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rentrée de la Cour constitutionnelle

Mborantsuo crie son malaise de la crise post-électorale gabonaise


Société
  • La cérémonie de rentrée annuelle de la Cour, hier à Libreville © 2017 D.R./Info241
Publié le 27 janvier 2017 à 09h35min

La présidentielle gabonaise du 27 août dernier aura laissé des séquelles partout. Hier, lors de la cérémonie de rentrée solennelle de la Cour constitutionnelle, la présidente Marie Madeleine Mborantsuo s’est faite le porte-voix des frustrations des juges face à la mauvaise presse dont jouit la haute Cour. Elle qui a donné raison au parti au pouvoir au terme de ce 5e contentieux présidentiel.

La Cour constitutionnelle gabonaise a fait sa rentrée annuelle hier à son siège de Libreville. Occasion pour la présidente de cette cour, gardienne de la Constitution, de crier son malaise face au lynchage médiatique dont elle s’est dit victime pendant et après la présidentielle gabonaise. Pour celle qui dirige la Cour quasiment depuis sa création, c’est bien la première fois que la Cour a atteint un tel niveau de « dénigrement de son action ».

Marie Madeleine Mborantsuo a dans son discours prononcé notamment devant Ali Bongo, qui prenait part à cette rentrée solennelle, indiqué avoir subi des pressions et des intimidations. Celles-ci seraient l’œuvre non pas du régime pouvoir mais de l’opposition, Mborantsuo se gardant de citer le moindre noms d’acteurs politiques.

Mais le gros du choc reçu viendrait de ce qu’elle qualifie d’intrusion de l’Union africaine qui avait dépêché des juges africains pour s’assurer de la transparence des travaux de la Cour. Une action que les juges de la Cour constitutionnelle auraient mal vécu, la qualifiant même d’atteinte à la souveraineté nationale et à leur indépendance.

D’où l’appel de la présidente de cette Cour à Ali Bongo, afin d’engager au plus tôt des reformes des textes qui fondent les institutions du pays afin de les adapter à l’évolution du monde et aux spécificités gabonaises.

On se souvient que le 23 octobre 200)16, la Cour constitutionnelle avait une nouvelle fois donné raison au parti d’Ali Bongo et annulé les résultats de plusieurs bureaux de vote défavorables à celui-ci. Ce, malgré les cas de fraudes dénoncées notamment par l’Union européenne dans le Haut-Ogooué où la participation des électeurs avait frôlé les 100% pour 95% des suffrages pour le seul Ali Bongo. Les observateurs de l’Union européenne n’avaient pas hésité à parler d’anomalies évidentes que la Cour s’est bien gardée de rectifier.

Depuis la création de cette Cour en octobre 1991, censée arbitrer impartialement le contentieux électoral de la présidentielle, la Cour constitutionnelle gabonaise n’a jamais rendue une décision en faveur de l’opposition d’où ce qualificatif de Tour de pise qui lui colle désormais à la peau. Ce, d’autant que Marie Madeleine Mborantsuo a des liens de famille avec Ali Bongo dont elle est la belle-mère.


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