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Face au régime d’Ali Bongo : qui est vraiment violent ?


Analyse
  • Face au régime d’Ali Bongo : qui est vraiment violent ? © 2019 D.R./Info241
Publié le 31 mars 2019 à 13h39min

Député de l’Okano, au nord du Gabon, élu à l’Assemblée nationale en 2016, Minault-Maxime Zima Ebéyard et un groupe de 9 activistes gabonais ont lancé le 28 février 2019, un appel visant à faire la lumière sur l’état de santé d’Ali Bongo suite à un AVC dont il a été victime le 24 octobre 2018.

A cette démarche républicaine exigeant la transparence sur les capacités physiques et cognitives du président à continuer d’exercer ses lourdes fonctions, le gouvernement gabonais a répondu par une déclaration dans laquelle il menace de poursuites judiciaires tous ceux qui posent de telles questions.

Ici, M. Zima Ebéyard adresse au gouvernement d’Ali Bongo un message profondément humaniste, qui rappelle le dernier discours de Nelson Mandela avant sa condamnation à la prison à vie. Mandela écrivait : « Au cours de ma vie [...] J’ai nourri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait ensemble en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et que j’espère accomplir. Mais si nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. » C’est en des mots identiques que le jeune politicien gabonais clôt son propos. Ecoutez-le :

Il semble que le gouvernement gabonais interprète notre « Appel à agir » comme une incitation à la violence. Un appel à l’insurrection. Il menace de représailles tous ceux qui exigent la vérité sur la capacité physique et mentale d’Ali Bongo à continuer d’exercer les lourdes fonctions de président de la République, suite à un AVC dont les séquelles apparaissent évidentes. Face à ces menaces, nous posons la question suivante : qui est finalement violent ?

Le violent n’est-il pas celui qui condamne des pères et des mères de familles au chômage organisé et entretenu ? Des pères et des mères qui, chaque jour, doivent supporter le regard de leurs enfants affamés qu’ils ne peuvent pas nourrir, soigner, scolariser pendant que des « délinquants en col blanc » vident les caisses de l’État et s’amusent avec l’argent public.

Le violent n’est-il pas celui qui enferme et confine à l’isolement, au-delà des délais légaux, un jeune homme, Ballack Aubame, parce qu’il correspond, sur Facebook, avec le lieutenant Kelly Ondo Obiang ? Oui, le violent est bien celui qui condamne à cinq ans de prison un citoyen, Frédéric Massavala, pour avoir appelé à une simple marche visant à exprimer son mécontentement sur la situation sociale, économique et politique désastreuse du Gabon.

Le violent n’est-il pas celui qui kidnappe et maintient en prison, sans jugement et pendant plusieurs années, des citoyens courageux qui ont osé braver le pouvoir d’Ali Bongo. Le seul crime de Bertrand Zibi, Landry Amiang, Pascal Oyougou est d’avoir contesté le régime politique actuel. Oui, le violent est bien celui-là qui pousse ses compatriotes à fuir leur pays, les condamne à l’exil, parce qu’ils ont exprimé des idées différentes. Le violent, c’est celui qui interdit son principal adversaire politique de voyager à l’étranger, le prive de son passeport et l’assigne à résidence. Telle est la situation de Jean Ping, vainqueur de l’élection présidentielle de 2016, qu’Ali Bongo a grossièrement volée à la manière d’un gangster.

Le peuple gabonais subit la violence d’un Etat prédateur. Cette violence est systémique. Elle est sociale, politique, économique et déchire le tissu social gabonais. Nous la vivons au quotidien dans notre chair et dans notre âme. Vous, nos parents, nos anciens camarades de classe et de jeux désormais aux commandes, nous la faites subir chaque jour.

La violence systémique orchestrée par l’Etat, donc vous qui le dirigez, condamne des familles entières à un seul repas sommaire par jour. Elle est vécue par les enfants qui apprennent dans des conditions indignes et déshumanisantes. Oui, dans un pays exportateur de pétrole, de manganèse, du bois, de l’uranium, les enfants, avenir du Gabon, apprennent assis par terre dans des salles de classe surchargées.

La violence systémique du régime d’Ali Bongo est vécue par les enseignants et les personnels de santé qui travaillent dans des conditions indignes. Cette violence est exercée par une petite caste, issue pourtant de familles pauvres, qui a réussi grâce à un Etat généreux et refusent aujourd’hui de donner une chance aux nouvelles générations. Comme leurs aînés d’hier, les membres de cette nouvelle caste pillent les ressources communes, « vident le fleuve de son poisson telle une armée de mercenaires  », pour reprendre la phrase du regretté Pierre-Claver Zeng dans une de ses dernières chansons « Me vo » (« Je suis consterné »).

Oui armée de mercenaires ! Venez dans nos bas-quartiers, où vous viviez jadis, pour voir le résultat de votre travail qui réduit nos jeunes frères et sœurs à la prostitution, à la consommation de drogue, à la délinquance de rue communément appelée « braquage ». Oui, cette violence détruit les familles et hypothèque le projet de construction de la nation gabonaise.

Oui, armée de mercenaires ! Venez dans nos villages et dans nos quartiers, qui sont aussi les vôtres, pour voir le résultat de votre violence, visible chaque fois qu’un enfant meurt de paludisme, qu’une femme meurt lors d’un accouchement, qu’un enfant est renvoyé de l’école, parce que les parents n’ont pas les moyens de payer ses frais de scolarité. Oui, nous vous invitons à venir affronter le regard du diplômé sans emploi, du travailleur pris à la gorge par le coût élevé de la vie, dû à une parafiscalité dont les retombées servent à alimenter votre vie de luxe et de paillettes.

Oui armée de mercenaires ! Venez dans nos quartiers et dans nos villages pour voir tous ces destins condamnés sur l’échafaud de votre inconscience, de votre insouciance et de votre égoïsme.

Êtes-vous aussi aveugles pour ne pas voir que l’on n’a pas besoin d’appeler les Gabonais à l’insurrection car votre gestion de l’Etat constitue une malédiction pour notre pays ? Ne comprenez-vous pas que, de Mitzic à Mékambo en passant par Nkembo jusqu’à Paris, la révolte bout pas dans le cœur de chaque Gabonais victime de votre gouvernance catastrophique et immorale ?

Notre appel est une sonnette d’alarme, une invitation à ouvrir les yeux sur la folie qui détruit notre pays et le conduit tout droit vers le précipice. Pour éviter que cela arrive, il faudra commencer par respecter nos institutions. Surtout notre Constitution, la Loi fondamentale, pilier de notre édifice institutionnel. C’est votre choix de vous en servir comme d’une arme de neutralisation du groupe des 10, désormais menacé de prison, voire de mort. Permettez-moi néanmoins de vous donner ce conseil : ouvrez grandement les portes de vos prisons car cette fois, croyez-en notre détermination, nous sommes désormais nombreux à accepter d’y entrer.

« Invictus », écrit par William Henry Henley, était le poème préféré de Nelson Mandela pendant ses années de prison. On y lit ces vers :

Peu importe l’étroitesse du chemin
Peu importe le poids des châtiments
Je reste le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme

Nous reprenons à notre compte cette philosophie. Nous n’aurons plus recours aux avocats pour nous défendre. Nous ne prendrons plus la parole devant vos tribunaux. A l’instar du philosophe stoïque grecque Epictète, nous accepterons désormais vos condamnations le cœur joyeux, l’esprit tranquille. C’est que mourir en vous résistant, le poing levé, la tête haute, le buste droit, apparaît plus sain et plus noble que de subir en silence votre oppression. Là aussi je m’approprie ces vers de l’écrivain noir américain Claude McKay, tirés du poème « Si nous devons mourir » :

Si nous devons mourir, que ce ne soit pas comme des porcs
Qu’on traque et qu’on parque en un lieu sans gloire,
Tandis que, fous de rage et de faim, les chiens alentour
Aboient et raillent notre sort maudit.
Si nous devons mourir, ah mourons noblement.

Ce poème dit notre choix. Nous ne serons plus complices de votre imposture. Telle est notre position.

Chers frères et sœurs, vous haïr serait trahir notre combat et l’idéal que nous nourrissons envers notre pays. Souhaiter votre mort serait une Faute car le Gabon ne peut se construire dans la haine, la vengeance et la peur. Notre projet a pour but d’écrire avec vous les pages d’une histoire nouvelle, de bâtir un pays où ses habitants vivraient dans une relative harmonie régulée par le droit. La violence ne sera jamais notre option. Elle est le terrain de jeu où vous foulez au pied le droit des Gabonais. Nous vous le laissons.

Que la Paix soit avec vous !
Pour le Gabon, Agissons !
Dr Minault ZIMA EBEYARD
Citoyen et Député
Prêt à répondre de mes actes.


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