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Jean Remy Yama menacé pour avoir insinué ouvertement la « mort » d’Ali Bongo


Société
  • Jean Remy Yama menacé pour avoir insinué ouvertement la « mort » d’Ali Bongo © 2019 D.R./Info241
Publié le 3 juillet 2019 à 13h04min

Ali Bongo malgré son retour au Gabon en mars après son AVC, dont il serait sorti indemne selon les sources officielles, continue de rester aphone aux revendications des syndicalistes. Une situation que le président de la puissante confédération syndicale Dynamique unitaire, Jean Remy Yama, a qualifié hier comme traduisant la « mort » institutionnelle d’Ali Bongo. Une allusion qui n’a visiblement pas plu aux autorités judiciaires gabonaises qui multiplieraient selon ses proches, des tentatives d’arrestation arbitraire.

Jean Remy Yama continue de faire les frais de son franc-parler sur la situation des travailleurs gabonais et le mutisme de la première autorité du pays qu’est Ali Bongo. Lors d’une conférence de presse tenue hier, le patron de Dynamique unitaire a enfoncé le clou en affirmant qu’Ali Bongo était définitivement mort, eu égard au mutisme entretenu par ses services présidentiels autour de leur demande d’audience, restée lettres mortes.

La déclaration de Dynamique unitaire d’hier

« Devant Dieu et devant la République, la confédération syndicale Dynamique Unitaire ira avec détermination jusqu’au bout, quel que soient le temps et le prix pour que triomphent la vérité, l’Etat de droit, la justice sociale et le progrès dans notre pays. Pour que nos revendications aboutissent, nous appelons tous les citoyens à construire le rapport de forces en se mobilisant davantage », a déclaré lors de sa sortie d’hier le président de Dynamique unitaire, la bête noire syndicale des autorités gabonaises.

"Ali Bongo Ondimba est mort, il n’existe plus"

Mais ce sont surtout ces propos du syndicaliste qui auraient définitivement mis le feu aux poudres : « Connaissant la propension d’Ali Bongo Ondimba à intervenir ou à apparaître à la moindre occasion, et à l’analyse de tous ces faisceaux d’indices, la confédération syndicale Dynamique Unitaire a l’intime conviction que le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba est mort, il n’existe plus ». Des propos pourtant déjà commis par le leader syndical dans ses différentes sorties médiatiques depuis le début de l’année.

Ce sera finalement la sortie de trop. Selon un message relayé ce mercredi par ses proches, après ses propos d’hier, Jean Remy Yama aurait reçu la visite d’agents de la Direction générale des recherches (DGR). « Ce matin entre 5h et 6h des hommes lourdement armés ont pénétré à mon domicile. Ils n’ont décliné aucune identité et n’ont présenté aucun mandat », aurait indiqué Jean Remy Yama qui ne se trouvait pas sur les lieux car bien au fait de ce type d’intervention des autorités judiciaires.

Une plainte en perspective

Et d’ajouter : « Au moment des faits, prévenu à la veille je n’étais pas chez moi. Il s’agissait purement et simplement d’une tentative d’enlèvement. Je ne suis pas un criminel. Si le procureur de la république veut m’entendre il n’a qu’à m’envoyer une convocation au lieu de débarquer à pareille heure et traumatiser ma femme et mes enfants ». Avant de promettre de transmettre « les enregistrements vidéos et audios du passage des forces de sécurité et de défenses à mon domicile » à « un juge et aux organisations de défense des droits de l’homme dans le cadre d’une plainte ».

Voilà qui garanti un climat tendu dans le pays où Ali Bongo semble avoir transféré ses « pouvoirs » à certains de ses proches tout en se gardant de faire des sorties publiques. Affaire à suivre.


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