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Voeux à la Nation

Discours : Jean Ping déterminé, Ali Bongo sort sa énième carte d’artifices


L’édito de l’info
  • Discours : Jean Ping déterminé, Ali Bongo sort sa énième carte d’artifices © 2017 D.R./Info241
Publié le 2 janvier 2017 à 13h56min

La crise politique post-électorale a été au cœur des discours à la nation des deux rivaux de la dernière élection présidentielle gabonaise du 27 août : Ali Bongo et Jean Ping. Ce dernier, déterminé revendique toujours sa victoire, et tient à se présenter comme le véritable "Président élu" de la République Gabonaise. Quant à Ali Bongo Ondimba, il sort à nouveau ses artifices et ses pommades de projets affabulateurs. En estimant que le Peuple Gabonais doit faire montre de responsabilité, pour lui la Coupe d’Afrique des Nations de football, organisée en pleine crise généralisée, et le dialogue politique qu’il fomente depuis plusieurs mois, consolideront les liens de fraternité entre les Gabonais. Quid d’un déni de la réalité du siècle !

Dans son discours à la nation du 31 décembre dernier à la veille de la Saint Sylvestre, qu’il a voulu solennel, en vue d’exprimer ses vœux à la Nation, Jean Ping, "Président élu" de la République gabonaise s’est exprimé en ces termes : ’’En vous présentant mes vœux pour la nouvelle année, c’est un message de confiance et de détermination que j’adresse aux Gabonaises et aux Gabonais, où qu’ils se trouvent dans le monde. Je mesure avec gravité la crise sans précèdent que traverse notre pays, particulièrement depuis le coup d’État militaro-électoral qui a offert le spectacle de la forme la plus achevée de la cruauté humaine devant la Nation et le monde entier. Il reste à l’histoire de les juger.’’

Avant d’ajouter : ’’J’ai une pensée singulière ce soir pour nos martyres, pour leurs familles plongées dans le chagrin, et pour les blessés atteints dans leur chair. J’ai une pensée personnelle pour les otages de ce régime qui sont toujours arbitrairement maintenus en détention. À la faveur de l’élection présidentielle du 27 août 2016, le peuple gabonais avaient à choisir entre la poursuite d’une aventure qui avait plus que montré ses limites et le projet politique alternatif que leur présentait l’opposition, unie comme jamais dans son histoire. Le choix des électeurs a été clair et ne souffre désormais d’aucune contestation."

La détermination de Jean Ping à reconquérir le pouvoir présidentiel au Gabon

Selon Jean Ping, candidat du consensus de l’opposition gabonaise à l’élection présidentielle du 27 août dernier : ’’Mon élection à la présidence de la République est connue de tous les Gabonais et certifiée par la Communauté internationale à travers le rapport public de la Mission d’observation des élections de l’Union européenne. Je renouvelle mes plus sincères remerciements au peuple Gabonais pour sa confiance et mesure avec gravité la responsabilité historique qui est désormais la mienne. Je suis définitivement déterminé à me hisser au niveau d’exigence qu’emporte cette responsabilité pour sortir notre pays de l’obscurantisme et l’inscrire dans la modernité. C’est le sens de mon engagement pour le Gabon, au service de chaque Gabonaise et de chaque Gabonais.’’

Pour l’ancien Président de la Commission de l’Union Africaine, " Cette victoire de l’alternance, nous la devons à la détermination du peuple gabonais. C’est le lieu de rendre hommage à toutes celles et ceux qui se sont mobilisés sans compter pour rendre possible cette alternance. Je pense aux femmes, je pense aux jeunes et je pense aux Gabonais de la diaspora. Je voudrais rendre un hommage particulier à nos compatriotes les plus humbles qui n’ont pas hésité́ à sacrifier le peu qu’ils ont pour offrir à notre pays l’alternance, donc la démocratie, l’État de droit et le respect des droits de l’Homme. Le coup d’État militaro électoral a privé notre pays d’une alternance pacifique normale et contraint le peuple gabonais à la résistance pour recouvrer sa souveraineté."

En effet, a martelé le natif d’Omboué, " dès le 31 août 2016, en même temps qu’ils rejetaient l’imposture, les Gabonais ont décidé, au prix de leur vie, de s’opposer à la poursuite de l’aventure d’un pouvoir corrompu, criminel et incapable qui, depuis un demi-siècle s’impose à notre pays par le fer, le feu et le sang. La détermination à la résistance a été définitivement adoptée par le peuple gabonais lors du Dialogue nationale pour l’alternance ce mois de décembre 2016. En effet, réunis du 19 au 23 décembre 2016 au complexe le Noé Palace, le Peuple Gabonais, appelé à se déterminer sur son destin lors du dialogue national pour l’alternance, a pris la résolution de rentrer en résistance pour récupérer sa souveraineté clairement exprimée dans les urnes."

S’appropriant le discours du Président américain, Barack Obama, Jean Ping a rappelé le discours fort symbolique que le locataire de la maison blanche a prononcé le 11 juillet 2009 à Accra, en s’adressant aux peuples d’Afrique : “L’histoire prononce un verdict clair : les gouvernements qui respectent la volonté de leur peuple, qui gouvernent par le consentement et non par la coercition, sont plus prospères, plus stables et plus florissants que ceux qui ne le font pas.”

L’appel à la Résistance

Tout en réactualisant le son de cloche du dernier sommet extraordinaire des Chefs d’État de la CÉMAC, qui s’est tenu à Yaoundé le 23 décembre 2016, Jean Ping a indiqué que ce rendez-vous économique de la sous-région de l’Afrique central, " a rappelé à ceux qui en doutaient encore le lien étroit qui existe entre la démocratie, l’État de droit, le développement économique et la prospérité des Nations. Le développement économique du Gabon, qui doit se traduire par l’amélioration significative de la condition individuelle de chaque Gabonaise et de chaque Gabonais, est possible. Il est possible parce que notre pays dispose du potentiel humain et naturel pour y parvenir."

Pour Jean Ping, candidat plébiscité dans les urnes, mais dont toutes les institutions dites républicaines ont déjoué le choix souverain du Peuple Gabonais lors de la dernière élection présidentielle : ’’ Il sera rendu possible si les gouvernants font le choix du respect de la volonté du peuple souverain, le choix de l’éthique dans la gestion publique, le choix de la transparence dans la gestion publique, le choix d’une gouvernance économique moderne. Au cours de cette année 2017 qui va commencer, la résistance à l’obscurantisme et à la dictature doit constituer notre priorité. Comme jamais, l’avenir du Gabon se jouera en 2017. J’invite solennellement, et avec gravité, les élites de notre pays à nous rejoindre encore plus nombreuses dans ce combat dans lequel nos compatriotes les plus humbles ont apporté une contribution exemplaire."

Avant de lancer un appel à toutes les forces vives de la nation notamment les hauts cadres du Gabon : ’’ Je lance un appel aux hauts cadres de notre pays. C’est ensemble, les uns aux côtés des autres, que nous libérerons notre pays. Vous ne pouvez pas laisser ce pays qui vous a tant donné sombrer dans une médiocrité coupable qui menace jusqu’à son existence. Quelle image des élites gabonaises voulons-nous donner à notre pays et au monde dans les années qui viennent ?Continuerons-nous à regarder, les bras croisés, la déliquescence de notre patrie en danger du fait de la spirale de corruption et de l’autoritarisme qui l’étouffent ?’’. Tout en martelant ce qui suit : ’’ L’expérience des sept dernières années doit suffire à vous convaincre des limites du confort personnel. Regardez autour de vous. Notre pays se meurt. Si rien n’est entrepris, si nous ne nous engageons pas tous ensemble pour libérer notre pays, rien ni personne ne viendra le faire à notre place et aucun de nous ne sera épargné."

Avant de s’adresser à nos compatriotes des forces armées et de sécurité : ’’ Jusqu’à quand accepterez-vous les manipulations dont vous êtes l’objet ? La mission que le pouvoir en place vous impose est curieusement « la lutte contre les faibles », c’est-à-dire les civils désarmés et contre les victimes de la terreur du régime, pendant que les vrais coupables courent et continuent à s’en prendre impunément aux vies des gabonaises et des Gabonais, à leurs biens ; si vous continuez à agir ainsi, vous contribuez même involontairement à affaiblir notre République et la société Gabonaise.

"Je vous demande, en tant que votre prochain chef suprême, de revenir à votre noble mission constitutionnelle qui est de protéger les vies et les biens des Gabonais ainsi que les intérêts du Gabon et de porter assistance aux faibles et à tous ceux qui en ont besoin. En 2016, nous avons fait le choix de l’alternance démocratique à travers notre vote du 27 août. En 2017, nous allons, avec la même détermination faire le choix de la libération de notre pays, le Gabon.", a déclaré Jean Ping.

Le chef de file de l’opposition gabonaise a conclu son discours musclé par un rappel d’un devoir de mémoire : ’’Au moment où vous allez célébrer au milieu des vôtres la survenance de cette nouvelle année, ayons tous une pensée pour ces plus de 700 familles brutalisées et privées d’un foyer à Angondjé, à Bikélé. Elles symbolisent ce soir l’absurdité et l’ignominie de ce pouvoir illégitime et illégal. J’implore les mânes de nos ancêtres et le Très Haut pour que ce beau pays que nous aimons tant retrouve le chemin de la vérité, de l’unité, de la prospérité et de la concorde pour tous ses enfants. Bonne et Heureuse année2017. Que Dieu bénisse le Gabon. Je vous remercie."

Ali Bongo Ondimba : génie des artifices distrayants en situation de crise

Après avoir bafoué ostentatoirement la souveraineté nationale, lors de la dernière élection présidentielle du 27 août dernier, Ali Bongo Ondimba ’’voudrais ainsi placer l’année 2017 sous le sceau de la Consolidation’’. Selon le dictateur gabonais, il faut, ’’ Consolider le lien social si durement attaqué par la rancune, l’invective, la haine et la calomnie. Consolider également la solidarité nationale mise à rude épreuve par l’égoïsme, l’égocentrisme et le tribalisme.’’

Celui qui a bafoué l’honneur et la dignité des gabonais a osé s’exprimé en ces termes : ’’En effet, plutôt que de penser « Gabon d’abord », certains compatriotes, à des niveaux d’éducation et de responsabilité parfois très élevés, continuent de penser « moi d’abord », ma famille, mon ethnie sans jamais penser au Gabon. Ces comportements antipatriotiques doivent être dénoncés, condamnés et réprimés, car leur persistance met à mal la solidarité nationale. Il nous faut ensuite consolider notre pluralisme par le dialogue et l’inclusion.’’

C’est pourquoi, a-t-il indiqué en tentant d’oublier la barbarie du 31 août dernier exécutée par sa milice et des forces de l’ordre aux ordres : ’’ pour nos familles et pour notre pays, faisons le choix de la concorde et rejetons la discorde. Faisons le choix du respect de l’autre et de l’amour fraternel et rejetons la haine et la violence. En effet, nulle part au monde, la violence n’a accouché d’un paradis. Elle ne peut donc être un mode de règlement des différends sociaux et politiques.’’

Soudainement pour le véritable candidat malheureux à la dernière élection présidentielle qui a refusé sans dignité, en tuant les révoltés pacifiques, le choix démocratique du Peuple Gabonais : ’’Il nous faut donc consolider notre Démocratie qui doit être plus en phase avec nos réalités, notre environnement, notre sociologie et nos valeurs traditionnelles profondes. Cela passe notamment par l’amélioration de notre système électoral qui comporte, en effet, trop de risques de divisions et d’affrontements, et dont il nous faut absolument sortir." De quelle démocratie parle-t-on ? Dans un pays où le suffrage universel compte pour du beurre.

Pour le candidat battu à plate couture le 27 août dernier, mais qui s’accroche comme ses pairs dictateurs africains par la force des armes et des lobbys de la Franceafrique en complicité avec les responsables des institutions garantes de la démocratie républicaine en terre gabonaise : ’’ Il nous faut également consolider notre système institutionnel, car, héritées de la Conférence nationale et des Accords de Paris et d’Arambo, certaines institutions méritent des évolutions et des adaptations aux nouvelles réalités de notre pays. Il nous faudra enfin consolider notre économie pour la rendre plus robuste et plus compétitive, et par là même, assurer notre indépendance."

La CAN et le dialogue national de la honte les artifices affabulateurs d’Ali Bongo

Dans un pays en crise politique, sociale et économique généralisée, Ali Bongo Ondimba en fin calculateur machiavélique nous sort le divertissement et les combines politiques ignobles : ’’ Au moment où notre pays s’apprête à accueillir l’Afrique à travers l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations, je voudrais rappeler que cet honneur nous impose le devoir d’accueillir nos hôtes en manifestant notre traditionnelle hospitalité, pour que ces moments soient des occasions de joie, de cohésion et de bonheur partagés."

Selon Ali Bongo, dans un pays où le taux de redoublement est au paroxysme et dont le Gabon occupe la première place au monde, avec un taux de chômage de plus de 35% chez les jeunes qui constituent plus de 60% de la population gabonaise : ’’ Au-delà de la dimension festive, il convient de souligner que cette CAN aura aussi permis aux villes qui abriteront la compétition de se doter d’infrastructures modernes. Notre équipe nationale, les Panthères du Gabon, portera et défendra les couleurs de notre pays. A ces jeunes qui démontrent chaque jour que la compétition exige sacrifice, effort et constance dans le travail, nous devons apporter tout notre soutien." A quand une politique réelle de l’emploi ? L’élaboration d’une véritable politique publique de l’éducation, de l’enseignement supérieur, professionnel et de la recherche, la construction et la rénovation des infrastructures scolaires et universitaires ne sont-t-elles pas plus urgentes ?

L’irrévérence au sommet de l’Etat : Ali Bongo en héraut de la Responsabilité

Selon l’usurpateur de la dernière élection présidentielle qui a été marqué par de nombreux morts civils, des citoyens pacifiques voulant revendiquer le respect librement exprimé des urnes, faisant action d’une irresponsabilité criarde ose prêcher pour que la responsabilité soit de mise au Gabon. Ali Bongo Ondimba a scandé en ces termes : ’’Oui, mes chers compatriotes, je voudrais appeler chacun à plus de responsabilité en cette année nouvelle. Responsabilité de faire correctement le travail pour lequel on reçoit une rémunération. D’autres, nombreux, aimeraient être à notre place." De qui se moque t-on ?

Le chantre de l’enrichissement illicite et de la corruption organisée via Delta Synergie, et bien d’autres réseaux mafieux entretenus par sa fameuse légion étrangère, il faut désormais pour les gabonais avoir : ’’Responsabilité de rendre compte de son action et d’assumer l’entièreté des actes que l’on pose. Ceci concerne autant l’infirmier que le médecin, l’instituteur que le proviseur, le planton que le directeur général d’administration ou le Ministre. En effet, la reddition des comptes est une nécessité absolue de l’action publique, et j’y veillerai."

Ainsi, pour celui qui a entretenu durant 7 ans l’inefficacité gouvernementale, la politique des maquettes, des détournements massifs des deniers publics, de l’illisibilité de l’action des administrations publiques au profit du divertissement et des gâteries de foras médiatiques à ciel ouvert : ’’ Accéder aux responsabilités ou assumer une responsabilité ne doit pas comporter que des avantages, encore moins des avantages indus. Quoi qu’il nous en coûte, l’heure est plus que jamais à la fin des privilèges. Chacun doit pleinement avoir conscience d’assumer les contraintes liées aux professions qu’il a choisies ou aux fonctions qu’il a librement acceptées."

Un discours à la nation d’Ali Bongo Ondimba où les Gabonais et Gabonaises peuvent faire amplement leurs emplettes des artifices illusionnistes pour la nouvelle année 2017 qui s’annonce déjà dans une paralysie totale à travers une crise de confiance au Sommet de l’Etat. Un autre discours de la nation celui de Jean Ping empli de bonnes intentions de détermination à faire respecter le choix démocratique du Peuple Gabonais. Mais à quand des actes forts de défiance nationale et de résistance organisée ? A quand la mise en opération du fameux plan b ? A quand le réalisme du "désormais tout peut être envisagé’’, récemment ressassé lors de la clôture du dialogue national de l’opposition gabonaise ? Affaire à suivre !


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