Portrait

Jacques Jacob Mengue m’Eyi, l’un des plus grands intellectuels de l’histoire du Gabon

Jacques Jacob Mengue m’Eyi, l’un des plus grands intellectuels de l’histoire du Gabon
Jacques Jacob Mengue m’Eyi, l’un des plus grands intellectuels de l’histoire du Gabon © 2022 D.R./Info241

Bien que les exemples ne soient pas légion, Jacques Jacob Mengue m’Eyi (1938-1995) fut l’un des rares intellectuels gabonais qui ne se conforma pas à servir le régime à des fins personnels. Bien au contraire, il mettra toute son énergie et la majorité de ses savoirs, au service de développement territorial de l’Etat et de la formation de plusieurs étudiants gabonais dans les Grandes écoles du pays notamment à l’Ecole gabonaise d’administration (EGA) devenue Ecole nationale d’administration (ENA) en 1962.

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Il transmettra aussi ses connaissances à l’Université de Libreville qui sera rebaptisée Université Omar Bongo en 1975 après la conversion à l’Islam du chef de l’Etat. Jusqu’à ses dernières années de vie, cette éminence grise que fut Jacques Jacob Mengue m’Eyi, originaire du septentrion gabonais ne « pactisa » jamais avec le président Bongo. Au contraire, il assista, médusé, au piètre spectacle du ralliement en grand nombre, de ses anciens frères de luttes estudiantines au sein de la très célèbre association gabonaise de défense d’intérêts du peuple souverain gabonais, le Mouvement gabonais d’actions populaires (MGAP).

L’illustre disparu

La témérité et l’adversité de ce grand esprit tiraient sûrement leurs origines du sang qui coulait dignement dans ses veines. En effet, Jacques Jacob Mengue m’Eyi était issu d’une puissante tribu de la communauté « Ekang », ethnonyme du groupe « Fang » qui s’était soulevée contre l’occupation européenne sur leurs terres à la fin des années 1800. Ladite tribu avait pour chef, un résistant indigène du nom de Eyi Nkoghé, ancêtre de Jacques Jacob Mengue m’Eyi. Son aïeul maternel était aussi un puissant et admiré chef traditionnel qui maîtrisait parfaitement l’art de la guerre.

C’est donc cette pugnacité physique que ce partisan de l’intégrité et de la rigueur avait réussi à convertir en force mentale et psychologique. En raison de sa non adhésion au Parti-Etat, le Parti démocratique gabonais (PDG), et de ses rapports asse ternes avec le président Bongo, il ne fut jamais promu à des postes de très hautes responsabilités au sein de l’environnement décisionnel gabonais. Homme d’une haute intelligence, Jacques Jacob Mengue m’Eyi était l’illustration même d’un réel homme d’Etat même s’il n’a jamais été considéré comme tel, du moins de son vivant.

 Naissance et enfance

Au village « Miyélé » en 1938, l’une de ses habitations célèbre un heureux évènement. Il s’agit de la naissance d’un garçon dont le père, Eyi Mezui, donnera le nom de Mengue m’Eyi. Nous sommes à quelques encablures de la division territoriale d’Oyem, située au Nord du Gabon français, colonie africaine de France rattachée au gouvernement général de l’Afrique équatorial française (AEF). La maman du petit s’appelle Andeme Ondo. Issu du clan « Nkodjein », elle cultive la terre avec son époux.

C’est elle qui choisira les prénoms de son fils après qu’elle ait organisé son baptême au sein de l’église catholique qu’elle fréquentait régulièrement. Elle décida d’adjoindre à son identité, les prénoms bibliques de « Jacques » et de « Jacob ». C’est ainsi qu’il prit le patronyme de Jacques Jacob Mengue m’Eyi. Le petit garçon Mengue m’Eyi est très tôt informé de ses origines et des fabuleuses épopées de ses ascendants comme il est de coutume dans la culture « Fang ».

Son géniteur qui est chef de village, veille personnellement, à lui transmettre des valeurs et des acquis traditionnels qui lui permettront d’adopter un comportement précis dans la société et même au sein de son ménage. Pour cela, il faut qu’il passe par la voie initiatique par le biais du rite ancestral du nom de « Melane ». L’enfance de Jacques Jacob Mengue m’Eyi fut aussi bercée par les sages et les doyens du village. Par ailleurs, sa maman surveillait avec beaucoup d’attention, les faits et gestes de la « consolation divine » que Dieu lui envoya et dont elle n’imaginait jamais s’en séparer. En effet, l’épouse Eyi avait déjà assisté au décès des 14 enfants qu’elle mit au monde avant Jacques Jacob. Elle ne voulait donc plus assister à un scénario similaire aux précédents. Ça aurait été celui de trop. Elle n’enfantera d’ailleurs jamais plus.

 Parcours scolaire de qualité

Au courant de l’année 1945, Jacques Jacob Mengue m’Eyi est envoyé sur le banc de l’école pour y recevoir l’enseignement européen qui lui permettra d’avoir l’instruction nécessaire pour prétendre à un emploi stable ou à une noble fonction administrative. L’unique fils d’Andeme Ondo effectuera son parcours primaire élémentaire non loin de sa terre natale de Miyélé précisément à la mission protestante de Mfoul localisée au sein même de la ville d’Oyem, chef-lieu de la région du Woleu-Ntem.

Après avoir passé son examen du Brevet d’études primaires (CEP) avec succès, Jacques Jacob Mengue m’Eyi ira continuer son cursus scolaire dans le centre même du Gabon précisément à la mission protestante d’Andendé, le présent collège évangélique « Miche Fanguinovény » située à Lambaréné. Son brevet d’études du premier cycle (CEP) en poche, dénommée en ces temps Brevet élémentaire (BE), Jacques Jacob s’envole pour le Cameroun afin de poursuivre son instruction protestante. Les établissements des missions protestantes de cette période ne sont en fait que des collèges. Pour entamer le cycle suivant, il fallait se rendre au Centre missionnaire protestant de Libamba, un village de l’actuel région centre du Cameroun et l’un des principaux bastions du protestantisme au sein dudit pays.

Le centre ne recevait que les élèves majors de leurs missions respectives car il s’était particulièrement donné comme mission principale, la formation du « gratin » des administrateurs sous-régionaux de confession protestante de demain et plus généralement, celle de ceux de l’Afrique française en générale. Admis en classe de 2nde, le jeune Mengue m’Eyi fréquente le Lycée américain de Libamba au Cameroun et parviendra à obtenir les résultats scolaires qui lui permettaient d’être de passage en 1ère en dépit des conditions ardues de vie, d’apprentissage et de logement. Las de ces difficultés, il regagnera le Gabon par la suite.

Les classes d’après, il les fera au Gabon au lycée national Félix Eboué de Libreville, actuel lycée national Léon Mba. Le baccalauréat, Jacques Jacob Mengue m’Eyi en fut nanti en 1961. Adeptes des sciences naturelles et physiques, il s’inscrivit en « Mathématiques élémentaires » qui est similaire à la serie C dans l’actuel enseignement générale du Gabon. Possédant ce précieux sésame, Jacques Jacob Mengue m’Eyi se voit octroyer une bourse d’études pour l’étranger. Il décide alors, comme beaucoup d’autres avant lui, d’aller étudier en Hexagone. Son choix se porte sur la capitale des Hauts-de-France, la ville métropolitaine de Lille.

Jacques Jacob Mengue m’Eyi ainsi l’Université de Lille et compte parmi les étudiants de sa Faculté des sciences. Après son inscription en première année pour l’acquisition d’un Certificat d’Eudes supérieures (CES) en Mathématiques-physiques-chimie, il abandonne malheureusement sa formation scientifique en cours d’année, la considérant très funeste en raison d’un fâcheux accident au cours d’une séance de travaux pratiques qui lui causa une brûlure à la main pendant qu’il utilisait des produits chimiques.

Mengue m’Eyi s’empressa de se convertir dans une autre discipline. Il trancha pour les sciences économiques et sociales en fréquentant toujours l’Université de Lille mais cette fois-ci en étant maintenant inscrit à la Faculté des Sciences humaines et sociales. En 1965, il termine sa 2ème année de licence à Lille et se rend à Paris pour prolonger ses études à l’Université de Paris encore connue sous le nom de « Nouvelle Université de Paris » renommée « Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne » en décembre 1970, suite à la loi d’orientation de l’enseignement supérieur du 12 novembre 1968 encore appelée « Loi Faure » en référence au ministre français de l’Education nationale, Edgar Faure.

Il y décroche sa licence en Sciences économiques et sociales. Jacques Jacob Mengue m’Eyi donne suite à son itinéraire didactique en souscrivant à un doctorat d’Etat. Après avoir décrocher son diplôme d’études supérieures (DES) de doctorat (DES), il décroche enfin son Doctorat en sciences économiques et sociales spécialisé dans la planification économique en 1970.

 Défenseur de la souveraineté gabonaise et des valeurs traditionnelles

La rigoureuse et inspirée éducation traditionnelle et protestante transmise à Jacques Jacob Mengue m’Eyi, lui a permis de centrer sa pensée sur la liberté et sur l’émancipation des hommes de sa race. C’est en cela qu’il s’engagea durant ses années d’études universitaires, dans la lutte estudiantine et citoyenne visant à la protection et la considération du droit des peuples à présider eux-mêmes, à la destinée de leurs pays. Acteur de renom dans l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) et dans l’Association générale des étudiants de Lille (AGEL), il prend fait et cause pour l’autodétermination du peuple noir et se cultive avidement pour en connaître les contours et l’histoire.

Il se fait épigone des emblématiques combattants politiques et littérateurs africains et afro-américains tels que l’anthropologue sénégalais Cheikh Anta Diop, de l’anticolonialiste et tiers-mondiste algérien martiniquais Frantz Fanon ou des militants des droits civiques Martin Luther King Jr et Malcom Little plus connu sous le nom de Malcom X. Son engagement dans les années 1960 au sein du Mouvement gabonais d’actions populaires (MGAP) installée en France s’explique en partie par son attachement aux principes nationalistes que plusieurs disciples de la doctrine contestataire voire révolutionnaire pour beaucoup, épousent inlassablement dans cette période charnière de l’existence des civilisations africaines.

Anticolonialiste affirmé et insurgé d’un occidentalisme liberticide, Jacques Jacob Mengue m’Eyi s’oppose à l’époque contre le système politique établit entre Paris et ses anciennes possessions africaines. Bien qu’étant devenues indépendantes, la quasi-totalité de ces nouvelles Républiques sont plus que jamais pilotées par les réseaux politiques et affairistes de l’Elysée. L’asservissement séculaire vient donc d’être restructurée dans un genre de « colonialisme moderne », travestie intelligemment pour paraître démocratique et politiquement correcte, ce que préconisait l’ère du temps.

Jacques Jacob Mengue m’Eyi en décèle alors la subtilité et dénonce cette pratique qui dans la connotation a trait à une implantation imposée, viciée et illégale. Notre étudiant de la Sorbonne s’engagea aussi sous les couleurs de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) dans laquelle il fut conforté dans ses positions contre l’impérialisme occidental et le pillage des ressources du sous-sol gabonais par des européens installés sur le territoire. En sus, la misère et la précarité dans laquelle ses concitoyens vivent n’est que le fruit des autorités de Libreville, qui se sucrent sur le dos du peuple en bénéficiant de la sécurité de leurs « employeurs » de la présidence et des haut-lieux français.

Ce sont là les maux contre lesquels, Jacques Jacob Mengue m’Eyi s’est ouvertement opposé dans sa bataille syndicale et militante. A la vue des agissements des décideurs locaux vautrés dans les fauteuils de patron d’administrations ou d’institutions, l’homme de Méyélé développera un dégoût viscéral à l’endroit du microcosme politique gabonais. Cependant, l’homme était globalement, un farouche conservateur de la culture et de la tradition africaine et plus particulièrement de celles des « Fang ».

Jacques Jacob Mengue m’Eyi a toujours pensé que la présence des missions et des églises aux idéologies et aux croyances extérieures et étrangères à l’Afrique, avaient participé, en complicité avec l’occupant colonial, à asseoir la domination et le nihilisme culturel et au déni de l’identité spirituelle et traditionnelle qu’était celle des africains et des afro descendants. Même s’il devait son enseignement conventionnel à la doctrine protestante, il était très voire trop enraciné à ses origines séculairement liées à celles du peuple « Engong », ethnonyme de « Fang ».

Son importante capacité cognitive avait remis en cause l’importance et le rôle joué par le Clergé du colonat gabonais depuis le début des années de l’occupation européenne sur les territoires africains. Pour lui, les concepteurs du Catholicisme et du protestantisme en firent des armes de séduction et d’endoctrinement à travers les âges, au gré des guerres de leadership et de pensée.

 Activités administratives et dédain du régime

En 1970, Jacques Jacob Mengue m’Eyi revient dans son pays le Gabon et sollicite de l’Etat, une aide financière pour lui permettre d’achever les travaux de son doctorat dont la thèse est : « La planification : condition et instrument de développement économique en pays sous-développés. Le cas des pays de l’Union douanière et économique de l’Afrique Centrale (UDEAC). ». L’allocation d’études universitaire lui est accordée ainsi des autorisations lui donnant l’accès au sein des différentes Républiques qui constituent ladite communauté sous-régionale.

Après être renté en possession de son doctorat, il regagne définitivement le Gabon pour y travailler. Le président Bongo l’intègre dès son arrivée dans l’administration publique gabonaise. Il est chargé d’études au commissariat général au Plan. Mais ne disposant du matériel et des de moyens conséquent, modernes et adaptés, il demande à être muté dans un autre service. Sa hiérarchie l’envoie en 1971 à Port-Gentil. Il y travaille à la Compagnie française du Gabon (CFG) à la Direction commerciale. L’année d’après, Jacques Jacob Mengue m’Eyi est affecté est renvoyé sur Libreville pour occuper la fonction de directeur des études, des programmes et des stages à l’Ecole Nationale d’administration (ENA).

Pendant près de quatre années, il y officie mais en 1976. De 1972 à 1974, il est aussi enseignant d’économie politique, de mathématiques et de statistiques à l’Université de Libreville (actuelle Université Omar Bongo). Mais, Jacques Jacob Mengue m’Eyi est débouté de son poste de directeur des études au sein de l’ENA. La raison : il avait empêché l’inscription, et pourtant non conforme, de l’enfant d’un membre du gouvernement au sein de cet établissement d’élite dont il était le chef des études. En effet, les inscriptions ne se faisaient pas de manière libérale. Il fallait valider sa candidature en étant admis à un concours d’entrée très relevé.

Après avoir été évincer de la direction des études de l’ENA, Jacques Jacob Mengue m’Eyi est muté au ministère gabonais du Tourisme de 1976 à 1978. Après près de huit ans à mettre en place de vraies conditions de travail et les moyens adéquats multiformes, le docteur en sciences économiques et sociales est de nouveau affecté, par voie de décret, au département du Plan. Il se voit confier le poste de Directeur de la planification générale et conseiller technique du ministre de la Planification, de l’aménagement du territoire et de l’économie. En 1986, la Direction de la Planification générale change de mains.

Cependant, Jacques Jacob Mengue m’Eyi restera jusqu’au moment de faire valoir son droit à la retraite notamment en 1994, conseiller technique non plus du ministre mais du ministère de la Planification. Il s’évertua, en dépit de nombreuses carences, de l’incompétence et du manque de professionnalisme de ses collègues et collaborateurs, à concevoir des plans de développement pour plusieurs secteurs d’activités ainsi que des rapports et des articles dont les autorités n’ont jamais voulu prêter attention.

De plus, entre 1970 et 1986, Jacques Jacob Mengue m’Eyi a maintes fois assisté et intervenu dans divers sommets, conférences, colloques et autres cercles de réflexion au sein de plusieurs pays d’Afrique du Nord, de l’Est et de l’Ouest de l’Afrique à l’exemple de la Tunisie, du Ghana, du Sénégal ou encore du Kenya sous l’égide de plusieurs micro-organismes internationaux dirigée par l’Organisation des Nations Unies (ONU) comme la Programme des Nations-Unies pour le développement ou encore la Communauté économique des Nations Unies pour l’Afrique. Celle-ci lui a notamment chargé à plusieurs reprises, d’établir des fiches socio-économiques sur la Gabon pour l’actualisation de ses informations personnelle incluses dans sa base de données concernant le pays.

Jacques Jacob Mengue m’Eyi représentait très souvent le Gabon à la Conférence annuelle des statisticiens et des démographes africains organisée par l’ONU, le PNUD et l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Il a aussi été invité dans quantité de pays occidentaux notamment aux Etats-Unis, en Belgique, au Canada, en France… le fils prodigue de « Miyélé » était un homme effacé et furtif qui n’avait par un cercle amical important. Malgré qu’il soit le premier économiste-planificateur du Gabon et que plusieurs cadres en devenir et administrateurs gabonais furent très impatients de le rencontrer dès son retour au pays, le natif de Miyélé n’a jamais été considéré à sa juste valeur pour une raison évidente : il avait toujours refusé de faire allégeance au parti-Etat ainsi qu’à son fondateur, le président Omar Bongo.

 Engagement politique éclair

En 1990, le Gabon connaît un revirement politique sans précédent. Instituée depuis la création du Parti démocratique gabonais (PDG), le monopartisme est sur le point d’être abrogée suite à la volonté du président socialiste français, François Maurice Adrien Ange Mitterrand, et à la redéfinition de l’échiquier politique à la fin des années 1980. Des assises nationales sont organisées entre le 23 mars et le 19 avril 1990 moderniser la vie politique, socio-économique et associative gabonaise.

Jacques Jacob Mengue m’Eyi qui s’était refusé jusque-là à marchander avec le pouvoir au gré des intimidations et du harcèlement subi prendra la décision de rejoindre les instances du très populaire parti aux élans nationalistes, le Rassemblement national des bûcherons. En fait, les prises de parole fermes et constantes de Paul Mba Abessole, président du RNB et leader charismatique de l’opposition à cette période. Il avait placé en cet homme, un espoir et une confiance démesurée. Il sera désigné membre du Comité directeur de ladite formation politique, son adhésion étant en parfaite harmonie avec les idéaux sociétaux et humains qu’ils partageaient.

Approximativement au milieu des années 1990, la contemplation, l’admiration et le respect que Jacques Jacob Mengue m’Eyi avait pour Paul Mba Abessole vont s’étioler au fil du temps. Ce dernier étant soupçonné de flirter clandestinement avec l’adversaire qu’il avait autrefois dénigrer et accusé de porter l’unique et seule responsabilité de tous les maux du pays, Omar Bongo.

Au fil du temps, Jacques Jacob Mengue m’Eyi prit ses distances avec le RNB de Paul Mba et apporta son soutien à des partis faisant honnêtement contre-poids à l’autorité sulfureuse et suprématiste du président Bongo. Vers les derniers soirs de ses nuits, il se retirera complètement du milieu, déçus par des « mange-mil » qui ne nourrissaient que des intentions malsaines et antirépublicaines consistant à se remplir la panse au détriment de la critique situation sociale des populations.

Fervent défenseur du prolétariat, il avait toujours été de ces brillantissimes rares hommes qui n’avait jamais daigné faire partie de ces « bagasses » dont la morale avait été réduite à vendre leurs principes pour des postes, des privilèges et des biens éphémères qu’ils ne porteront et qu’ils n’apporteront jamais avec eux dans leurs sépultures. « Tous les individus ne sont pas façonnés, éduqués et formés de manière identique comme dans un moule standard unique.

Ils ne se laissent donc pas tous uniformiser facilement. Il est même aberrant de parler d’intellectuels pour désigner les individus auxquels vous faites allusion. ». Ce sont là les termes employés par Jacques Jacob Mengue m’Eyi pour répondre à la question d’un journaliste qui voulait savoir pourquoi il n’avait jamais été à la « mangeoire » comme plusieurs hommes politiques de son temps, la plupart batailleurs de la première heure contre le néocolonialisme, l’autocratie, la corruption et grand banditisme d’Etat.

 Perte

Jacques Jacob Mengue m’Eyi mourut avec les valeurs morales et traditionnelles héritées de ses ancêtres ainsi qu’avec l’immense connaissance qui était la sienne, le 21 avril 1995 à Libreville. Il avait 57 ans. L’habitant de la vallée « Sainte-Marie » qu’il fut, quartier populaire de Libreville, a été inhumé dans son village natale de Miyélé localisé au canton « Nyé » dans le département du Woleu et dans la région du Nord dont Oyem est la capitale. Plusieurs cadres, notables et dignitaires de la province du Woleu-Ntem étaient présents et révérèrent la mémoire du mémoire.

L’école privée protestante de son village « Miyélé » porte fièrement son nom ; elle fut l’œuvre du député du Canton « Nyé » et ancien premier ministre gabonais de 2014 à 2016, le Dr Daniel Ona Ondo. Jacques Jacob Mengue m’Eyi fut en effet, le premier élève de « Miyélé » à obtenir le baccalauréat et l’un des premiers de la province du Woleu-Ntem, à décrocher ledit parchemin. Il fit partie des pionniers de l’intelligentsia woleuntémoise.

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