20 décembre

Manif du 20 décembre : Moukagni-Iwangou argue les abus juridiques du pouvoir d’Ali Bongo

Manif du 20 décembre : Moukagni-Iwangou argue les abus juridiques du pouvoir d’Ali Bongo
Moukagni-Iwangou lors de sa déclaration à la presse © 2015 D.R./Info241

Le Président de l’UPG, Jean de Dieu Moukagni-Iwangou a pointé samedi dernier au nom du mandat du Front Uni pour l’opposition lors d’un point de presse tenu à Libreville les abus et les violations de la loi dans l’interdiction du meeting du 20 décembre à Rio, par le Ministre de l’intérieur, Guy Bertrand Mapangou sous les ordres du pouvoir aux allures dictatoriales d’Ali Bongo Ondimba.

La répression des civils manifestants de l’opposition gabonaise s’est faite avec l’utilisation des armes lourdes par des forces de l’ordre qui a provoqué plusieurs blessés. Mais aussi, l’incarcération des citoyens qui protestaient librement. Et plus fatal encore, cette action d’imposture politique et de manipulation juridique du gouvernement d’Ali Bongo a été marquée malheureusement par le décès de l’étudiant énarque gabonais Bruno Mboulou Beka.

Après avoir traité le Peuple au canon et au bâton, le père noël s’est trouvé fort contrarié pendant la Saint Sylvestre, au moment de sortir les tambours et les violons, et trouver l’unisson nécessaire pour chanter la sérénade, et communier au bonheur commun du Prince bienveillant et de ses sujets.

L’UPG dénonce au nom du Front Uni pour l’opposition les abus et les manipulations partisanes de la loi par Guy Bertrand Mapangou aux ordres du pourvoir dictatorial d’Ali Bongo Ondimba.

L’intégralité de la déclaration de presse du samedi 3 janvier 2015 :

Monsieur le Président en exercice du Front de l’Opposition pour l’Alternance,
Distingués invités, pris en vos qualités respectives,
 
Mesdames, messieurs,
Le passage à toute année nouvelle, qui ouvre d’ordinaire la chambre des rêves et inspire à chacun son lot de vœux, a fermé la porte à cette tradition ludique, sous la tenaille de la pauvreté qui s’est resserrée cette année d’un cran supplémentaire.
 
Devant cette oppression existentielle qui a conduit le pays tout entier devant un blocage sans précédent, le Peuple observe chaque jour, la prospérité promise disparaitre dans les libations et mondanités de la minorité au Pouvoir, qui le nargue de sa suffisance et le menace de sa puissance.
Après avoir traité le Peuple au canon et au bâton, le père noël s’est trouvé fort contrarié pendant la Saint Sylvestre, au moment de sortir les tambours et les violons, et trouver l’unisson nécessaire pour chanter la sérénade, et communier au bonheur commun du Prince bienveillant et de ses sujets.
 
Mesdames, messieurs,
 
Devant ce rendez-vous aux allures de rupture, le régime est reparti dans ce qu’il sait faire le mieux, cet art consommé de la voltige, qui lui permet de monter dans tous les ciels pour promettre tous les paradis.
Ayant pris du gros plomb dans l’aile, le saut de l’artiste n’a pas volé bien haut dans le ciel des illusions et des distractions. Bien au contraire, il est descendu très vite dans le cœur du Peuple, qui l’attend très fortement sur la terre ferme des vérités.
 
Oui Messieurs,
 
Les étudiants qui vident les campus pour remplir les prisons, les enseignants qui sortent des classes pour rentrer dans les grèves, les fonctionnaires qui quittent les bureaux pour chercher d’autres sources de motivation, les ouvriers qui cherchent des tâches devant des chantiers qui ferment, l’année 2015 trouve un Peuple à la recherche de la vérité.
 
La vérité sur son chef, ou celui qui en tient lieu, dont le périmètre de sincérité est circonscrit dans ses limites ontologiques, naturelles, à savoir qu’il est né quelque part, puisqu’il vit avec nous et devant nous.
La vérité sur l’auteur de l’assassinat de MBOULOU BEKA, qui a exécuté l’ordre donné par une hiérarchie identifiée sans le moindre équivoque par les moyens fournis, et dont le plus indiscutable est la camionnette Mercédès dont l’inscription MDN lisible sur la portière, désigne le Ministère de la Défense Nationale, et toute sa chaîne de commandement, au bout de laquelle, il faut le nommer, se trouve le Chef suprême des armées.
 
Monsieur le Président,
 
A propos de vérité, la conférence des Présidents du Front de l’Opposition pour l’Alternance m’a fait l’honneur de me confier un mandat à propos des évènements du 20 décembre 2014, celui d’en évaluer les contours, avec charge et mission de consigner le produit de mes observations dans un Mémorandum.
Je vous remets solennellement ce jour, l’avant projet de ce Mémorandum, qu’il vous appartiendra de soumettre à l’examen de l’ensemble de vos pairs.
 
En vous remettant cet avant projet, le devoir de vérité me commande de vous en faire brève économie, notamment sur une dure réalité, ignorée jusqu’à ce jour par toute l’opinion, et dont la révélation va placer le pays tout entier devant ses responsabilités.
En vous remettant ce document, il me vient à l’esprit les mots de Goethe prononcés à Valmy, pour dire que de ce jour et de ce lieu va certainement dater une ère nouvelle dans l’histoire de notre pays.
 
Mesdames, messieurs,
 
La République qui est le réceptacle des hommes libres, détermine un cadre de cohérence qui fixe et détermine toutes les libertés collectives et individuelles, c’est la loi.
A propos de loi, le principe proclame que la loi est la même pour tous, selon qu’elle protège ou qu’elle réprime. Elle est opposable à tous, aussi bien aux personnes physiques, c’est-à-dire les citoyens, qu’aux personnes morales, et en particulier à l’Etat.
 
Monsieur le Président,
Mesdames, messieurs,
 
Au nom de la loi, j’affirme avec force, et je persiste pour dire devant toutes les opinions, que le meeting du samedi 20 décembre 2014, convoqué régulièrement par les membres du Front de l’Opposition pour l’Alternance n’a jamais été interdit.
Sous la foi de cette affirmation, l’usage des armes de la République contre un Peuple aux mains nues place le régime gabonais au centre d’un scandale, qu’il lui appartient d’assumer seul, devant la communauté nationale et internationale.
 
Chers amis,
 
En République gabonaise, les réunions publiques sont régies par la loi n°48/60 du 8 juin 1960.
Puisque la loi est l’expression absolue de la volonté du Peuple, je vous invite à revisiter cette loi, dont je vous ai fait tenir copie afin que nul n’en ignore, et surtout, pour suivre ensemble le chemin de la vérité, tel qu’elle se révèle sous l’éclairage de la loi.
 
Je vous invite à revisiter ensemble cette loi, afin que nous puissions tous et chacun, découvrir l’abus du droit, qui se trouve au fondement d’une forfaiture, aussi insoupçonnée qu’inacceptable.
Notre visite guidée dans la loi vous invite à l’article 2, qui dispose que les réunions publiques sont libres. C’est le principe.
 
En son article 5, la loi précise que les organisateurs sont toutefois tenus à une Déclaration préalable, fournissant les indications utiles sur le jour, le lieu et l’heure de la réunion envisagée.
En son article 6, la loi dispose que l’autorité compétente, et donc destinataire de la Déclaration préalable est l’autorité locale, notamment la Mairie là où elle existe.
En son article 9, la loi reconnait à l’autorité locale, le droit d’interdire la réunion publique, si sa tenue présente une menace pour l’ordre public.
 
Cette interdiction doit être écrite, motivée, notifiée aux organisateurs, et transmise à l’autorité hiérarchique déconcentrée, qui est le Préfet, donc le Gouverneur, à qui la loi reconnait le pouvoir, ou d’entériner l’interdiction, ou de la rapporter.
En son article 11, et pour veiller au respect de l’ordre public, l’autorité compétente peut déléguer sur les lieux un préposé de l’administration, avec droit d’arrêter la réunion.
 
Mesdames, messieurs,
 
En application des dispositions légales, qui lui sont parfaitement opposables, l’on doit constater que :
A la Déclaration préalable, Monsieur le Ministre de l’intérieur a institué une autorisation préalable, qu’aucune disposition légale ne prévoit.
En agissant ainsi, il a commis un abus du droit ;
A l’autorité locale, instituée par le législateur pour garantir l’efficacité de la loi sur toute l’étendue du territoire, Monsieur le Ministre de l’intérieur a ramené autour de sa seule personne un centralisme réducteur, qui neutralise les pouvoirs du Gouverneur, et d’installer à l’envi cette discrimination qui, pour le même objet et pour le même jour, l’a conduit à autoriser le Parti Démocratique Gabonais à tenir une marche à Ntoum, après avoir écumé l’ensemble du territoire, et de refuser au FRONT, le droit de tenir son premier meeting à RIO.
 
En agissant ainsi, il a commis un abus du droit ;
A la décision motivée, instituée aux fins d’interdiction, et notifiée aux organisateurs, Monsieur le Ministre de l’intérieur n’a pris aucune décision, en l’occurrence un Arrêté, privant les organisateurs de toute possibilité de recours.
En agissant ainsi, il a commis un abus de droit.
 
Mesdames, messieurs,
 
En considération du fait que l’interdiction prescrite par la loi doit provenir d’une autorité particulière, en l’occurrence, un Maire ou un Gouverneur, à l’exclusion d’aucune autre ;
En considération du fait que, l’interdiction prescrite par la loi doit être actée dans un écrit, et motivée aux fins de droit, à l’exclusion d’aucune autre voie ;
En considération du fait que, l’interdiction prescrite par la loi doit être dûment notifiée aux organisateurs, afin qu’ils n’en ignorent ;
Je réitère, ici et maintenant, la preuve est irréfutablement établie, que le meeting du 20 décembre 2014, n’a jamais été interdit, et qu’il a été réprimé en violation flagrante de la loi.
Monsieur le Président,
 
Mesdames, messieurs,
 
Je ne suis pas parvenu à cette affirmation, avec le sourire du triomphe. Le triomphe de la vérité enfin retrouvée.
Je suis parvenu à cette affirmation avec les larmes de l’amertume. L’amertume du désastre, infligé à un Peuple opprimé, que l’on prive du bonheur de ses nombreuses richesses, et à qui on refuse tout, y compris de la liberté de penser, sous la férule des armes de la République.
 
Mesdames, messieurs,
 
Devant l’abus de droit et l’illégalité désormais établis, l’imposture s’érige définitivement dans toute sa candeur en système de Gouvernement.
Et lorsque ce Gouvernement dont l’imposture est l’outil de travail, oppose une fin de non recevoir à des offres de dialogue que le FRONT ne lui a jamais proposées, il expose un cynisme innommable, dont la formule prendra aisément place entre KAFKA et COURTELINE
dans l’anthologie de l’humour noir.
 
Mesdames, messieurs,
 
La conclusion de mon propos sera empruntée à Pierre Edgard MOUNDJIEGOU MAGANGUE, dans une sagesse tirée de son livre intitulé le Crépuscule des silences, qui invite à un appel en conscience et en responsabilité devant l’oppression.
 
Avec l’interdiction d’accès aux média de service public, l’interdiction de réunions, l’interdiction de sortie du territoire, toutes libertés publiques supprimées sans supports et sans base légale, l’Etat voyou a décidé d’installer définitivement l’oppression au Gabon.
 
Face à l’oppression, la Constitution de la République rend légitime, le droit à la résistance.
 
Devant un tel environnement, je ne peux décemment vous présenter des vœux. Je vous recommande de survivre.
Je vous remercie.
 
Le Président
MOUKAGNI-IWANGOU


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