouvernement, afin de cibler un nouveau site de pêche."

De plus, toujours selon les explications de l’ANGT, véritable pieuvre de l’hémorragie financière du mandat présidentiel d’Ali Bongo, "la 2e phase du projet devrait concerner la conception et la construction des structures maritimes et infrastructures terrestres d’ici 2015, ainsi que le développement et la construction d’une zone commerciale et culturelle. Sa réalisation doit coûter également environ 60 milliards FCFA. Le projet vise à terme à participer à la stimulation de l’économie locale, en créant des possibilités d’emplois, à améliorer la qualité de vie des populations et à offrir un lieu de célébration commune ouvert au public. Les financements avaient été déjà décaissés pour ces deux phases."

Maniant l’art des vendeurs d’illusions et de la tromperie flagrante par les biais des maquettes hautes définitions qui mettaient plein la vue aux citoyens gabonais, l’ANGT nous précisait ce qui suit : " Le site de ce projet est appelé à devenir d’ici quelques années, l’une des principales zones d’attraction en Afrique centrale et de l’ouest. Les bateaux de grand tonnage pourront y accoster. Le nouveau Port-Môle permettra accroître les échanges entre Libreville et les capitales africaines, ainsi que le reste du monde.

On y trouvera entre autres, des musées, des espaces de jeu et de divertissement, des salles de conférence, des hôtels, des espaces de commerce et des bureaux". Trois années plus tard, ce site n’est jamais sortie du tas de sable. Mais les affabulateurs qui ne sont jamais en panne de chimères nous ressortent encore une nouvelle carte : "la baie des rois", déjà moquée en fine caricature, "la baie des cafards".

Le projet phare de l’émergence tombée en ruine : les deniers publics dilapidés

La presse du palais du Bord de mer, sous les ordres du Raspoutine béninois-gabonais, Maixent Accrombessi, le très influent directeur de cabinet, vice-président de la République gabonaise, une campagne médiatique autour du projet de la Marina en lien avec le concept de l’émergence avait été mis en marche. En effet, on pouvait lire dans la presse proche du pouvoir, "qu’après le retentissant flop, courant 1999 de l’édification, sur le front de mer de Libreville, de La Marina, qui partait de l’ancienne place d’exposition, Gabon-Expo jusqu’à la lisière de La Sablière, ce projet piloté en son temps par le gouvernement gabonais avec le concours des investisseurs sud-africains avait été rangé dans les placards."

Ainsi Ali Bongo pétri d’orgueil et d’illuminations voulaient démontrer aux yeux du monde que "malgré toutes les grandes illusions administrées aux Gabonais, à qui, l’on avait promis transformer leur front de mer en l’une de ces cités californiennes dont la renommée a dépassé les frontières : Hollywood et Beverly-Hills. Bien avant que Dubaï, dans les Emirats Arabes Unis ne sortent des bords du Golfe persique, sa ville princière illuminée en forme de branches cocotiers qui s’enfoncent dans l’eau, le Gabon, avec cette Marina, devait être une référence."

Le gouvernement d’Ali Bongo précisait en ces termes élogieux : "Malheureusement, le projet avait été abandonné. Avant qu’il n’intéresse à nouveau le pouvoir émergent, avec l’arrivée d’Ali Bongo Ondimba, à la tête du pays. Autrement dit, au départ du projet, car ce fut une idée de l’ancien PCA de l’OPRAG, un certain Ali Bongo Ondimba, qui avait voulu donner une autre dimension certaine au front de mer de Libreville, pour en finir avec la dégradation du littoral qui commençait par prendre forme." L’œil du citoyen commençait à douter de la faisabilité d’un tel projet.

Pour plus de détails croustillants et très flatteurs, le projet phare d’Ali Bongo prévoyait « d’avancer dans la mer » de 600 m pour construire une île monument et d’agrandir la surface du port pour passer de 4 à 44 hectares. Un centre de conférences de 10. 000 places, deux grattes-ciel, un centre culturel-musée, des centres commerciaux avec restaurants et boutiques, ainsi qu’une plage, des terrains de sports et une marina doivent aussi être construits, avait précisé Henri Ohayon, directeur général de l’ANGT.

L’Etat gabonais avait l’ambition affirmée de prendre à sa charge une partie des travaux mais comptait sur des investisseurs privés pour les grattes-ciel, les centres commerciaux et restaurants. Le projet prévoyait aussi, outre des digues, de draguer le sable de l’estuaire de Libreville en le pompant pour le projeter et le bloquer dans la zone du port et ainsi créer une terre ferme solide à moindre coût. Les premiers travaux devraient commencer rapidement et durer « 24 mois » alors que la construction du centre de conférences et du centre culturel doit durer « 32 mois », selon l’ANGT. Déjà, une vice de forme, car on ne peut pas réalisé un tel projet de grande envergure sans planifier à la base et donc prévoir un financement conséquent en apport personnel.

Plusieurs interrogations citoyennes s’exprimaient sur ce gros tas de sable de la honte au bord de mer de Libreville, censé être la vitrine de la capitale gabonaise. A l’époque Ali Bongo et ses lieutenants se justifiaient en ces termes : " Ce tas de sable pompé depuis le large servira de socle car devant accueillir les biens immobiliers à réaliser. Entre autres, on parlait d’un grand complexe commercial, des magasins, un ponton pour l’accostage des bateaux, des restaurants, deux grandes tours de plusieurs dizaines d’étages, etc. Le tout, sous la supervision de l’Agence nationale des grands travaux (ANGT)." Pour mettre plein la vue aux librevillois, on avait déroulé des longues et géantes banderoles sur lesquelles se trouvait la maquette de cette Marina, version émergence." Qu’en est-t-il aujourd’hui ? Rien au finish que du saupoudrage. Voici un énième mensonge grossier d’Etat made in Ali Bongo.

Malgré cela, L’œil du citoyen constatait que les discours louangeurs n’en finissaient plus. En effet, on pouvait y lire, " par l’entremise de l’arrivée au pouvoir en 2009 du nouveau locataire de la président de la République gabonaise, à travers ce projet de grande envergure, le Gabon s’était résolument lancé dans une politique de grands travaux, avec des investissements 60 milliards FCFA (20 milliards de dollars jusqu’en 2016), sous l’impulsion du président Ali Bongo. Donc, l’avènement d’un nouveau patron éclairé des chimères de la présidence de la République n’avait fait que redonner espoir."

De quel espoir parle-t-on ? Celui de voir un tas de sable durant plus de trois ans esseulé en nouvelle vitrine de la capitale gabonaise. L’espoir de voir dilapider les deniers publics gabonais pour un projet qui ne verra jamais le jour. Ou l’espoir de voir s’enrichir les alliés d’Ali Bongo et lui-même avec l’argent du contribuable gabonais par le biais de cette fameuse ANGT. Rappelons in fine qu’Ali Bongo, maître de l’enfumage politique made in Gabon prévoyait réaliser sur ce front de mer de Libreville, plusieurs immeubles et hôtels de plus de 10 étages ; de salle de conférences de plus de 5000 places, de plusieurs immeubles R+3, une trentaine de villas, un club sportif avec piscine, un restaurant, un casino, une zone de réparation des bateaux, un phare..

Autrement dit : avec tout ce qui précède, Libreville futuriste était en vue. Mais, comme les belles choses de ce pays ne restent que confinées dans les esprits et les maquettes, l’affaire vient d’être officiellement enterrée. La supercherie feuilletonesque d’Ali Bongo et de ses gouvernements méritent une procédure judiciaire de la part de la Cour des comptes. Qu’a-t-on fait des colossales sommes d’argent du contribuable gabonais décaissées pour ces projets éternellement maquettés ?

A la surprise générale, L’œil du citoyen frappé par une autre déception du mandat présidentiel d’Ali Bongo qui après avoir promis la poursuite des travaux en septembre 2014 de cet important projet visant à transformer la façade maritime de Libreville en grand centre d’affaires, après près de deux ans d’abandon et de statut quo, cherchera à contenir sa souffrance par un nouveau projet rebaptisé désormais, "Baies des rois". De qui se moque le palais du Bord de mer ? Le peuple gabonais est souverain et il est plus que temps que sa souveraineté soit respectée. En infligeant un camouflet à ce régime rempli de mythomanes, maîtres des rêveries enfumées, sans fondement pour le développement du Gabon.


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