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Front social

144 employés gabonais menacés de licenciement économique dans le Haut-Ogooué


Société
  • Les employés et la direction de l’entreprise ici en 2013, célébrant la fête nationale © 2017 D.R./Info241
Publié le 23 novembre 2017 à 11h16min

Sale temps pour les employés de Ressources Golden Gram Gabon (REG). L’entreprise filiale de la société minière marocaine Managem, a annoncé qu’elle allait licencier 144 de ses employés, tous de nationalité gabonaise. La crise économique que traverse le Gabon depuis quelques années, est l’unique motif évoqué par M. Jean Inchauspe, Directeur des activités du Gabon de cette entreprise spécialisée dans l’extraction d’or, dans son rapport économique présenté aux employés.

Pour la Confédération Syndicale du Gabon (COSYGA), saisie par les employés de REG, et qui a tenu une conférence de presse, vendredi dernier à son siège de Libreville, ce motif serait infondé. En effet, explique le secrétaire confédéral, Sanisse Mindoumbi, l’entreprise REG spécialisée dans l’extraction de l’or de la mine de Bakoudou sise à Bakoumba, n’a pas de problème d’argent qui pourrait justifier un licenciement d’ordre économique.

« Après analyse du rapport économique présenté par l’employeur aux salariés, il en ressort que l’exploitation de cette Mine d’or de Bakoudou a été planifiée sur une durée de quatre (4) ans et a produit 4200 kg d’or. Le gisement étant arrivé à terme, REG n’a pas de choix que de fermer le site avec la possibilité de réinvestir énormément d’argent dans la recherche d’un nouveau site. Ainsi, cette entreprise jouit d’une bonne santé financière. Elle ferme donc ses portes pour fin d’exploitation du gisement d’or de Bakoudou », a fait savoir M. Mindoumbi.

Il faut savoir que la filiale marocaine est présente au Gabon depuis 2010. La mine d’or de Bakoudou qui emploie 400 personnes, a généré une production de 1245 kilogrammes d’or en 2016, soit une multiplication par 41 du niveau de production de 2009. D’où les doutes de la COSYGA et des employés sur le mobile de licenciement économique évoqué par la direction de l’entreprise.

« Il est donc évident, poursuit-il, que le présent licenciement qualifié de licenciement économique par le Directeur des activités du Gabon de REG, M. Jean Inchauspe, a été proposé sur la base d’une analyse erronée de la règle de droit en la matière ».

C’est donc fort de ce constat, poursuit Sanisse Mindoumbi, que les 144 employés de REG, ont sollicité la représentation de la COSYGA aux fins de discuter avec l’employeur sur les conditions de leur licenciement. Une démarche qui a été rejetée par M. Jean Inchauspe, en complicité, soutient-il, avec l’inspecteur départemental de la Lébombi Léyou, M. Joël Assoumou Eyi.

« Jusqu’à ce jour, il n’y a donc pas eu de concertation entre les parties. Aucun procès verbal n’a été signé par l’employeur et les 144 travailleurs. Ce qui du point de vue du Code du travail en son article 59, ne peut autoriser l’Inspection du travail à ordonner le licenciement de ces agents », a renchéri le secrétaire confédéral de la COSYGA.

Or, apprend-on, le directeur provincial du travail du Haut-Ogooué et l’inspecteur départemental de la Lébombi Léyou, auraient ordonné le licenciement de ces 144 employés, au mépris de l’article 59 du Code du travail.

Le ministre du Travail, qui a été saisie par la COSYGA le 03 novembre dernier, devrait réagir au plus vite, au risque de voir des pères et mères de familles licenciés abusivement par le Directeur des activités du Gabon, et sans jouir pleinement de leurs droits. Affaire à suivre !

Avec AGP et Ecofin


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