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Nomination politique

Maganga Moussavou, vice-président d’Ali Bongo ou l’art de la trahison politique au Gabon


Analyse
  • Maganga Moussavou, vice-président d’Ali Bongo ou l’art de la trahison politique au Gabon © 2017 D.R./Info241
Publié le 22 août 2017 à 19h03min

Les convictions politiques au Gabon ne semblent être que chimères et poudre d’illusion. L’ancien maire ’’opposant’’ de Mouila, Pierre-Claver Maganga Moussavou, président du parti familial PSD, est l’incarnation d’une girouette politique qui consacre la trahison comme règle d’or pour des postes honorifiques vaniteux dans le pays. A quel titre et pour quelles fins ? Le tristement célèbre nommé vice-président d’Ali Bongo est rentré dans les annales de l’histoire politique avec marqué au fer, les revirements, la déloyauté et l’infidélité déshonorants comme mode d’expression et d’actions à l’accession d’un pouvoir honorifique éphémère.

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« Je ne veux pas être nommé Vice-président de la République » avait déclaré dimanche 20 juillet 2014 sur les antennes de la radio nationale gabonaise, Pierre Claver Maganga Moussavou tentant ainsi de démentir une rumeur à ce sujet. Dès lors, le décret présidentiel n°249 pris par le président controversé Ali Bongo sera éternellement imprégné par un simulacre insultant pour la morale politique gabonaise. C’est cette nomination qui fait d’un personnage politique déchanté, un vice-président de la République. Quoi d’étonnant pour celui qui a été élu maire de Mouila face au candidat PDG avec l’aide et des tractations du palais du Bord de mer. Sous le couvert des agissements odieux et peu orthodoxes de la Cour Constitutionnelle dirigée par la magistrate corrompue, Marie Madeleine Mbourantsuo.

Une émission de période électorale où Maganga Moussavou disait haut tout le bien qu’il pensait d’Ali Bongo et de sa gouvernance

Les revirements et trahisons des convictions politiques de Maganga Moussavou sont légion en terre gabonaise. D’aucuns analystes politiques affirment que c’est sa marque de fabrique et son mode opératoire. Ce président d’un parti à coloration familiale de la majorité présidentielle (PSD) fut plusieurs fois ministres d’Omar Bongo. Bien qu’il a été révélé au grand public pour avoir claqué le gouvernement du dictateur Omar, fondateur du système despotique Bongo-PDG au pouvoir depuis 1968. Le très critiqué natif de Mouila est reconnu pour ses vacillements incessants et pour ses piètres scores à chaque élection présidentielle depuis 1993. D’ailleurs, il monnaya à chaque fois ses scores de 0.003% pour son entrée ou celui d’un membre de sa famille au gouvernement.

Et malencontreusement les tares politiques du père Maganga Moussavou ont entrainé sa très valeureuse épouse Dame Albertine Maganga Moussavou et son compétent fils Biendi Maganga Moussavou dans cette tragédie politique médiatique devenue familiale. En faisant de sa famille, l’une des plus médiatiquement corrompues du Gabon. Quelle tristesse historiquement reconnue pour un clan familial pourtant respecté et envié dans la localité de Mouila et dans la province de la Ngounié. Maganga Moussavou est un qualifié maire, un travailleur acharné, un chef d’entreprise de renom. Un homme politique qui véhiculait des convictions et un programme politique original de la provincialisation et de la déconcentration des missions régaliennes de l’Etat. Ce, en donnant les moyens financiers nécessaires aux responsables des collectivités locales . Mais aujourd’hui il figure dans le panthéon des traites politiques made in Gabon.

Il faut rappeler qu’alors que les résultats de la présidentielle gabonaise du 27 août 2016, n’eurent toujours pas étés communiqués par la commission électorale par la voix du ministre de l’Intérieur, Pierre Claver Maganga Moussavou (PCM), candidat en lice à ce scrutin, avait reconnu, la victoire de Jean Ping. Dans un message posté par le candidat sur sa page Facebook dans la nuit du 28 août, il avait reconnu sa défaite, le candidat avait indiqué ce qui suit : «  Il est clair que Jean Ping a obtenu sans équivoque la majorité des suffrages du peuple gabonais qui tenait à l’alternance à la tête de l’Etat". Et d’ajouter : "Aussi je félicite l’Elu de la nation et lui souhaite plein succès dans sa nouvelle mission d’assurer la cohésion, le bonheur et la prospérité de l’entièreté du peuple gabonais !  ».

On se souvient que lors de la campagne présidentielle, Maganga Moussavou traitait avec des mots durs de chroniquement incompétent son nouveau « roi paresseux » et d’une erreur de l’histoire l’accession au pouvoir d’Ali Bongo en 2009. En pseudo-démocrate, le président éternel du PSD avait tout de même été en phase avec les résultats réels des urnes ainsi que sur le choix du peuple qui s’est porté sans ambages sur le candidat Jean Ping. Aujourd’hui, Pierre Claver Maganga Moussavou en acceptant de se faire nommer vice-président, par un dictateur est devenu un troubadour du dialogue machiavélique et du feu de paille présidentiel d’Ali Bongo. Ce dernier pour qui il dénonçait sa mauvaise gouvernance du pays, ses pillages abusifs des deniers publics et qui de surcroit qu’il a osé tué son peuple pour avoir exprimé librement son choix démocratique.


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