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Crise post-électorale

Ali Bongo décrète l’arrestation de plusieurs activistes et opposants gabonais


Société
  • Ali Bongo décrète l’arrestation de plusieurs activistes et opposants gabonais © 2017 D.R./Info241
Publié le 28 août 2017 à 11h16min

A l’approche de la macabre date anniversaire du 31 août 2016, où les Gabonais avaient nuitamment subi les affres d’un régime sanguinaire blessé de voir le résultat de l’élection présidentielle contesté, les citoyens gabonais redonnent de la voix sur les terres souillées du sang des victimes tombées pour la démocratie. Tchibanga, Oyem, Libreville et Port-Gentil sont les premières, en vue notamment de la commémoration pacifique des massacres du 31 août 2016, à lancer le coup d’envoi de la résistance à l’oppression. Mais face à ce mouvement de contestation citoyenne, Ali Bongo et ses sbires ont décidé d’arrêter illégalement et violenter les activistes et opposants gabonais.

C’est pour avoir tenté d’exercer ce droit naturel et imprescriptible de l’Homme consacré à l’article 2 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, confirmé au paragraphe 3 du préambule de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ainsi que dans son article 35 intégrés au bloc de constitutionnalité gabonais que le charismatique et leader de la contestation populaire port-gentillaise, Féfé Onanga est sur le coup d’une arrestation musclée après avoir été violenté et intimidé par les forces de l’ordre. Ce n’est pas tout, le jeune activiste gabonais très présent sur la toile, Hervé Mombo Kinga a été arrêté arbitrairement hier en après-midi à Libreville, Jérémy Tchango et Nicaise Matendet se retrouvent également emprissonés pour avoir exprimé leurs droits fondamentaux de liberté d’expression et d’opinions.

Pendant que les manifestants de Port-Gentil sont violemment dispersés par les forces de l’ordre, Féfé Onanga, à l’issue d’une perquisition à son domicile pour le moins équivoque, se fait « inviter » par les hommes en arme du pouvoir, à se rendre au commissariat de police. Tous, à commencer par l’intéressé, connaissent les méthodes du régime et savent que derrière cette « invitation » se trouve un emprisonnement arbitraire et des tortures ! La vie de Féfé Onanga est en jeu.

Ali Bongo Ondimba en perte de vitesse et honni de l’ensemble de ses homologues tente par tous les moyens de conjurer la colère en ébullition à travers tout le pays depuis près d’un an. Compte tenu des antécédents de violence de cet homme, les Gabonais en appellent à la Communauté internationale, notamment aux Eurodéputés qui ont constaté dans la résolution B8/0120/2017 du 02.02.2017, l’illégitimité d’Ali Bongo Ondimba à l’issue des élections présidentielles du 27.08.2016 ; mais qui ont également réclamé des sanctions contre les auteurs des violences post-électorales et plus généralement, contre tous ceux bafouant l’Etat de droit au Gabon.

Aussi, les Gabonais demandent instamment à la représentation territoriale de l’Union Européenne, dans le cadre de cette résolution historique, de constater par elle-même la négation de l’Etat de droit au Gabon par le pouvoir d’Ali Bongo Ondimba. Ils demandent auxdits représentants de ne pas se contenter des communiqués laconiques et partiaux du Gouvernement, mais de venir sur le terrain à Port-Gentil et partout où le besoin s’en fait sentir pour déterminer le moment venu les responsables qui seront sanctionnés.

Enfin, il est rappelé qu’une mission de la Cour Pénale Internationale est intervenue à Libreville dans la semaine du 20.06.2017 dans le cadre notamment de la demande d’enquête fort documentée du président de la République élu, Jean Ping au sujet des attaques du QG du 31 août 2016. Que les Gabonais, vu l’ampleur des faits en cause, espèrent de très prochaines mises en accusation, particulièrement du commanditaire Ali Bongo Ondimba. Ce préalable d’une justice pour les victimes, leurs familles ainsi que pour l’ensemble des Gabonais, est nécessaire pour apaiser les tensions.

Cependant ce triste épisode du 31 août 2016 doit maintenir l’ensemble des acteurs en alerte quant à l’appétence du régime pour le sang des plus faibles. L’impunité doit cesser au Gabon. Féfé Onanga et tous les leaders doivent être protégés car ils sont les derniers remparts du peuple contre la tyrannie.

Avec Collectif Gabon Démocratie et CGRI


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