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Crise post-électorale

Ali Bongo veut désormais amnistier les auteurs des violences post-électorales au Gabon


Société
  • Une des nombreuses victimes de la répression sanglante des autorités gabonaises le 2 septembre 2016 à Libreville © 2017 D.R./Info241
Publié le 14 septembre 2017 à 06h13min

Alors qu’elles ont toujours nié les violences commises contre ses citoyens aux lendemains de la présidentielle d’août 2016, les autorités gabonaises envisagent désormais de promulguer une loi pour amnistier les auteurs de ces violences. C’est ce qu’a révélé hier sans coup férir le Premier ministre d’Ali Bongo, Emmanuel Issoze Ngondet. Cette loi viendrait en effet ôter toute responsabilité aux militaires et autres policiers ayant commis des crimes pour le maintien au pouvoir d’Ali Bongo.

Ali Bongo veut amnistier ses hommes ayant commis des crimes durant les violences post-électorales suite à l’annonce de sa réélection toujours controversée. C’est ce qu’a indiqué hier le Premier ministre à plusieurs journalistes. « Le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, nous a demandé d’envisager une loi d’amnistie qui traiterait au cas par cas certaines situations engageant des personnes qui se seraient rendues coupables » de violences durant la crise post-électorale de 2016, a déclaré Issoze Ngondet.

Tentant d’allumer un contre-feu à d’éventuelles sanctions internationales, le régime de Libreville tente de prendre le taureau par les cornes en envisageant de blanchir les responsables de la Garde républicaine, de la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI) et de la gendarmerie nationale qui auraient usé à volonté de tout moyens à leur portée pour mater les contestations citoyennes de la réélection controversée d’Ali Bongo. En plus de libérer les nombreux citoyens depuis incarcérés certains sans le moindre jugement.

Et pour couronner le tout, le Premier ministre d’Ali Bongo a annoncé qu’une commission nationale sur les violences électorales devrait être mise en place dans les prochains jours. « On n’a pas besoin d’avoir, parallèlement à cet effort national,une initiative venant de la communauté internationale », a pesté Issoze Ngondet qui tente de conjurer d’éventuelles sanctions de la communauté internationale.

Depuis le déclenchement des violences post-électorales, le régime de Libreville avait toujours nié avoir fait des victimes gabonaises dans la répression des contestations des résultats de la présidentielle d’août 2016. Dans la nuit du 31 août, le gouvernement avait autorisé l’attaque à l’arme lourde du QG de l’opposant Jean Ping, faisant des centaines de victimes et de nombreux disparus. Avec ce revirement, il est clair que les autorités gabonaises cachent mal leur désarroi avec les derniers développements de l’actualité et des enquêtes internationales en cours.

Selon nos informations, la manœuvre des autorités gabonaises viserait ainsi à dégager de leurs responsabilités plusieurs sbires du régime dont les généraux Grégoire Kouna (patron de la garde républicaine) et Jean Ekoua (patron de la gendarmerie), Hubert Nganga (patron de la DGR), Frédéric Bongo (directeur général des services spéciaux) mais aussi Vincent de Paul Katoua Soumanga (patron de la DGDI).

Côté opposition, cette mesure permettrait la mise en liberté de plusieurs personnalités toujours emprisonnées depuis un an. Il s’agit notamment de l’ancien député de Minvoul Bertrand Zibi Abegue, de l’activiste Landry Ami Washington et de bien nombres de citoyens qui croupissent dans les prisons gabonaises à travers le pays depuis le déclenchement de cette crise qui perdure toujours.


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