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Justice militaire

Le jeune opposant Ballack Obame détenu au secret depuis 18 jours par la police militaire gabonaise


Société
  • Le jeune opposant Ballack Obame détenu au secret depuis 18 jours par la police militaire gabonaise © 2019 D.R./Info241
Publié le 8 février 2019 à 08h04min

Interpellé à Libreville le 21 janvier dernier Ballack Obame, ancien leader estudiantin de l’Université Omar Bongo (UOB) de Libreville, est toujours détenu par la tristement célèbre Direction générale des Contres-ingérences et de la Sécurité militaire (DGCISM), communément appelé B2 soit 18 jours.

Le 21 janvier 2019, Ballack Obame ancien syndicaliste étudiant de l’UOB également membre du parti d’opposition, Union nationale, est arrêté au quartier plaine Orety en compagnie de trois personnes parmi lesquelles Firmin Ollo’o Obiang, également ancien syndicaliste étudiant, par des agents des renseignements militaires plus plus connus sous le nom de « B2 ». Si les compagnons d’infortune de Ballack Obame ont été libérés assez rapidement, Ballack Obame est quant à lui toujours à ce jour détenu dans les sinistres cellules du B2.

Soupçons de liens avec le lieutenant Kelly Ondo Obiang

Selon nos informations, il est reproché à Ballack Obame ses liens présumés avec le lieutenant Kelly Ondo Obiang, officier à la Garde républicaine (GR) du Gabon et ancien commandant adjoint à la garde d’honneur. Le lieutenant Ondo Obiang est surtout connu pour être le leader du Mouvement des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon qui a lancé un appel à un changement de régime le 7 janvier 2019. Deux semaines après son interpellation, Ballack Obame est toujours détenu dans les geôles de la DGCISM. Il est toujours formellement interdit de visite, privé d’avocat, d’assistance médicale et n’a toujours pas été présenté à un juge.

La DGCISM, le « B2 », célèbre pour sa pratique systématique de la torture

La Direction générale des Contres-ingérences et de la Sécurité militaire est reconnue pour sa pratique systématique de la torture et les opposants au régime Bongo ainsi que les empêcheurs de tourner en rond ont toujours bénéficié « d’un traitement particulier ». En 2014, des éléments du B2 avaient été formellement accusé d’avoir violé dans l’enceinte même de leurs locaux un membre du syndicat étudiant de l’Université Omar Bongo de Libreville. Ce dernier avait porté plainte avec un pavé de preuves et de nombreux témoignages, la plainte n’avait même pas été acceptée par le tribunal de Libreville et ses bourreaux avaient même continué de le menacer !

Répression active mais ciblée

Le cas de Ballack Obame est loin d’être isolé. Actuellement, le régime gabonais s’attelle à faire taire les voix de contestation les plus gênantes pour lui et « le coup d’Etat » du 7 janvier dernier lui en offre le prétexte. Une autre figure de la contestation non contrôlée et tolérée (donc « radicale »), Sidor Zang, médecin de profession, connu pour avoir dénoncé le trafic d’organes dans les hôpitaux publics du Gabon, a échappé de nuit à un enlèvement.

Menacé et frappé par des hommes armés qui tentaient de l’enlever, Sidor Zang n’a eu la vie sauve que grâce à l’intervention des jeunes du quartier défavorisé où il se trouvait. Ses ravisseurs tentaient de le faire monter dans un pickup blanc, semblable à ceux qui ont pendant la crise postélectorale semé la mort et la terreur à Libreville et à Port Gentil.


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