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Crise post-électorale

L’illégitimité et le rejet d’Ali Bongo irritent des « fanatisés » ministres gabonais


Analyse
  • Les 5 fanatiques d’Ali Bongo lors de leur conférence de presse à Libreville © 2017 D.R./Info241
Publié le 30 juillet 2017 à 10h42min

Les principaux acteurs fanatiques et louangeurs d’Ali Bongo qui ont foulé sans scrupule le processus électoral présidentiel du 27 août 2016 ont les nerfs en pelote. A l’occasion d’un point de presse musclé, tenu le 28 juillet à Libreville, devant un parterre de journalistes cois, Alain-Claude Billie-By-Nzé, Pacôme Moubelet Moubeya, Blaise Louembé, Simon Ntoutoume Emane et Ali Akbar Onanga Y’Obégué ont réaffirmé leur passion démesurée à leur maître président controversé, tout en exprimant des élucubrations et contre-vérités sur la crise post-électorale. Sans manquer de brandir des représailles contre Jean Ping et sa coalition de l’opposition.

La crise postélectorale prend une autre tournure en terre gabonaise. Devant l’insistance à tout prix de s’accaparer vaille que vaille les règnes de la présidence gabonaise, le régime de Libreville fait du Gabon une véritable poudrière. Après la récente tournée européenne et l’accueil populaire de Jean Ping qui revendique toujours sa victoire à la dernière élection présidentielle, le camp d’Ali Bongo très agacé semble perdre pied. Bien qu’étant acteurs d’un septennat raté qui a conduit à leur rejet démocratique lors de la dernière présidentielle, les membres de l’ex MOGABO, ne tirent pas les leçons de cet échec cuisant. Ils font le choix suicidaire de l’entêtement.

Les agents du président controversé gabonais qui après avoir vendu un dialogue politique saupoudré étalent leur déception menaçante. En défiant le peuple gabonais qui a soif d’une alternance démocratique pacifique au sommet de l’Etat. En effet, les quatre membres du gouvernement accompagnés du secrétaire général du gouvernement, ex affidés du Mouvement gabonais pour Ali Bongo Ondimba (MOGABO) ressortent leur action de propagande, d’enfumage politicien et des recettes d’arrière-garde, qui plus est, en pleine crise post-électorale. En ligne de mire, une énième confusion entre les missions régaliennes étatiques et celles liées à un engagement privé. Ces apparatchiks à la solde d’Ali Bongo utilisent abusivement leurs fonctions, les deniers publics du contribuable gabonais et les institutions publiques, notamment mes médias d’Etat à des fins de politiques partisanes.

Sans pourtant avoir l’outrecuidance de préciser sous quelle bannière et à quels titres ils s’exprimaient, et ce malgré l’insistance des journalistes qui ont répondu courtoisement à leur invitation, les tenanciers du MOGABO ont brandi la menace à l’encontre de Jean Ping et sa coalition. Rappelons-le, le MOGABO est un objet et instrument de propagande clairement identifié issu des méninges de quelques hommes d’appareil qui s’arc-boutent à maintenir un régime vacillant afin de soutenir un règne sans fin d’Ali Bongo. Ce dernier est sous la menace de plusieurs plaintes judiciaires suites au bombardement du QG de Jean Ping et aux massacres perpétués dans la nuit du 31 août jusqu’au 02 septembre 2016 lors de son coup d’état militaro-électoral.

En y regardant de prêt, ces membres fondateurs zélés du MOGABO sont constitués comme nous relève un juriste spécialiste des institutions, à l’image « d’une bande de serviteurs fanatisés de cour royale qui pensent qu’ils sont au-dessus des lois. Ils se sentent intouchables et c’est pourquoi leur mépris de la souveraineté nationale va grandissant. Mais c’est une manière de faire d’un siècle passéiste ». D’ailleurs, le ton menaçant de leurs discours va-t’en guerre contre la coalition pour la Nouvelle République dirigée par Jean Ping l’illustrent ? Au Gabon, tous ceux qui gravitent autour du palais présidentiel sont exemptés de respecter les lois et les règles en vigueur, c’est bien connu de l’opinion publique.

« Nous sommes réunis ce jour sous différentes qualités qu’il vous plaira de nous prêter afin de vous entretenir sur notre lecture de la situation politique du moment, de l’état des lieux que nous pouvons dresser et des perspectives qu’il nous faut envisager pour un Gabon fort, prospère et solidaire », a affirmé dans une arrogance déconcertante Pacôme Moubelet dans le propos liminaire d’une conférence de presse qui a viré à la couardise. De qui se moquent ses courtisans de cour royale ? De quel bilan élogieux, de quelle bonne gouvernance exemplaire se revendiquent ses personnalités qui furent tous au cœur du mandat présidentiel des maquettes HD et promesses sans résultats, il y a sept ans ?

Selon l’illuminé Moubelet, ancien ministre de l’Intérieur, porte-parole du groupe des fanatiques d’Ali Bongo, c’est l’entame « d’une série d’initiatives visant à tordre le cou au mensonge ambiant qui tend à travestir la réalité des faits, et pour certains, à faire passer leur lubie pour des vérités établies ». A quelles fins ? Pour ces affabulateurs zélés, le processus électoral de la présidentielle du 27 août 2016 s’est déroulé en toute sérénité et ce, malgré « les multiples provocations d’un camp qui s’était jeté dans cette campagne avec l’intention d’en découdre à tout prix ». « L’élection est terminée, il est temps de passer à autre chose… que ceux qui ont perdu arrêtent de chercher à déstabiliser le pays ». On est à même de se poser de la question si ces hommes n’ont pas perdu le nord.

Aujourd’hui, qui est pointé comme un tricheur reconnu mondialement, un usurpateur d’élection à la face du monde entier ? Ali Bongo. Les missions d’observations indépendantes africaines et européennes ont toutes indiqué que cette élection a manqué de sincérité, et que le processus électoral a été entaché « d’irrégularités évidentes » en déniant la légitimité d’Ali Bongo. Et donc l’affirmation selon laquelle « l’élection est passée et que l’heure est désormais au travail » et que « la haine, l’égoïsme, le manque d’idéologie » sont des germes de l’opposition est difficile à démontrer. Car c’est tout à fait le contraire.

Le déni criard de la réalité et de démocratie, la crise de confiance au sommet d’un Etat en panne et en manque d’inspiration, la crise sociale et économique généralisée, les grèves à répétition dans tous les secteurs de développement en présence actuellement démontrent bien que les personnes qui ont des problèmes pathologiques et psychologiques sont bien entre autres : Alain-Claude Billie-By-Nzé, Pacôme Moubelet Moubeya, Blaise Louembé, Simon Ntoutoume Emane et Ali Akbar Onanga Y’Obégué qui soutiennent aveuglement Ali Bongo Ondimba, leur maître faussaire, pilier d’une dictature combattue au Gabon. Affaire à suivre.


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