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Gestion de l’Etat

La Cour des comptes relève de graves manquements dans la gestion du budget du Gabon


Economie
  • Le président de la Cour des comptes souriant à la remise du rapport au Premier ministre © 2019 D.R./Info241
Publié le 7 mars 2019 à 08h58min

En l’absence d’Ali Bongo, toujours en exil médical au Maroc, les membres de la Cour des comptes ont remis hier à Libreville, leur rapport sur l’exécution du budget 2017 du Gabon au Premier ministre, puis aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Autant dire que les nouvelles ne sont pas bonnes. La Cour a relevé de graves manquements et des carences dans la gestion et l’exécution du budget de l’Etat avant de proposer simplement des correctifs.

En l’absence d’un parlement bicaméral qui contrôle réellement l’action du gouvernement et ses failles, la Cour des comptes s’est livrée à cet exercice dans un rapport remis ce mercredi 6 mars aux autorités politiques gabonaises. Comme de coutume, aucune suite n’est enclenchée contre les observations relevées. Au contraire, la Cour a fait des recommandations pour améliorer ces nombreux manquements à l’orthodoxie financière de l’argent public par l’executif.

Les membres de la Cour des comptes, hier à l’Assemblée nationale

Parmi les manquements et carences dénoncé par la Cour des comptes, on note "le caractère irréaliste des prévisions des ressources et des charges ; l’absence d’évaluation des dépenses fiscales par la direction générale des impôts ; l’importance du poids de la dette ; les difficultés à procéder à l’évaluation de performance des programmes du fait de la non-production des projets annuels de performance ; ainsi que la transmission tardive des documents nécessaires au contrôle", conclut le rapport.

Lequel rapport intitulé "Rapport sur l’exécution des Lois de finances, en vue du règlement du budget de l’exercice 2017" a notamment signalé que le budget 2017 du Gabon a été déficitaire de la bagatelle somme de 90,67 milliards de nos francs. Autant d’errements financiers financiers dénoncé dans ce rapport qui inspecte tour à tour : l’exécution budgétaire, l’exécution des grandes composantes du budget de l’Etat ; l’exécution des dotations de la mission ’’pouvoirs publics’’, l’exécution des comptes d’affectation spéciale et l’évaluation des programmes.

La Cour des comptes aux cotés des membres du gouvernement

Le nouveau Premier ministre gabonais depuis le 12 janvier, Julien Nkoghe Bekale, a pour sa part fait cette promesse aux magistrats rendant compte du contrôle financier exercé sur la gestion de son prédécesseur Emmanuel Issoze Ngondet : « nous prenons l’engagement ici et maintenant. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir, nous respecterons les dispositions constitutionnelles, législatives et réglementaires en matière d’élaboration et d’exécution des lois de finances ».

Certainement pour s’éviter d’être épinglé à son tour, Nkoghe Bekalé a invité la haute juridiction financière à "travailler en symbiose avec le gouvernement, malgré le principe de la séparation des pouvoirs.". Voilà qui en dit long sur les ambitions et la vision de la gestion de l’argent du contribuable gabonais pour ce nouveau Premier ministre.

Rappelons que la Cour des comptes dirigée par son premier président Gilbert Ngoulakia, un membre de la famille présidentielle au pouvoir, a toujours dénoncé les nombreux errements financiers du pouvoir exécutif sans plus. Aucune enquête parlementaire n’a cependant été diligentée par les deux chambres parlementaires pour faire la lumière sur ces faits encore moins pour situer les responsabilités. Ainsi va la santé financière du Gabon.


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