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Grève Education Nationale

Marcel Libama : « C’est ensemble que nous sommes méprisés, c’est ensemble aussi que nous devons nous battre ! »


Société
  • Marcel Libama : « C’est ensemble que nous sommes méprisés, c’est ensemble aussi que nous devons nous battre ! » © 2017 D.R./Info241
Publié le 15 février 2017 à 14h03min

Les élèves et leurs parents en étroite collaboration avec les enseignants membres de la Dynamique Unitaire, présents à l’Assemblée Générale tenue récemment au Lycée Richard Nguema Bekale d’Oyem fustigent la catastrophe dans laquelle se trouvent les établissements scolaires du pays. Selon Marcel Libama, leader de la coalition syndicale, ils ont unanimement exprimé tout le mal qu’ils pensent des autorités politiques en tête desquelles Ali Bongo Ondimba, accusées d’avoir créé une situation de crise généralisée en favorisant la misère partout dans le pays et notamment dans le secteur éducatif.

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Pour Marcel Libama faisant un constat de l’état exécrable des infrastructures scolaires du Gabon : « Ce lycée d’Oyem à l’image de ceux de l’ensemble du pays ressemble à tout sauf à un lieu d’éducation et d’instruction. La saleté pilule dans les cours des établissements scolaires. Si nous voulons nous faire respecter, si nous aimons notre jeunesse un seul mot d’ordre : ’’Tous en grève’’. Répondant à la menace du gouvernement gabonais de suspendre des salaires des enseignants grévistes il a martelé que ’’la grève est un droit constitutionnel. C’est même un devoir dans la situation actuelle. Ici les menaces du gouvernement d’Ali Bongo c’est nul et sans effets. C’est ensemble que nous sommes méprisés, c’est ensemble aussi que nous devons nous battre ! ».

Poursuivant ses explications, M. Libama a affirmé ce qui suit « Je tiens à remercier les élèves du lycée RNB qui m’ont remis une somme d’argent, fruit de leur cotisation pour encourager la DU dans son combat. Ce qui montre que la jeunesse gabonaise et leurs parents sont très conscients des enjeux de cette lutte. D’ailleurs, j’ai vu dans les journaux Ali Bongo assis sur des tables bancs fabriqués à l’usine dOlam. J’ai visité beaucoup d’établissements scolaires. Je ne vois rien dans les classes, il manque de tout, même les bureaux des enseignants n’existent plus dans les salles de classes. Triste sort auquel nous sommes plongés et c’est connu par tous les politiques du Gabon. »

Vue de l’école se trouvant dans l’axe Minvoul-Oyem

Avant de conclure son diagnostic en décriant la léthargie légendaire du système Bongo-PDG au pouvoir depuis 1968 en continue : « L’école sur l’axe Oyem /Minvoul est à l’agonie comme partout ailleurs, pas de travaux de réfection pas de renouvellement d’équipements des écoles d’un autre âge. J’ai rencontré un directeur d’école retraité Obam Minko qui m’a dit depuis quarante ans c’est les même tables bancs rien ne change ici son fils aussi est directeur dans la même école qu’ il a servi rien n’a changé. »

L’intérieur d’une salle de classe d’un établissement scolaire

Le ministre de l’Education nationale et de l’Education civique d’Ali Bongo demande à ce que lui soit transmis hebdomadairement le pointage quotidien des agents présents et absents de leur poste de travail. Interrogé par Info241, Marcel Libama leader de la Dynamique Unitaire qui sillonne l’intérieur du pays en vue de sensibiliser les enseignants, les élèves et les parents d’élèves s’est indigné sur les situation alarmante des établissements scolaires en ces termes : ’’J’ai visité le lycée Jean Baptiste Moanda de Mayumba et le lycée ROB d’Oyem entre les deux il y a un cratère., C’est le jour et la nuit sur tous les plans. Absence notoire d’eau pas de toilettes pas de laboratoire pas de bibliothèque’’.

Après avoir déposé un préavis de grève sur la table du gouvernement gabonais, le principal regroupement syndical des agents du secteur public, Dynamique Unitaire, a décidé d’entrée en grève illimitée qui paralyse le secteur de l’éducation nationale pour se faire entendre des autorités gouvernementales gabonaises. Tandis que ces dernières par l’entremise du ministre de tutelle brandit le bâton en menaçant de suspendre les salaires des enseignants grévistes.

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Il faut rappeler que dans une note circulaire n°06/MENEC/SG datée du 30 janvier 2017, dont Info241 s’est procurée, Florentin Moussavou, ministre de l’Education Nationale appelle les directeurs généraux de l’Administration centrale, les directeurs d’académies provinciales, les directeurs de zones académiques ainsi que les chefs d’établissement au rétablissement de la continuité du service public dans les établissements scolaires du pays.

Cette note circulaire s’accompagne de 4 grandes mesures pour faire passer l’envie aux agents du secteur de faire passer leur droit de grève avant celui de la continuité de service. Un bras de fer qui se résume en ces points :
- suspension immédiate de solde pour les agents publics qui s’absenteraient sans justification de leur poste d’affectation
- suspension immédiate de solde des enseignants qui n’assureraient plus régulièrement leurs cours
- mise en place de conseils de disciplines - et cerise sur le gâteau, la radiation sans consultations d’instances disciplinaires en cas d’abandon de poste sans motif jugé "valable" durant trois mois.


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