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Un jeune activiste arrêté « illégalement » par les services spéciaux de la Présidence gabonaise

Un jeune activiste arrêté « illégalement » par les services spéciaux de la Présidence gabonaise
Un jeune activiste arrêté « illégalement » par les services spéciaux de la Présidence gabonaise © 2016 D.R./Info241

Le jeune activiste Jeff Blampain, très connu pour sa critique acerbe du bilan présidentiel, membre du Mouvement des Jeunes de l’Union du Peuple Gabonais (MJU), a été arrêté selon son président Jean De Dieu Moukagni Iwangou, vendredi 27 mai à Libreville, par les services spéciaux de la Présidence de la République. Face à plusieurs irrégularités, le président de l’UPG a décidé d’ester devant les tribunaux européens, plusieurs autorités gabonaises dont le président Ali Bongo et son ministre de l’Intérieur, Pacôme Moubelet Boubeya.

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Interrogée par Info241, la juriste gabonaise, Elza Ritchuelle Boukandou, présidente du Mouvement des Jeunes de l’Union du Peuple Gabonais (MJU) a exprimé son désarroi : «  L’affaire Blampain ne suscite en moi que colère et indignation. Non pas seulement parce que je suis présidente du mouvement des jeunes upegistes, mouvement auquel il appartient, mais aussi et surtout parce que je suis citoyenne gabonaise. Cette affaire est la preuve que le Gabon n’est pas un État. Car dans un Etat de droit lorsqu’on commet une infraction, quelque soit sa gravité, on est mis entre les mains de la justice qui doit nous garantir le respect de nos droits fondamentaux. Notamment le droit de se faire assister d’un avocat. »

Par conséquent, a expliqué Mlle Boukandou, « le Procureur de la République qui est le maître des poursuites doit être à même de renseigner l’avocat sur le lieu de privation de liberté de son client. Or ce n’est pas le cas dans l’affaire Blampain. Affaire dans laquelle le procureur dit à l’avocat : votre client est à la PJ. L’avocat y va, son client n’y est pas. Où est passé Blampain ? Nous concluons qu’il a été victime d’un enlèvement d’entre les mains de la justice qui est sensée protéger les justiciables ! C’est alarmant. Ce que vit Jeff, devrait donc tous nous interpeller et nous conduire à une indignation républicaine. »

La présidente du MJU a conclu son indignation en martelant que : « cet énième cas d’arrestation arbitraire et d’une privation des libertés publiques en terre gabonaise est aussi la preuve supplémentaire que le Gabon est loin d’être une démocratie. Sinon comment comprendre que Blampain soit arrêté parce qu’il lutte en toute citoyenneté pour le changement de régime. Car c’est là, son seul crime. C’est la raison de son enlèvement. Mais au MJU nous disons : ils ont beau nous intimider par des arrestations et des emprisonnements illégaux, la résistance doit s’imposer. En plus c’est flagrant : la fin de ce système est proche. L’affaire Blampain n’en est qu’un des signes avant-coureurs. »

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Les conditions d’une arrestation commandos aux contours sombres

Dans une déclaration rendue publique devant un parterre des journalistes nationaux et internationaux, Jean De Dieu Moukagni Iwangou, président de l’aille dite loyaliste de l’Union du Peuple Gabonais (UPG) a tenu à éclairer l’opinion publique gabonaise qui selon le magistrat hors hiérarchie « porte une question sur la vie d’un homme. La vie d’un jeune jeune gabonais. La vie de Jeff Blampain, militant de l’Union du Peuple Gabonais (UPG), membre du Mouvement des Jeunes Upégistes (MJU). »

Rappelant les circonstances de son arrestation, M. Moukagni Iwangou a expliqué ce qui suit : « il a été interpellé à son domicile par les services spéciaux de la Présidence de la République, le vendredi 27 mai 2016 aux environs de vingt heures. Autour de cinq heures du matin, il a réussi à échapper à la vigilance de ses ravisseurs, pour se placer sous la protection de la loi, en allant se réfugier au Commissariat de Nzeng Ayong, dans le 6e arrondissement de Libreville. »

Tout en faisant remarquer, « Mal lui avait pris, car, c’est le Commissariat de Nzeng Ayong, qui l’a définitivement livré aux mêmes services spéciaux, qui s’étaient lancés à sa recherche. Depuis une semaine jour pour jour, Jeff Blampain est entre les mains des services spéciaux de la Présidence de la République, livré à la merci quotidienne des milices du Pouvoir. »

Les lois en vigueur au Gabon exigent que les services chargés de la sécurité publique doivent détenir un mandat d’arrêt indiquant le motif et signé du procureur de la République afin de pouvoir procéder à une quelconque arrestation. Mais dans cette affaire aux consonances politiques qui semble préoccupée au plus haut niveau le Présidence de la République gabonais, toutes les précautions de présomption innocence ne sont pas respectées. En effet, M. Moukagni Iwangou nous apprend dans son adresse que c’est le directeur général des services spéciaux du palais du Bord de mer, le lieutenant colonel Luc Hervé Lingoumbi Ndounou qui tire les manettes.

La déclaration publique du président du parti de l’opposition dont est issu le jeune activiste détenu laisse présager un flou effroyable sur les contours de son arrestation. On y apprend que l’avocat commis par M. Moukagni-Iwangou, Maître Zassi Mikala qui est allé au contact de M. Hervé Essame Ndong, Procureur de la République pour s’enquérir du lieu d’incarcération du jeune Jeff Blampain, n’a pas pu l’éclairer à ce sujet. Drôle de République qui brille par une justice dont les missions régaliennes basiques d’un haut justicier ont la peine d’être tenues.

Selon les explications de M. Moukagni Iwangou, « dans sa réponse datée du 1er juin 2016, M. Hervé Essame Ndong, Procureur de la République, a invité Maître Zassi Mikala à se rapprocher des services de l’Etat Major de Police et des investigations judiciaires, alors que lesdits services ne disposent d’aucune information sur la question. Pour ne pas faire de concession à la vérité, j’ai commis, en sus, le ministère d’un huissier, à l’effet d’éprouver auprès de la Police judiciaire, que Jeff Blampain ne peut être présenté à toute réquisition. »

Libertés publiques bafouées : marque de fabrique de l’absence d’un l’Etat de droit au Gabon

Poursuivant son adresse, le président de l’UPG, aille loyaliste, M. Moukagni-Iwangou a tiré plusieurs leçons qui donnent une sueur froide sur le contexte de crise morale, sociale, politique et économique. Celle-ci s’ajoute désormais à la crise judiciaire dont le Médiateur de la République, Laure Olga Gondjout avait tiré une sonnette d’alarme inaudible par le gouvernement gabonais.

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A ce moment de notre propos, l’analyse froide des faits, nous commande de tirer trois leçons qui questionnent l’Etat de droit, martèle l’ancien directeur de l’école de la magistrature. « La première leçon nous conduit à relever, que pour avoir été interpellé à 20 heures, largement au-delà des heures légales, le code de procédure pénale nous permet d’affirmer, sous la foi des dispositions de l’article 47, que Jeff Blampain a fait l’objet d’un enlèvement, planifié et exécuté par les services spéciaux de la Présidence de la République. »

La deuxième leçon poursuit M. Moukagni Iwangou, « nous conduit à observer, que pour avoir prescrit à la Police judiciaire, mission de constater les infractions à la loi pénale, de rassembler les preuves y relatives, de rechercher les auteurs et de les déférer devant les juridictions compétentes, le code de procédure pénale nous permet d’affirmer, sous la foi des dispositions de l’article 13, que Jeff Blampain est séquestré depuis une semaine, en attendant pire, par les services spéciaux de la Présidence de la République. »

La troisième leçon indique le président de l’UPG, « nous commande de vérifier, que pour avoir prescrit que la Police judiciaire est exercée sous la direction du Procureur de la République, le code de procédure pénale nous permet d’affirmer, sous la foi des dispositions de l’article 14, que Jeff Blampain est gardé captif depuis une semaine, en attendant pire, par les services spéciaux de la Présidence de la République, une autorité qui n’a ni droit ni titre pour intervenir dans les procédures judiciaires, le tout, sous le silence complet de Monsieur le Procureur de la République. »

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Afin de rappeler ce qui suit : « Une fois de plus, notre droit de citoyenneté nous place face à notre destin. A la faveur de notre saisine intervenue le 19 novembre 2014, il est établi que le GABON est un paradis pénal pour le Président de la République, qui s’est opportunément soustrait de l’action de la justice, en se gardant de mettre en place la Haute Cour de justice. Partageant des valeurs communes avec le monde libre, les Citoyens Gabonais, dépourvus dans leur propre pays, de tout moyen pour lutter contre l’arbitraire des membres du régime en place, sont fondés à rechercher dans le monde libre, le droit naturel à obtenir réparation devant les juridictions compétentes, pour toutes les violations dont ils pourraient être l’objet, du fait du Président de la République et des membres du Gouvernement. »

Dans ce sens, indique le haut magistrat gabonais, « le recours aux tribunaux à compétence universelle constitue une solution pertinente contre cet état de fait. A ce titre, nous nous félicitons de l’érection de la juridiction de Dakar, dont la jurisprudence tirée du jugement de Monsieur Hissène Habre enseigne, qu’à l’égard des dictatures, l’action de la justice frappe toute la chaîne de commandement, en partant des autorités ayant pouvoir de donner suite et des autorités donneurs d’ordre. »

Poursuites judiciaires en vue à Bruxelles et en France

Le président de l’UPG en fin connaisseur du contexte juridique gabonais qui souffre d’un manque d’impartialité criard n’en démord par. M. Moukagni Iwangou a affirmé ce qui suit, « dès à présent, je vous informe que j’ai déjà commis deux avocats inscrits au Barreau de Bruxelles, qui travailleront en concertation avec Maître Maître Zassi Mikala du Barreau du Gabon. En concertation avec la famille de Jeff Blampain , j’ai décidé d’y attraire respectivement : Monsieur Ali Bongo Ondimba, Président de la République, en tant qu’autorité de tutelle, dont le silence est révélateur devant le scandale dans lequel, les services spéciaux placés sous son contrôle sont impliqués. »

Mais aussi a-t-il indiqué, des plaintes seront aussi déposées à l’encontre de « Monsieur Pacôme Moubelet Boubeya, Ministre de l’Intérieur, en tant qu’autorité de tutelle des Services de Police judiciaire, dont le silence est révélateur devant le scandale dans lequel, les services placés sous son contrôle sont impliqués. Nous porterons aussi plainte conte monsieur le Procureur de la République près le tribunal de grande instance de Libreville, en tant qu’autorité de direction de la Police judiciaire, dont le silence est révélateur devant le scandale dans lequel, les services placés sous sa direction sont impliqués. »

Sans omettre, qu’une autre plainte sera adressée contre « Monsieur Luc Hervé Lingoumbi Ndounou, Commissaire de Police du 6ème arrondissement, en tant qu’autorité ayant mission de conduire les enquêtes judiciaires, pour avoir délibérément livré Jeff Blampain à une entité n’ayant pas qualité pour mener des enquêtes. Le Directeur Général des services spéciaux, pour abus de pouvoir, enlèvement et séquestration de Jeff Blampain. »

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Loin de moi l’idée de faire œuvre de prosélytisme, a martelé le magistrat hors hiérarchie, «  j’incline à penser, qu’en étant partout, où il voit tout, où il entend tout et où il sait, le Peuple est assurément l’autre nom de Dieu. De ce Peuple, qui se trouve aussi au sein des Services spéciaux de la Présidence de la République, des indiscrétions fortes nous sont parvenues, sur la ferveur patriotique qui gagne les rangs. Au-delà des ordres qu’ils reçoivent, nous invitons ces patriotes à veiller sur Jeff Blampain ».

Grâce à ces patriotes, a conclu M. Moukagni-Iwangou, « nous savons aujourd’hui, que le pouvoir qui séquestre Jeff Blampain , l’a contraint à faire des aveux, dont l’objet est de compromettre Jean Ping. Ces aveux sont contenus dans une vidéo, qui servira de support pour neutraliser ce dernier par la voie judiciaire, envisagée de longue date contre lui. L’Union du Peuple Gabonais par ma voix, dénonce avec fermeté les manœuvres du Pouvoir, et affirme à la face du monde, que respectueux de nos différences, ses militants ne se prêteront jamais à l’œuvre de liquidation de l’opposition. Plus que jamais, nous appelons à l’Union Sacrée pour sauver la Patrie. »
Affaire à suivre !

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