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Manigances

Présidentielle 2016 : les machinations du système PDG-Bongo et de l’opposition flottante


L’œil du citoyen
  • Les deux principaux rivaux à la course présidentielle © 2014 D.R./Info241
Publié le 16 décembre 2014 à 14h55min

Les stratégies politiques pour l’élection présidentielle prochaine de 2016 sont au cœur de toutes les machinations des deux bords politiques PDG-clan Bongo et l’opposition flottante (Front uni, UPG, l’Union des Forces pour l’alternance). L’œil du citoyen a pris le temps d’analyser patiemment l’actualité politique gabonaise de ces derniers mois qui a mis en lumière plusieurs manœuvres et combines qui n’intègrent pas en profondeur une fois de plus les aspirations du peuple comme durant la Conférence nationale qui a conduit à la paix de braves et aux accords suicidaires de Paris en 1990.

Les anciennes chevilles ouvrières du régime Bongo, actuels opposants, nouveaux avocats des citoyens appauvris ont pour nombreux d’entre eux, cautionné le régime du système PDG pendant 42 ans. Ces barons de l’ancienne machine à pillage veulent parler désormais à notre nom sans pouvoir réaliser publiquement le devoir de mémoire et faire leur mea culpa. En les écoutants tous, le Gabon a commencé à sombrer depuis l’accession à la magistrature suprême d’Ali Bongo, le nouveau BOA mal aimé gabonais. Or, c’est un système qui perdure depuis 47 ans.

Ce nouveau billet du regard du citoyen nous permets de vérifier les théories du linguiste nord-américain Noam Chomsky qui a élaboré une liste dénommée « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les médias d’Etat et l’espace public. Au regard du traitement de l’actualité gabonaise par des médias publics dont les plus cités sont l’Union, Gabon Télévision et leur cohorte des pseudos journalistes à la solde du pouvoir en place, L’œil du citoyen se permet de tenter un regard critique en faisant parler les citoyens toujours laissés pour compte.

Le manque criard d’analyse politique impartial des médias d’Etats, comme la nouvelle RTPDG, Gabon Télévision, première chaîne publique gabonaise financée par l’argent du contribuable participe clairement à la réalisation de la stratégie qui permettra le chaos redouté au Gabon. Les médias publics et quotidiens pro-gouvernemental comme l’Union s’adonnent à la propagande politicienne du palais du bord de mer, à la distraction vile et servile. Les médias d’Etas utilisent sans scrupule, sans esprit républicain « la stratégie de la dégradation » en travaillant d’une manière abêtie à maintenir le peuple gabonais dans l’ignorance et la médiocrité.

Un congrès salutaire pour des enjeux et des actions politiques biaisés

Le controuvé Congrès de la diaspora gabonaise qui s’est finalement mué à des infimes conférences de l’opposition pour l’alternance s’est tenu à Paris du 05 au 07 décembre dernier à l’hôtel Pullman sis à la Défense. Et ce, à l’initiative d’une association dont la légitimité de fédération (de toutes les sensibilités de la diaspora) semble limitée, la Convention de la Diaspora Gabonaise. Ce énième curieux rendez-vous politique parisien qui a eu l’assentiment patriotique de L’œil du citoyen a regroupé une partie de l’opposition gabonaise réunie sous le Front uni et les Souverainistes. Même si des absences notoires de Pierre Claver Maganga Moussavou de l’Union des Forces pour l’alternance (UFA) et d’autres ténors de l’opposition, entre autre l’autre coloration de l’UPG dont l’un des plus médiatiques est Bruno Ben Moubamba pro Mboumba Nziengui ont été déplorées.

Toutefois, une partie prenante de la société civile (avec le truculent Marc Ona), des délégations spontanées étudiantes a relevé l’éclat de ce Congrès fomenté par une chapelle de la diaspora. Ceci a permis à L’œil du citoyen de mettre à nu les machinations dépourvues de sens politiques authentiques de la fameuse opposition gabonaise. Ces conférences de Pullman avaient pour objectif principal de fédérer l’ensemble de l’opposition gabonaise autour d’un projet commun axé sur les conditions de mise en place d’une alternance politique au Gabon conditionné par le départ urgent d’Ali Bongo Ondimba du pouvoir.

Selon les conclusions des congressistes, le BOA présumé vomi par les gabonais doit « dégager ». Ils l’ont laissé une quinzaine de jours à compter du 07 décembre, donc il resterait sept jours au célébrissime rappeur-danseur de djazzé, « Ya Ali » de l’UJPDG et des « draveurs émergents » de lâcher le pouvoir à cause de sa présumé illégitimité dû au fait de la soudaine irrégularité de son acte de naissance. Or, L’œil du citoyen sait pertinemment que c’est une pure illusion qu’Ali Bongo puisse quitter ce pouvoir dont il est passionnément attaché et qu’il convoite depuis belles lurettes. En prime, il a encore la possession autocratique et despotique du pouvoir judiciaire, constitutionnel et de l’armée gabonaise. Comme nous le prouve la dernière sortie du procureur de la République, près le tribunal de première instance de Libreville, l’autorité judiciaire à la solde de la cour royale, Sidonie Flore Ouwé s’est déclarée étonnamment incompétente pour juger la saisine déposée symboliquement le 18 novembre dernier par les membres du Front uni de l’opposition contre Ali Bongo Ondimba pour faux et usage de faux en écritures publiques.

Il s’agit dès lors de quel approximatif départ du BOA, s’interroge L’œil du citoyen, après 2016 ou bien avant. Car, pourquoi ces novices farouches opposants ont cautionné en 2009 le passage en force d’Ali Bongo en gardant un silence coupable ? Pourquoi l’ancienne baronnie du PDG qui avait dans leur rang jadis, Jean Ping, Casimir Oyé Mba, Paulette Missambo, Jacques Adiahenot, Jean Eyeghe Ndong, André Kombila, et j’en passe n’ont pas battu le pavé avec les citoyens qui avaient pris d’assaut la devanture de la cité de la démocratie le 03 septembre 2009 ? Pourquoi ils ont gardé un silence meurtrier lorsque les citoyens libres décimés et tués à l’arme lourde à Port-Gentil avaient refusé radicalement que leurs votes soient volés en 2009 ?

L’œil du citoyen se souvient encore que Jean Ping qui a été adoubé par les congressistes de Pullmann, en accord avec les autorités gabonaises, avait dépêché le Pr Albert Tévoédjrè, Médiateur de la République du Bénin et Président de l’Association des Médiateurs de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (Uemoa) pour diriger la mission des observateurs de l’Union Africaine aux élections présidentielles du 30 août 2009. Et le citoyen averti se rappelle comme si c’était hier que lors d’une conférence de presse organisée par la Commission d’accueil et d’encadrement des observateurs internationaux, organe mis en place par le ministère gabonais de l’Intérieur durant cette présidentielle, ceux-ci avaient littéralement été empêchés de livrer à la presse nationale l’ensemble de leurs observations.

Cette fausse note avait d’ailleurs provoqué un incident diplomatique éphémère entre Ali Bongo et Addis-Abeba sous le magister de Jean Ping. Que contenait donc le rapport des observateurs de l’Union Africaine sur l’élection présidentielle gabonaise en 2009 ? Pourquoi à cet instant Ping n’a pas marqué le coup en prenant ses responsabilités en mobilisant l’UA contre cette ixième élection présidentielle au Gabon en 2009 contestée par tous les candidats, comme toutes les autres élections présidentielles sous l’ère d’Omar Bongo ? Après sa bavure à sa réélection à l’UA, toutes les sorties médiatiques de Jean Ping ont été ponctuées de contre sens et d’amateurisme au regard du background et de la carrière politique de l’un des diplomates le plus chevronné gabonais. Il s’est lancé dans l’opposition parce que disait-il, "ses enfants sont menacés" et que le pouvoir en place ne l’aurait pas soutenu. Il s’agit au regard de L’œil du citoyen des intérêts personnels et non ceux de la Nation Gabon. On ose espérer que Ping le nouveau challenger de l’opposition soit attentif aux cris du peuple et puisse intégrer des valeurs républicaines non clivantes.

Dans son déroulement, et ce qui a donné de l’espoir à L’œil du citoyen, le Congrès de Paris aura connu deux temps forts : les messages et bilan de la situation par les congressistes et amis d’Afrique (1) et les travaux en ateliers. Lorsque L’œil du citoyen se réfère aux stratégies de manipulation développées par Chomsky, il ressort que l’élément primordial du contrôle social est nul doute la stratégie de la diversion. Consistant à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.

Le départ acté par le Congrès de l’opposition pour l’alternance semble être une diversion de plus. Car il se murmure que le clan Bongo aurait décrété le départ d’Ali Bongo au regard des menaces qui pèsent sur les intérêts et privilèges du clan. Et qu’un des opposants du Front, proche du clan Bongo et des lobbys français aurait été choisi pour conserver ce système destructeur. Or, la population Gabonaise dans son ensemble veut enterrer toutes ces machinations afin qu’émerge une véritable démocratie, favorisant la gestion politique de la cité du peuple par le peuple et pour le peuple. Et non pour que des anciens barons du régime qui occultent le devoir de mémoire reprennent le flambeau du pouvoir à des fins personnelles pour faire perdurer le même système et non pour l’intérêt général de la Nation.

La stratégie de la diversion politique : une nouvelle classe politique s’impose au Gabon

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Et nous l’avons vu notamment depuis la sortie du livre de Pierre Péan, « Nouvelles affaires africaines. Mensonges et pillages au Gabon ». Tous les débats médiatisés ont été monopolisés autour du chapitre 11 du livre portant sur le présumé faux acte de naissance d’Ali Bongo. En occultant tout le système des pillages des ressources de la nation, sans que personne ne s’offusque ni s’interroge véritablement sur les actions à mener pour endiguer ou dévoiler ce vol des deniers publics.

Pour L’œil du citoyen, dans d’autres pays dits républicains et avec une réelle démocratie, des enquêtes judiciaires devraient être diligentées pour plus de clarté. Car même s’il s’agit pour le pouvoir en place, du « kongossa », ces révélations jettent l’opprobre sur la gestion des deniers publics gabonais. Et il existe au sein de ce livre des noms cités, ces derniers vivent au Gabon où sont toujours présents au Gabon. Pourquoi ne pas ouvrir une enquête judiciaire ? Non il faut utiliser la stratégie de la dégradation.

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. Car le fait qu’Ali Bongo, président de la République serait biafrais est une information qui est connue de tous ces politiques dits de l’opposition gabonaise qui semblent le découvrir maintenant. Ils l’ont accepté jadis. Mais aujourd’hui drôlement, ils veulent l’utiliser pour manipuler le peuple dans un débat public qui doit certes revendiquer le respect de l’article 10 de la Constitution. Toutefois, en allant au-delà notamment en exigeant une impartialité des institutions judiciaires et constitutionnelles, une limitation des mandats présidentiels et les stratégies de rapatriement des deniers publics pillés par le système PDG-clan Bongo.

C’est d’ailleurs de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement. L’œil du citoyen n’est pas dupe, car la classe politique toute confondue utilise depuis 47 ans habilement la stratégie du différé. Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire ». En obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur, il semble que c’est la démarche adoptée par certains cadres du Front uni, des présumés coupables, pilleurs de la République Gabonaise au temps d’Omar Bongo.

Tous ces pseudos avocats du peuple pensent occulter leur gestion lorsqu’ils étaient des barons du pouvoir. Ils pensent aveuglement que les citoyens ont une mémoire incertaine. Et que le peuple est incapable de se remémorer leurs actions lorsqu’ils ont occupé des portefeuilles ministérielles et qu’ils n’ont produits aucuns fruits si on regarde le bilan accablant de 42 ans de gestion du régime qu’ils ont cautionné. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite.

Ensuite, parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. Le peuple gabonais doit exiger un devoir de mémoire, oui pour le changement du système PDG-clan Bongo, oui pour le renouvellement de la classe politique, mais pas avec ces dinosaures désenchantés s’ils ne remplissent les conditions d’exprimer au peuple une confiance républicaine par des actes de vérité, d’informations visant à permettre une justice sociale quant aux affres du régime Bongo dont ils ont fait partis autrefois. Nous sommes heureux que ces multiples départs en cascade affaiblissent le système pilleur PDG-clan Bongo. Néanmoins, raison gardée, il nous faut des réelles garanties, une sorte de pacte républicain pour que le peuple comprenne aux mieux que nos abuseurs avérés sont devenus les défenseurs aguerris de ceux qu’ils ont affaiblis lorsqu’ils furent des cadres du régime Bongo : "devoir de mémoire collective" oblige.

Le peuple d’un commun accord doit exiger de ces anciens barons du PDG une probité par des actions fortes, notamment leur vérité sur leur partition accrue à la construction du régime Bongo. Et ce n’est qu’après cet aveu nécessaire qu’on pourra leur donner une caution mesurée de confiance politique. Sinon, il est souhaitable qu’une nouvelle classe dirigeante puisse occuper la place publique. Et insuffler un nouveau souffle au débat politique gabonais. N’existe-t-il pas d’autres Gabonais et Gabonaises outillés, capables de conduire la mise à jour du logiciel de gestion des projets de développement de notre cher pays ? En ce sens L’œil du citoyen salue l’acte profondément patriotique du Dr enseignant chercheur, écrivain gabonais, le brave, Sieur Noël Bertrand Boundzanga qui a officiellement lancé le 13 décembre dernier à Libreville, le « Club 90 ».

L’objectif louable de cette action citoyenne est de battre en brèche les nombreux « mensonges politiques, de la dynastie Bongo et de son champ d’esclaves ». Pour le chercheur écrivain, le « Club 90 » nourrit l’ambition d’être une « majorité citoyenne » en l’encontre à la majorité présidentielle qui, a-t-il indiqué, « surfe sur des mensonges et des promesses intenables ». Cette initiative inspirée par « les idéaux trahis de 1990 », a l’objectif de « favoriser un minimum d’accords sur l’éviction d’Ali Bongo et du système PDG au pouvoir depuis 47 ans selon les termes et les formes démocratiques ». Espérant que de telles actions citoyennes se multiplient en faisant émerger des nouveaux idéaux, visages, intellectuels, hommes d’affaires... gabonais afin de constituer une nouvelle classe politique crédible pour déjouer les pièges du système PDG-clan Bongo. Car, le devoir de se remémorer s’impose afin que l’avenir du pays soit pensé foncièrement d’une manière républicaine.

S’adresser au peuple gabonais comme à des enfants en bas-âge : empêcher le peuple de se remémorer et de penser l’avenir

L’œil du citoyen remarque que la plupart des discours du pouvoir d’Ali Bongo, du Front uni et des nouveaux opposants destinés au grand-public utilisent une méthode, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisant, souvent proche du débilitant. Comme si le peuple était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Car, plus on cherche à tromper le spectateur, plus on adopte un ton infantilisant. On joue avec ses émotions, à l’exemple de l’utilisation des réactions émotives des familles Léon Mba pour dissuader le peuple sur la réelle manipulation d’Ali Bongo qui ne veut pas répondre en acte républicain ce qui lui ait reproché à juste titre. Jean Ping et tous les ténors du Front qui disaient lors de leur dernier meeting à Port-Gentil qu’ils combattraient jusqu’à la mort contre Ali Bongo. En faisant échos aux morts patriotes de Port-Gentil de septembre 2009 dont un mausolée doit être construit pour leur rendre un hommage mérité.

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus (du peuple gabonais). De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements. Le pouvoir comme d’habitude attise la crainte d’une guerre civile. Il faut taire les pillages, il faut taire les machinations politiciennes, il faut taire la pauvreté des gabonais, il faut taire l’action syndicale de Marcel Libama avec une seule stratégie : maintenir le peuple gabonais dans l’ignorance et la bêtise. Le peuple ne doit pas s’interroger sur ses droits (limitation des mandats, répartition équitable des richesses du pays, respect de la Constitution, combat contre la corruption, contre le détournement des deniers publics…) mais doit seulement penser à ses devoirs royaux, prêter allégeance à la longévité du pouvoir PDG-clan Bongo.

Pour cela, il faut faire en sorte que le peuple gabonais soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Il suffit juste de jeter un regard sur les manuels scolaires vidés de notre réelle histoire. Le bon nombre du peuple gabonais ignore le rôle salvateur mené par les militaires, combattants pour l’indépendance véritable du Gabon ayant initié le coup d’Etat de 1964. A savoir, les lieutenants Mombo, Essono, les sous lieutenants Mbene, Ndo Edou et l’adjudant Anoto. Ou encore les martyrs Joseph Ambouroue Avaro, Martine Oulabou, Joseh Issani Rendjambe, Doukakass Nziengui..., ces héros nationaux sont plongés dans le désert de l’oubli au sein de la mémoire historique gabonaise.

Le système PDG-clan Bongo depuis 47 ans encouragent le peuple à se complaire dans la médiocrité. Ils ont encouragé le citoyen à trouver naturel le fait d’être bête, vulgaire, et inculte. D’ailleurs, il y a plus de débits de boissons, facilitant les ventes d’alcool à la sauvette que des bibliothèques, des salles de cinéma, des centres culturels au Gabon. Car il faut remplacer le sentiment de raison, de la révolte par la culpabilité, par les récriminations vaines et l’apitoiement sur soi. En faisant croire au citoyen lambda qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système PDG-clan Bongo en place depuis 47 ans, le citoyen gabonais dans son ensemble s’auto-dévalue et culpabilise. Ce qui engendre un état dépressif généralisé. Il suffit pour L’œil du citoyen d’observer les débats oisifs sur la souffrance, les injustices sociales, la précarité, les abus du pouvoir en place dans les marchés d’Akébés, Potoss, Banane, Mont-bouët, au rendez-vous des parents d’élèves à Rio, Carrefour Isaac, Moussa, à la gare routière, à l’interro et sous l’arbre à palabre à l’UOB, à Mbaya, aux divers ports, dans les taxis bus... dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution, pas de changement de système politique.

Enfin, le système PDG-clan Bongo s’est attelé à « connaître les citoyens gabonais mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes ». Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système Bongo en est arrivé à mieux connaître le citoyen gabonais moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, que le système semble détenir un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes. On peut le constater à travers des groupes d’animations folkloriques animées par des femmes lors des meetings politique du PDG en l’occurrence Kounabéli, Ignonga, Mbil’a suku, Dimossi, Nkol’egong, Nyenzi. Et ce, depuis les années du parti unique.

Tel semble le cas au Gabon. Espérons que les conclusions du Congrès de la Défense portant sur l’action révolutionnaire qui présente l’avantage de la rapidité de son opération même si elle suppose une préparation fine préalable et une certaine maturité du peuple seront effectives. Au regard de l’exemple du printemps arabe et plus récemment celui du peuple burkinabè et du fait que le peuple gabonais soit résolument « dans une situation d’extrême attente de la part de ses leaders de l’opposition, il est à espérer qu’une telle action soit retenue. » Le plus important étant qu’elle soit intégré pour L’œil du citoyen au sein d’une stratégie qui dépasse les machinations politiciennes et qui gagnerait à être mûrement pensée, en intégrant la voix réelle et les aspirations du peuple. Car il faut à tout prix une alternance politique mais aussi l’enterrement du système politique PDG-clan Bongo.


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