Démission

Jean François Ntoutoume Emane claque la porte du parti d’Ali Bongo

Jean François Ntoutoume Emane claque la porte du parti d’Ali Bongo
Jean François Ntoutoume Emane lors de sa déclaration © 2015 D.R./Info241

L’événement prévu deux semaines à l’avance a tenu toutes ses promesses. L’ancien maire de Libreville a réuni du beau monde hier après-midi à son domicile pour annoncer son départ du Parti démocratique Gabonais (PDG - au pouvoir au Gabon).

Lors d’un discours « fleuve » de près de 3 heures d’horloge, l’ancien Premier ministre d’Omar Bongo a dit tout le bien qu’il pensait de la politique menée depuis 2009 par le président Ali Bongo qui cumule aussi celui de président du PDG.

Jean François Ntoutoume Emane s’est excusé en larmes, d’avoir fait confiance à Ali Bongo pour la conduite des affaires du pays en ces termes : « je demande pardon de m’être trompé sur les capacités d’Ali Bongo à gouverner le Gabon en 2009 ». Devant un public acquis à sa cause, le démissionnaire a taclé les socles de la politique de l’émergence prônée à grands cris par Ali Bongo. Pour Ntoutoume Emane, le PSGE (Programme stratégique Gabon émergent) serait une poupée vaudou, mieux une coquille vide.

Une vue de l’assistance

Jean François Ntoutoume Emane a été très virulent contre les instances de son ancien parti. Evoquant notamment le mépris dont ferait montre Ali Bongo à l’égard du choix des militants : « j’avais pensé que l’avènement d’Ali Bongo devait réformer le PDG, mais les choix des militants sont méprisés ». Avant d’appeler à un sursaut patriotique, à des élections à deux tours et à une refonte des institutions.

L’ancien directeur de campagne d’Omar Bongo ne quitte pas pour autant l’arène politique Gabonaise. Puisqu’il a annoncé la création de son parti le Mouvement patriotique et démocratique pour la refondation de la République (MPDR) pour parvenir « au sursaut politique, social, économique, pour sortir le Gabon de la bêtise et de la stupidité ». Il rêve désormais d’un Gabon débarrassé d’Ali Bongo.

L’ancien maire de Libreville a pu compter sur la présence des leaders de l’opposition et de la société civile, et quelque uns des membres du courant dissident du PDG, Héritage et modernité, venus saluer son courage politique. Emmanuel Jean Didier Biyé, le secrétaire national du PDG a voulu à travers une déclaration télévisée hier soir, minimiser ce départ qui pèsera tout de même sur l’avenir politique du parti dans le fief Librevillois de Jean François Ntoutoume Emane qu’est le 5e arrondissement.

Ce départ est un signe témoin du malaise régnant entre les fidèles d’Omar Bongo et les nouveaux affidés d’Ali Bongo qui peinent à parler désormais le même langage au sein de leur propre parti. Un départ pourrait à nouveau fragiliser un parti dont plusieurs de ses militants contestent les choix et les « orientations » de leur président et son leadership politique.

Ali Bongo vient à nouveau de faire grossir les rangs d’une opposition à son régime déjà bien pourvue. Mieux, il scelle la fracture entre les militants de la première heure du parti créé par son père en mars 1968 et les militants qualifiés de « profito-situationistes » qui composeraient l’entourage immédiat de l’homme fort du palais du Bord de mer.


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