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Remaniement gouvernemental

Issoze Ngondet II : la consécration de la République des privilèges indus au Gabon


L’édito de l’info
  • Issoze Ngondet II : la consécration de la République des privilèges indus au Gabon © 2017 D.R./Info241
Publié le 24 août 2017 à 16h15min

Le « roi paresseux », rossignol tropical « de l’égalité des chances » et de la « fin des privilèges » semble avoir perdu le sens de son cap despotique d’une présidence toujours controversée. En effet, le remaniement du gouvernement d’Ali Bongo, Issoze-Ngondet II a suscité plusieurs réactions d’indignations même dans le camp de ses soutiens. Non seulement, il n’ya plus de ministère à proprement parlé de la Jeunesse, trahison du septennat qui semblait être consacré à la jeunesse, mais aussi, il y a un constat effarant du retour en grâce et l’aggravation des privilèges indus, d’une promotion inquiétante de l’immérité et de la médiocrité. Faut-il être fils de, pilleur assermenté ou larbin politique pour rêver se voir nommer à des responsabilités ministérielles sous le système Bongo-PDG ?

Eu égard la nouvelle coloration gouvernementale Issoze-Ngondet II, tout laisse à croire que le programme politique d’Ali Bongo, basé sur « l’égalité des chances » et « la fin des privilèges » semble une fois de plus un énième enfumage politique. En plus, maquillé d’une poudre de perlimpinpin essaimée par le président despotique gabonais. Les bonimenteurs et charlatans du MOGABO ont une fois de plus eu malencontreusement raison et mené au suicide politique le fils adoptif, mal aimé de Josephine Nkama et du dictateur Omar Bongo. En tyran dévoué, au sommet de sa gloire autoritariste, ce dernier n’hésitait pas à déclarer à haute voix en plein Conseil des ministres : « Je peux faire d’un chien un ministre et d’un ministre un chien… ».

Et on peut poursuivre la tirade, d’un repris de justice adultérin, un ministre d’Etat, un présumé voleur et pilleur des deniers de l’Etat gabonais, un chef de gouvernement. Cette odieuse logique de recrutement des hauts commis de l’Etat est respectée. Le premier ministre, chef du gouvernement reconduit, Franck Emmanuel Issoze-Ngondet traîne avec lui des accusations graves de détournement de fonds publics. Notamment, les subventions de l’Etat allouées à La Poste gabonaise. Sans qu’aucune enquête ni audition n’aient été diligentées par le Parquet de Libreville.

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Cette exécrable méthode de casting des personnalités politiques de haut rang a montré toutes ses limites au Gabon. Bien qu’ayant des hommes et des femmes compétents et très qualifiés, les gouvernements tous confondus du système Bongo-PDG ont transformé un eldorado pétrolier, jadis envié à un pays devenu la risée du monde entier. En sus, les nouvelles générations assistent sans voix la dégringolade du pays désormais berceau des pillages abusifs des deniers publics, de la corruption et de la mauvaise gouvernance comme patrimoines de gestion. Ali Bongo en perte de repères, constatant que son élection à la présidence demeure toujours entachée d’une fraude grossière, d’une illégalité et d’une illégitimité, marquées au fer, a préféré faire le choix de consolider la politique des privilèges et du machiavélisme éhonté dans sa gouvernance qui visait pourtant en s’en détacher. Revirement à 100 degré.

Le bilan chaotique et meurtrier des membres du MOGABO conforté

En pleine crise post-électorale, au lieu d’envoyer des signes d’apaisement bien qu’ayant accédé au palais présidentiel par un coup d’état militaro-électoral et par l’aide des réseaux mafieux françafricains et hommes d’affaires Français, Ali Bongo s’enfonce davantage dans son impopularité mythique. Il faut préciser que le rejet radical de l’artiste musicien et l’expression du suffrage universel gabonais lors de la dernière élection présidentielle du 27 août 2016 sont : l’émanation d’un septennat aventureux, inconséquent où le pillage des deniers publics et le braquage permanent du Trésor public gabonais se sont inscrits en règle d’or d’enrichissement illicite des "hommes du président’’.

Cette mauvaise gouvernance s’est manifestée au plus haut d’une santé économique qui pouvait parfaire les tares d’Omar Bongo et colmater les brèches d’un sous-développement chronique qui asphyxie le rêve d’un bien-être du peuple gabonais. Non les tenanciers de la légion étrangère, avec le marabout-amant, Maixen Accrombessi comme pilier, en complicité avec les gourous du MOGABO qui se sont tous vus affublés d’une promotion de ministres d’Etat ont décidé autrement. Le dévolu a été porté à l’enrichissement illicite, le détournement des subventions de l’Etat à des fins personnelles. Pourquoi cette promotion ? Pour quels mérites ? Avec quels résultats : une crise économique généralisée ? Pour quel bilan ?

Il faut souligner que le crédo de « ses hommes du président » de l’ex MOGABO lourdement remerciés pour services impropres rendus à Ali Bongo en sept ans de présidence a été : la propagande dilatoire et médiatique, les maquettes HD, les projets festifs, les approximations dans la gestion de la chose publique, les rallonges budgétaires, les surfacturations à l’Etat des marchés publics d’infrastructures, l’achat compulsif des consommables… La liste est longue. Les budgétivores qui ont pillé le Trésor Public gabonais sont décorés et honorés sur l’autel d’un spectacle tragico- meurtrier pour les valeurs et la crédibilité de la République et de l’Etat-Nation.

L’égalité des chances colorée aux privilèges indus des courtisans du roi paresseux

Le chantre de l’égalité des chances a sans doute perdu de la voix. Ali Bongo démontre à travers ce remaniement gouvernemental qu’il a supervisé de mèche avec « son cuspodien » pilleur présumé Issoze-Ngondet toute son incapacité d’être cohérent avec sa vision politique, s’il en a une. Le roi paresseux refuse de se prendre en main et d’accepter son camouflet populaire par une prise de conscience responsable en quittant le pouvoir présidentiel. Il a décidé de se laisser conduire à la marginalisation politique et historique à vie. Ali Ben fait de l’Ali Ben : le manque criard de cohérence, l’appétit effréné du pouvoir et des honneurs, l’obsession présidentielle à tout prix. Le président contesté s’ancre dans une totale contradiction avec les annonces en fanfare de son pseudo nouveau programme politique révolutionnaire de changement marquant la fin des privilèges indus et des parentés ministérielles au Gabon.

Les nominations des fils et filles parfois d’anciens valets d’Omar et les siens, sans expérience rompue en dit long. Les cas de dame Carmen Ndaot flanqué au ministère du Travail et de Mme Irène Patricia Boussamba, respectivement anciennes agents d’Azur et secrétaire particulière de Magloire Ngambia ont fait frémir plus d’un. Sans omettre les rejetons héritiers de Mbooumbou Miyakou, Mamiaka, Berre, Maganga-Moussavou et Sérapahin Ndaot Rembogo illustrent parfaitement que nous sommes bien en phase avec la politique de son père dictateur Omar Bongo. Ali veut plaire. Il fait de l’Omar, pour tenter de se faire porter par une caste d’oligarchie en perte de vitesse. Sachant qu’Omar Bongo est la racine de tous les maux qui minent le Gabon, est-il habité d’un moindre bon sens ? Fait-il le choix du suicide collectif dans un bateau PDG vacillant ?

Le massacre des citoyens gabonais pour la réélection controversée d’Ali Bongo a été soutenu au premier chef par ses funestes colistiers qui se sont tous vus promus du titre tonnant de ministre d’Etat : Guy Bertrand Mapangou, Jean Fidèle Otandault, Biyoghé-Mba, Moubelet-Boubeya, Mekam’ne Edzidzi, Billié-By-Nzé, Nkéa Ndzigue. Et d’autres complices n’ont pas démérité : Yves Fernand Manfoumbi, Massard Kabinda, Noël Matha, Otounga Ossibajouo, Blaise Louémbé et tutti quanti n’ont pas été débarqués. L’égalité des chances d’Ali Bongo est la manifestation macabre d’un chancèlement éhonté de convictions politiques. Estelle Ondo, René Ndemezo’o Obiang, Jonathan Ntoutoume Ngome, Patrick Eyogo Edzang, Bruno Ben Moubamba et Pierre-Claver Maganga Moussavou et family... sont l’expression du mérite de la trahison politique made in « émergence » en terre gabonaise. Où est passé la promesse du septennat de la jeunesse d’Ali Bongo ? Nous y reviendrons.


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