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Entretien

Ntoutoume Ayi : « La mission de notre génération est de sortir le Gabon de la médiocrité qui caractérise sa gouvernance »

Ntoutoume Ayi : « La mission de notre génération est de sortir le Gabon de la médiocrité qui caractérise sa gouvernance »
Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, Commissaire National en charge du Budget à l’Union Nationale (UN) © 2017 D.R./Info241

Les violations des libertés publiques, les abus du pouvoir, les actes anticonstitutionnels perpétués depuis 1967 par le système Bongo-PDG se sont accentués depuis 2009, sous la présidence contestée d’Ali Bongo en vue de s’éterniser au sommet de l’Etat malgré l’expression du suffrage universel. Face à ce blocage, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, Commissaire National en charge du Budget à l’Union Nationale (UN) s’exprime sur ce constat accablant dans un entretien exclusif accordé à Info241. Le porte parole de Jean Ping scrute tous les sujets d’actualité, de la résolution européenne, en passant par la crise post-électorale et ses germes d’une paralysie économique suite à un déni de démocratie, du combat de la résistance mené par la diaspora au nom du peuple gabonais, sans manquer de revenir sur le rôle joué par l’Union Nationale pour aboutir à l’union sacrée pour la candidature unique et sur la tenue prochaine des législatives.

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Le régime tyrannique d’Ali Bongo semble avoir trouvé une parade pour s’imposer à la présidence gabonaise avec l’aide précieuse des forces armées aux ordres et la justice politisée. En semant un climat de terreur et un terrorisme d’Etat avec des arrestations arbitraires et des emprisonnements en cascade. C’est en réponse à cette oppression dictatoriale qu’Info241 a lancé une série d’entretiens et d’interviews qui visent à dénoncer tous ces actes illégaux et anticonstitutionnels afin que les droits de l’homme et du citoyen ne soient pas seulement une vue de l’esprit au Gabon.

Nous poursuivons ces entretiens d’analyse par devoir de mémoire Républicain en donnant la parole à un porte étendard de ce combat pour la démocratie au Gabon. Il s’agit de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, Inspecteur des Finances, diplômé de l’Ecole Nationale de l’Administration (ENA de Paris, promotion Copernic 2000-2002) et de l’Institut de l’Économie et des Finances (1997). Il est porte-parole de la Coalition pour la Nouvelle République dirigée par Jean Ping. Dans son parti, il est Commissaire National en charge du Budget à l’Union Nationale (UN), formation politique dans laquelle il milite depuis sa création en 2010.

Lire aussi >>>Ntoutoume Ayi à Ali Bongo : « Massacrer ses concitoyens pour être président du Gabon, c’est méprisable »

Info241. Actualité oblige : quelle est votre réaction suite à la résolution du parlement européen et de la loi d’amnistie que voudrait faire voter Ali Bongo contre les acteurs présumés des crimes commis lors de la contestation citoyenne post-électorale ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi (JGNA) : Cette actualité rappelle à tous que contrairement à ce qui est clamé par les négationnistes, la présidentielle d’août 2016 est loin d’être derrière nous et l’imposture n’est pas prête de se faire oublier dans notre pays. La résolution adoptée ce 14 septembre 2017, par le parlement européen, exprime une nouvelle fois la détermination des démocrates européens à ne pas continuer à se faire les complices de régimes criminels, qui violent les accords internationaux qu’ils ont librement signés, et n’ont que peu de respect pour les droits humains. Cette résolution condamne une nouvelle fois le coup d’État militaro électoral qui a été perpétré au Gabon en 2016, et invite les États membres de l’Union Européenne à prendre des sanctions ciblées contre les femmes et les hommes qui en sont responsables.

La résolution adoptée ce 14 septembre 2017, par le parlement européen, exprime une nouvelle fois la détermination des démocrates européens à ne pas continuer à se faire les complices de régimes criminels, qui violent les accords internationaux qu’ils ont librement signés, et n’ont que peu de respect pour les droits humains".

Il ne fait aucun doute qu’ils sont un certain nombre à ne plus pouvoir dormir tranquille, et c’est tant mieux ainsi. Oui, 2016 ne sera pas 2009, et il ne fait plus aucun doute que l’imposture ne passera pas cette fois-ci. Dès lors, vous comprenez d’où vient l’idée d’une loi d’amnistie, qui n’est autre qu’une vaine tentative de mettre un terme au débat sur les massacres perpétrés au Gabon en 2016, par ceux qui souhaitent coûte que coûte se maintenir au pouvoir, y compris au prix du sang de leurs compatriotes.

Cette résolution condamne une nouvelle fois le coup d’État militaro électoral qui a été perpétré au Gabon en 2016, et invite les États membres de l’Union Européenne à prendre des sanctions ciblées contre les femmes et les hommes qui en sont responsables."

On a peine à y croire. À chaque fois que nous avons le sentiment d’avoir touché le fond, ces messieurs et dames creusent encore plus profond. Ainsi donc, à travers une loi d’amnistie, le Bourreau entend tirer un trait sur les crimes dont il a été l’auteur ! Ni plus, ni moins. Nous ne l’accepterons pas. Je ne l’accepterai pas. Peu importe le temps que cela prendra, mais les massacres de jeunes Gabonais aux mains nues, commis par les Putschistes en août-septembre 2016 ne resteront pas impunis.

À chaque fois que nous avons le sentiment d’avoir touché le fond, ces messieurs et dames creusent encore plus profond".

Info241. Quelle est votre analyse de l’interdiction de sortie du territoire des opposants dont l’ancien Premier ministre M. Casimir Oyé Mba, le Pr. Ondo Ossa et certains proches de Jean Ping, bien qu’elle a été levée sous la pression de la communauté internationale, sans omettre les privations les libertés publiques exercées par le régime d’Ali Bongo ?

De manière irréversible, le peuple Gabonais, aidé en cela par une opposition politique constante et déterminée, est décidé à se défaire de ce pouvoir en tous points nuisible pour le pays".

JGNA : Pour celles et ceux qui sous-estiment la permanence et la gravité de la crise politique dans laquelle se trouve le Gabon depuis 2009, l’imposture s’est installée à la tête du Gabon en violation de l’expression du suffrage des Gabonais, la preuve leur en est faite une nouvelle fois. De manière irréversible, le peuple Gabonais, aidé en cela par une opposition politique constante et déterminée, est décidé à se défaire de ce pouvoir en tous points nuisible pour le pays.

De manière irréversible, le peuple Gabonais, aidé en cela par une opposition politique constante et déterminée, est décidé à se défaire de ce pouvoir en tous points nuisible pour le pays".

Cette mesure d’interdiction de sortie du territoire, qui est en réalité une forme d’exil intérieur imposé aux leaders politiques de l’opposition, est l’affirmation du désarroi d’un pouvoir qui se sait finissant. Tout comme les arrestations auxquelles fait procéder le pouvoir ne sont rien d’autre que des prises d’otages perpétrées avec les moyens de la puissance publique. Nous avons ici la preuve que l’élection présidentielle du 27 août 2016 est loin d’être finie au Gabon.

C’est pour cette raison que j’ai toujours indiqué à ma famille, à mes avocats comme à mes amis politiques que le jour où je viendrais à être pris en otage, comme le sont aujourd’hui Frédéric Massavala et bien d’autres, inutile de venir m’assister, me rendre visite où même de demander ma libération. On ne discute pas avec des preneurs d’otages.

Tout comme les arrestations auxquelles fait procéder le pouvoir ne sont rien d’autre que des prises d’otages perpétrées avec les moyens de la puissance publique. Nous avons ici la preuve que l’élection présidentielle du 27 août 2016 est loin d’être finie au Gabon".

Info241. Sommes-nous en présence de la radicalisation du régime tyrannique d’Ali Bongo ?

JGNA : Je dirais plutôt que nous nous trouvons face à un pouvoir finissant pris de panique, et qui ne mesure plus la portée réelle des actes qu’il pose. C’est un classique des derniers moments de toutes les dictatures. Lorsque c’est la fin, alors la violence devient le seul argument qu’il est possible de faire valoir.

Nous nous trouvons face à un pouvoir finissant pris de panique, et qui ne mesure plus la portée réelle des actes qu’il pose".

Info241. Vous étiez de passage à Paris et vous aviez pris part à la semaine de la commémoration des martyrs du 31 août 2016 organisée par la diaspora résistante de France. Quelle analyse faites-vous de ces actions de résistance ? Ont-elles une incidence sur les populations gabonaises ? Quelles propositions suggérez-vous pour renforcer cette dynamique ?

JGNA : Les Gabonais de la Diaspora ont su montrer à la face du monde la réalité de la situation politique du Gabon et la détermination des Gabonais à mettre un terme à 50 ans d’un pouvoir obscurantiste. C’est un exemple d’engagement citoyen qui force l’admiration. Les actions de résistance de la Diaspora ont accompagné le dur combat du peuple Gabonais tout au long de cette année. La constance des Gabonais résident à l’étranger confirme la fin de ce régime qui a toujours fait le pari de notre résignation.

Les Gabonais de la Diaspora ont su montrer à la face du monde la réalité de la situation politique du Gabon et la détermination des Gabonais à mettre un terme à 50 ans d’un pouvoir obscurantiste".

Le peuple gabonais est fier de sa Diaspora et ne manque aucune occasion pour lui rendre hommage. Se rendre au Trocadéro et marcher jusqu’au jardin du Ranelagh qui jouxte l’ambassade du Gabon à Paris est un devoir que remplit chaque Gabonais qui se rend à Paris. Je suis triste lorsque j’entends les serfs du régime tenir des propos nauséeux à l’endroit de nos compatriotes de la Diaspora. Oui, j’ai entendu certains dire que la Diaspora Gabonaise n’apportait rien au pays, ou encore qu’elle était composée de personnes qui auraient ratées leurs études en France ou qui vivraient d’allocations familiales.

À ceux qui tiennent ces propos je voudrais dire deux choses. La première est que la citoyenneté ne se mesure ni au diplôme, ni à l’importance du compte bancaire. La citoyenneté se mesure à la vertu, au respect de la constitution et des règles de la République. La seconde chose que je voudrais leur dire est que si dans notre pays, on venait à organiser des concours pour se voir attribuer des positions dans l’appareil d’État, aucun d’entre eux, je dis bien aucun, ne se trouverait dans la position qui est la sienne.

Le peuple gabonais est fier de sa Diaspora et ne manque aucune occasion pour lui rendre hommage. Se rendre au Trocadéro et marcher jusqu’au jardin du Ranelagh qui jouxte l’ambassade du Gabon à Paris est un devoir que remplit chaque Gabonais qui se rend à Paris".

Info241. Quel diagnostic faites-vous de la crise économique suite à la crise post-électorale survenue au soir de l’élection controversée d’Ali Bongo ?

JGNA : La réalité de la situation économique du Gabon depuis l’élection présidentielle du 27 août 2016 confirme la pertinence du rejet clair et massif du bilan d’un mandat calamiteux par le peuple gabonais. Le 16 juin 2016, le Ministre de l’économie déclarait : « Alors que l’élection présidentielle approche, tous les Gabonais peuvent regarder avec fierté les résultats obtenus durant les six dernières années ». Ces propos de campagne électorale dissimulaient mal un bilan économique et social désastreux, que l’année qui vient de s’écouler, a révélé au grand jour : la réalité de l’incurie de ce pouvoir.

Les ressources budgétaires ne permettent plus de faire face au fonctionnement régulier des administrations et des pouvoir publics, ainsi qu’à l’ensemble des obligations de l’État".

Depuis un an, lorsque les entreprises ne procèdent pas à des licenciements économiques, elles ferment tout simplement. Port-Gentil, la capitale économique du Gabon est aujourd’hui sinistrée. Les ressources budgétaires ne permettent plus de faire face au fonctionnement régulier des administrations et des pouvoir publics, ainsi qu’à l’ensemble des obligations de l’État. Les administrations ne disposent plus de moyens pour fonctionner, les arriérés de paiement s’accumulent au Trésor public, compromettant encore plus la santé financière des entreprises nationales qui en sont les premières victimes.

La loi de finances rectificative pour l’exercice 2017, élaborée sous la supervision et le contrôle du FMI, est venue confirmée la situation de faillite dans laquelle se trouve le Gabon. Cette loi de finances rectificative, votée par un parlement illégitime en juillet dernier, montre clairement que les prévisions optimistes de ressources publiques ne permettent plus à l’État de ne payer que le service de la dette publique, première obligation de l’État. Si l’État consentait à payer sans arriérés le service de la dette, ce qui lui resterait de ses ressources propres ne lui permettrait même plus de payer la totalité des charges de personnel de l’exercice budgétaire 2017.

Notre pays se trouve dans cette situation parce qu’il est dirigé par des femmes et des hommes qui, plutôt que de se mettre au service de l’intérêt général, sont au service d’un système et d’un clan qui distraient impunément les ressources publiques".

Les dépenses de fonctionnement, de transfert et d’investissement ne pourraient quant à elles être couvertes. Dans cette situation, le Gabon se trouve désormais dans l’obligation de recourir à des emprunts pour le paiement des salaires de ces agents, le financement de la totalité de ses dépenses de fonctionnement, de transfert et d’investissement. De mémoire, jamais le pays ne s’est trouvé dans une situation analogue depuis son indépendance. Si le pouvoir a menti en juin 2016 sur la situation économique du pays, il ne dit pas non plus la vérité lorsqu’il laisse entendre que c’est la chute du prix du baril de pétrole en 2014 qui est la cause de cette situation.

Notre pays se trouve dans cette situation parce qu’il est dirigé par des femmes et des hommes qui, plutôt que de se mettre au service de l’intérêt général, sont au service d’un système et d’un clan qui distraient impunément les ressources publiques. En d’autres termes, la situation économique du Gabon est la conséquence directe de la présence à la tête du pays d’un pouvoir qui s’est imposé à lui contre la volonté des Gabonais et en violation de leurs votes du 30 août 2009 et du 27 août 2016.

Info241. Peut-on encore parler de la pertinence et de la crédibilité de l’accord du 16 août 2016 eu égard les divergences de prise de position sur le combat pour la prise du pouvoir ?

Il faudrait donc une fois pour toute retenir que nous devons notre victoire à cette élection présidentielle au patriotisme de Léon Paul Ngoulakia, Guy Nzouba Ndama, Jean Ping et Casimir Oye Mba qui se sont comportés en hommes d’État et ont mis en avant l’intérêt général, les Gabonais et le Gabon".

JGNA : Monsieur Casimir Oye Mba m’a fait l’honneur de me demander d’intégrer la délégation qui le représentait lors des discussions qui ont abouti à cette candidature unique. Je peux donc témoigner de l’esprit et de la lettre de cet accord politique du 16 août 2016. En réponse à la demande pressante des Gabonais et conscients de ce que la division les conduirait à l’échec, Guy Nzouba Ndama, Casimir Oye Mba et Jean Ping ont convenu de présenter une candidature unique à l’élection présidentielle avec pour objectif de conduire ensemble l’établissement de la démocratie et de l’État de droit au Gabon.

Si désormais, l’ambition individuelle a repris le dessus sur le projet collectif d’instauration de la démocratie et de l’établissement de l’État de droit au Gabon, alors l’accord du 16 août 2016 n’a plus lieu d’être".

Cette candidature unique a été possible parce que chacune de ces trois personnalités a été capable de se hisser au niveau de ces enjeux et de renoncer à une ambition personnelle, par ailleurs légitime. C’est Jean Ping qui a été choisi pour incarner ce projet collectif. Quelques jours après, Léon Paul Ngoulakia à rejoint cette démarche unitaire. Et c’est cette démarche unitaire qui a été plébiscitée par le peuple Gabonais le 27 août 2016. Il faudrait donc une fois pour toute retenir que nous devons notre victoire à cette élection présidentielle au patriotisme de Léon Paul Ngoulakia, Guy Nzouba Ndama, Jean Ping et Casimir Oye Mba qui se sont comportés en hommes d’État et ont mis en avant l’intérêt général, les Gabonais et le Gabon. Nous ne devons jamais oublier cela. Jamais.

Cette candidature unique a été possible parce que chacune de ces trois personnalités a été capable de se hisser au niveau de ces enjeux et de renoncer à une ambition personnelle, par ailleurs légitime".

Si désormais, l’ambition individuelle a repris le dessus sur le projet collectif d’instauration de la démocratie et de l’établissement de l’État de droit au Gabon, alors l’accord du 16 août 2016 n’a plus lieu d’être. Mais, si comme je le pense, l’établissement de la démocratie et de l’État de droit constituent toujours les motivations principales, cet accord s’impose plus que jamais. Et dans notre camp, personne, je dis bien personne, n’a intérêt à voir cet accord être remis en cause.

Info241. La Coalition Pour la Nouvelle République est-elle encore sur la même longueur d’ondes entre les tenants d’un 3e dialogue avec Ali Bongo (Casimir Oye Mba & Guy Nzouba Ndama) et ceux qui prônent la vérité des urnes pour la passation de pouvoir et des charges ?

JGNA : La question que nous sommes en droit de nous poser est sur quelle longueur d’onde doit se trouver la coalition et s’y trouve-t-elle ? Une coalition est un collectif dans lequel il est impérieux de respecter chacun des membres et de privilégier le consensus dans la prise de décision. Je refuse et condamne la dictature et l’autoritarisme d’où qu’ils viennent. Je ne supporte pas que l’on bride la liberté d’expression. Elle est sacrée.

Oui, Casimir Oye Mba et Guy Nzouba Ndama se sont exprimés sur la situation politique de notre pays et ont formulé des propositions. Encore heureux ! Mais voyez-vous, ce ne sont ni eux, ni leurs proches qui sont entrés aux Gouvernements 1 puis 2. Ni l’un, ni l’autre, ni leurs proches ne sont allés au dialogue d’Agondjé. Par contre, Casimir Oye Mba et Guy Nzouba Ndama ont librement consenti à retirer leur candidature afin de donner toutes les chances à notre pays de connaître sa première alternance démocratique.

Une coalition est un collectif dans lequel il est impérieux de respecter chacun des membres et de privilégier le consensus dans la prise de décision. Je refuse et condamne la dictature et l’autoritarisme d’où qu’ils viennent. Je ne supporte pas que l’on bride la liberté d’expression. Elle est sacrée".

Ils l’ont fait parce qu’ils ont privilégié le Gabon et les Gabonais. Il serait bien que les uns et les autres ne l’oublient jamais. On attribue à Voltaire la citation suivante : “Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire”. Il serait bien que les uns et les autres s’en inspirent.

Oui, Casimir Oye Mba et Guy Nzouba Ndama se sont exprimés sur la situation politique de notre pays et ont formulé des propositions. Encore heureux ! Mais voyez-vous, ce ne sont ni eux, ni leurs proches qui sont entrés aux Gouvernements ".

Info241. Êtes-vous à titre personnel et votre parti l’Union Nationale encore impliqués pour la prise du pouvoir présidentiel de Jean Ping et d’une alternance démocratique suite aux résultats de l’élection présidentielle du 27 août 2016 ?

JGNA : L’Union Nationale, formation politique dont je suis membre depuis sa création le 10 février 2010, est née pour combattre la dévolution monarchique au Gabon au lendemain du coup d’État électoral du 30 août 2009. L’alternance démocratique est au centre de notre engagement politique. Et pour cela, nous avons consenti à tous les sacrifices et affronté ce régime comme peu de formations politiques. Depuis sa création, l’UN n’a eu de cesse de tenir en éveil les citoyens gabonais sur les violations des droits perpétrés dans notre pays.

Si ce parti n’était pas ancré dans une volonté d’alternance démocratique, aurait-il consenti tant de sacrifices ? Notre parti a été dissous de 2011 à 2015. Mais à aucun moment, nous n’avons renoncé à notre idéal et ne sommes allés nous mettre à genoux, devant ce pouvoir. Nombre de nos leaders, principalement Pierre Claver Zeng Ebome et André Mba Obame ont consenti au sacrifice suprême dans ce combat, sans jamais céder sur quoi que ce soit.

L’Union Nationale, formation politique dont je suis membre depuis sa création le 10 février 2010, est née pour combattre la dévolution monarchique au Gabon au lendemain du coup d’État électoral du 30 août 2009. L’alternance démocratique est au centre de notre engagement politique".

Pour l’élection présidentielle du 27 août 2016, l’Union Nationale avait désigné démocratiquement son candidat lors d’un congrès extraordinaire, à travers un vote transparent des 1000 congressistes présents qui a été diffusé en direct à la télévision. Deux formations politiques, l’ADERE et l’UPG, avaient apporté leur soutien à cette candidature qui avait également passé les filtres de la Cénap et de la Cour Constitutionnelle. Toutefois, alors que le parti était entièrement mobilisé autour de son candidat, Monsieur Casimir Oyé Mba, le Président de l’Union Nationale a pris l’initiative de réunir l’ensemble des candidats de l’opposition pour envisager une ultime fois la possibilité de se présenter unis à cette élection.

C’est au domicile de Zacharie Myboto que se sont tenues les discussions qui ont conduit à la désignation du candidat unique de l’opposition le 16 août 2016. Dès lors, le candidat de l’Union Nationale, le Président de l’Union Nationale, l’ensemble des cadres et militants de l’Union Nationale se sont mobilisés autour du candidat unique désigné : Jean Ping. J’ai la prétention de revendiquer qu’aucune autre formation politique n’a autant contribué que l’Union Nationale au résultat auquel nous sommes parvenus le 27 août 2016 et dont nous sommes fiers.

Nombre de nos leaders, principalement Pierre Claver Zeng Ebome et André Mba Obame ont consenti au sacrifice suprême dans ce combat, sans jamais céder sur quoi que ce soit".

Ce que l’Union Nationale a fait, ce que nous avons fait et continuons de faire, nous le faisons en toute liberté et conformément à notre idéal commun. Notre parti le fait pour le Gabon et pour les Gabonais. Jusqu’à ce jour, nous continuons à nous battre aux cotés des autres responsables politiques pour que le vote des Gabonais le 27 août 2016 soit reconnu et traduit dans les faits. Nous y consacrons du temps et de l’énergie. Zacharie Myboto, Casimir Oye Mba et Paulette Missambo se sont rendus disponibles pour mener ce combat au plus haut niveau. Leur engagement n’a jamais changé ni faibli jusqu’à ce jour.

C’est au domicile de Zacharie Myboto que se sont tenues les discussions qui ont conduit à la désignation du candidat unique de l’opposition le 16 août 2016...J’ai la prétention de revendiquer qu’aucune autre formation politique n’a autant contribué que l’Union Nationale au résultat auquel nous sommes parvenus le 27 août 2016 et dont nous sommes fiers".

Info241. Seriez-vous partant pour la tenue prochaine des Législatives avec Ali Bongo au pouvoir ? Si oui comment comptez-vous parvenir à endiguer la fraude à ce rendez-vous électoral ?

Pourquoi personne n’arrive donc à comprendre et admettre que c’est la certitude de la victoire de la coalition aux prochaines législatives qui rend leur tenue impossible. Depuis quand un pouvoir qui pense avoir une chance de gagner une élection ne cesse-t-il de la reporter, y compris en violant honteusement la constitution ?".

JGNA : Cette question est la même qui a divisé l’opposition entre 2014 et 2016. Fallait-il oui ou non participer à l’élection présidentielle ? Pour ma part, j’étais pour la participation à l’élection présidentielle. Et je suis heureux que ce soit ce choix qui l’a emporté. Je crois que si nous n’avions pas pris part à l’élection présidentielle, Jean Ping ne serait pas le Président élu de la République Gabonaise. Mais reconnaissons aussi que ce débat sur la fameuse DTE a porté préjudice à l’unité et à la crédibilité de l’opposition gabonaise. Notamment au niveau international.

Je crois que si nous n’avions pas pris part à l’élection présidentielle, Jean Ping ne serait pas le Président élu de la République Gabonaise".

Je suis un responsable politique. Ma formation politique a été créée le 10 février 2010, alors que se trouvait à la tête pays une personne qui avait perpétré un coup d’État électoral six (6) mois plus tôt. Alors qu’André Mba Obame, Casimir Oye Mba, Jean Eyeghe Ndong et Paulette Missambo contestaient le pouvoir établi et ne reconnaissaient pas la légitimité de celui qui s’était frauduleusement installé à la tête de notre pays, ils se sont présentés aux élections législatives partielles du 10 juin 2010. Parce que l’Union Nationale est un parti politique et que la participation aux élections s’impose à chaque formation politique qui vise à accéder démocratiquement au pouvoir.

Mais reconnaissons aussi que ce débat sur la fameuse DTE a porté préjudice à l’unité et à la crédibilité de l’opposition gabonaise. Notamment au niveau international".

En ce qui concerne les prochaines élections législatives, l’Union Nationale y participera. Et l’Union Nationale y participera aux cotés des autres partis de la coalition qui souhaiteront y participer. Nous avons réussi la candidature unique à l’élection présidentielle, alors que personne n’y croyait. Je suis certain que nous réussirons aussi à présenter 120 candidats uniques sur les 120 sièges pour les législatives.

En ce qui concerne les prochaines élections législatives, l’Union Nationale y participera. Et l’Union Nationale y participera aux cotés des autres partis de la coalition qui souhaiteront y participer".

Vous vous inquiétez de la fraude et je vous comprends. Mais croyez-moi, si le pouvoir était certain de pouvoir remporter ces élections législatives, y compris par la fraude, il les aurait organisées en décembre 2016, ainsi que la Constitution l’imposait. Pourquoi personne n’arrive donc à comprendre et admettre que c’est la certitude de la victoire de la coalition aux prochaines législatives qui rend leur tenue impossible. Depuis quand un pouvoir qui pense avoir une chance de gagner une élection ne cesse-t-il de la reporter, y compris en violant honteusement la constitution ?

Info241. Un message à la jeunesse et au Peuple Gabonais en Général qui semble perdre confiance à la construction d’un État de droit démocratique au Gabon.

La mission de notre génération, celle à laquelle j’appartiens, est de sortir notre pays de la médiocrité qui caractérise sa gouvernance pour le hisser au niveau des Nations modernes dans lesquelles l’État de droit, la démocratie et les libertés individuelles ne sont plus quun rêve mais une promesse tenue".

JGNA : Dans "Les Damnés de la terre", Frantz Fanon disait aux Africains : "chaque génération doit dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir". La mission de notre génération, celle à laquelle j’appartiens, est de sortir notre pays de la médiocrité qui caractérise sa gouvernance pour le hisser au niveau des Nations modernes dans lesquelles l’État de droit, la démocratie et les libertés individuelles ne sont plus un rêve mais une promesse tenue. Cette mission ne peut être déléguée, ni à nos enfants et encore moins aux citoyens des autres Nations. C’est la nôtre et nous ne nous donnons d’autre choix que de la remplir.

Propos recueillis par Rostano Mombo Nziengui

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