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Conspirations politiques

Ali Bongo envoie ses chevaux de Troie au Centre gabonais des élections


Analyse
  • Ali Bongo envoie ses chevaux de Troie au Centre gabonais des élections © 2018 D.R./Info241
Publié le 20 avril 2018 à 14h01min

On le sait, l’impartialité du président du CGE sera capitale pour les futures échéances électorales. Selon les opposants gabonais, Ali Bongo via son ministre de l’Intérieur, se serait assuré de placer des chevaux de Troie parmi les représentants de l’opposition au sein des instances préliminaires du CGE pour en avoir le total contrôle. Cette opération permettra ainsi à Ali Bongo et ses alliés d’avoir le dessus dans la toute nouvelle instance électorale censée être gouvernée par une parité parfaite entre majorité opposition.

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On connait depuis hier, les noms des personnalités "favorables" à la majorité qui écumeront non seulement la commission ad hoc (8 membres) chargée d’analyser es candidatures et le collège spécial (10 membres) chargé d’élire le président du CGE. Selon la conférence de presse tenue hier par l’opposition, le ministère de l’Intérieur a profité de la confusion existant entre 4 groupes de l’opposition, de procéder lui-même aux choix des représentants de ce bord politique polymorphe.

Deux faux "opposants" démaqués

Il s’agit de Norbert Ngoua Mezui de Démocratie Nouvelle (DN, opposition modérée) de l’actuel président du Conseil économique et social, Réné Ndémezo’o Obiang. Ngoua Mezui qui n’a aucunement la sympathie de ses pairs, permettra ainsi au régime d’Ali Bongo de faire pencher la balance du coté de la majorité en fonction de leurs intérêts et des travaux de la Commission ad hoc du CGE dont il a été fait membre lundi.

Norbert Ngoua Mezui (DN), l’un des chevaux de Troie présumés d’Ali Bongo au CGE

Le second cheval de Troie "démasqué" est Dosithée Moussavou du Parti pour le développement et la solidarité sociale (PDS, opposition modérée) dont le président n’est autre que Séraphin Ndaot Rembogo qui a fier soutenu Ali Bongo durant la présidentielle controversée d’août 2016. Ainsi, grâce à la précieuse voix de Dosithée Moussavou, la majorité est certaine de se choisir aisément le futur président du CGE lors du scrutin que convoquera la Commission ad hoc.

Matha démontre sa partialité orientée

Le dessous de table du membre du gouvernement gabonais est si gros que l’on ne comprend toujours pas pourquoi il a décidé d’uniquement privilégié dans ce litige, les candidatures issues du PDS et de DN. Ce, alors que deux autres groupes de l’opposition de même importance numérique se disputaient dans cette affaire. Un parti pris qui permet au ministre de l’Intérieur d’aider le Vice-Président Maganga Moussavou et ses camarades opposants modérés de conserver leur influence profitable dans la mise en place finale du CGE.

Rappelons que le ministre de l’Intérieur avait en effet reçu dans le cadre de cette nébuleuse "liste unique" des représentants de l’opposition, 4 les listes indépendantes provenant des 48 partis légalement reconnus se réclamant de l’opposition. Il s’agit des partis et regroupements politiques suivants :
- du bloc de l’opposition : l’UPNR de Louis Gaston Mayila, de l’ARENA de Joseph Nambo et du parti des sept merveille du Gabon (7MP)
- bloc de l’Union du peuple gabonais (UPG) de Mathieu Mboumba Nziengui
- bloc de l’opposition « démocratique et républicaine » : Parti social démocrate (PSD) du Vice-président Pierre-Claver Maganga Moussavou, de Démocratie nouvelle (DN) du président du Conseil économique et social Réné Ndemezo’o Obiang et du Parti pour le développement et la solidarité (PDS) de Séraphin Ndaot Rembogo du Conseil national de la démocratie (CND).

En ne choisissant que les cadres issus du dernier regroupement cité, Lambert-Noel Matha a clairement choisi "ses opposants" favorables. Ceux qui ont juré fidélité à Ali Bongo et obtenu de lui des fonctions juteuses dans l’administration publique. Avec une telle configuration biaisée par avance, il est clair que l’élection du président du CGE ne sera qu’une formalité pour Ali Bongo et ses alliés. Des signes avant-coureur de l’ambiance qui prévalera au sein du CGE, appelés à organiser et à trancher les différends qui s’annoncent nombreux dans l’organisation des futures législatives, repoussées à deux reprises depuis décembre 2016.


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