Elections 2025 : Des partis proches du pouvoir voient rouge et exigent une CNOCER indépendante

Les partis politiques membres de l’appel d’Angondjé et signataires de la charte du rassemblement des bâtisseurs se sont réunis ce vendredi 29 août à Libreville. Leur porte-parole, Joachim Mbatchi Pambou, a tenu une déclaration solennelle pour faire le point sur la situation politique à moins d’un mois des élections législatives et locales.

« C’est avec gratitude que je prends la parole ce soir, car les circonstances et la situation politique délétère et sociale de notre pays, à moins d’un mois des dates arrêtées par le ministère de l’Intérieur, nous conduisent à un nécessaire arrêt pour évaluer ce qui a été fait et ce qui doit être fait », a-t-il déclaré dès l’ouverture de la conférence.
Engagement et fidélité à la transition
Fidèles à leur engagement citoyen, les partis ont rappelé leur contribution active aux étapes clés de la transition dont le dialogue national inclusif, le vote au référendum et le soutien à la candidature du président de la République. « Nous restons fidèles à votre engagement citoyen, librement consentis, pour la réussite de toutes les séquences de la transition », a insisté le porte-parole.
L’intégralité de leur déclaration
Cependant, l’heure est au bilan critique. Joachim Mbatchi Pambou a pointé un « climat de confusion et de cafouillage inouï » dans l’organisation des élections, du fait notamment de la gestion précipitée du calendrier électoral par le ministère de l’Intérieur. Il a dénoncé la récente confusion qui voit la révision de la liste électorale se dérouler simultanément au dépôt des candidatures. « Cet enchevêtrement procédural fragilise la crédibilité de l’ensemble du processus électoral », juge-t-il.
Entraves à la participation démocratique
Les retards dans la mise en place des commissions électorales sur le terrain, ainsi que les exigences supplémentaires imposées aux candidats, ajoutent, selon lui, à la complexité du scrutin. « Ces dysfonctionnements alourdissent le processus et compliquent la participation des citoyens et des partis politiques », a-t-il ajouté.
Ces problèmes ont été portés devant la cour constitutionnelle de transition, mais leur requête a été rejetée sans audition. « La tour de Babel a rejeté notre requête sans commune mesure et sans même nous avoir auditionnés », a rappelé le porte-parole avec un sentiment d’amertume.
Reconnaissance présidentielle des failles
Joachim Mbatchi Pambou a également évoqué les propos du chef de l’État lui-même, reconnaissant que « le processus électoral est mal engagé » et que « la transparence, la rigueur et le respect des règles républicaines ne sont pas négociables ». Face à ces manquements, le rassemblement des bâtisseurs exige la dissolution immédiate de la CNOCER, accusée d’être incapable d’assurer une organisation efficace. « Nous exigeons la dissolution sans moindre mesure de la CNOCER », a-t-il insisté.
En remplacement, ils proposent la création d’une commission nationale électorale indépendante, associant partis politiques, société civile et ministères techniques, afin de garantir la transparence et l’équité des prochaines élections. Pour finir, Joachim Mbatchi Pambou a lancé un appel à la responsabilité collective : « Nous faisons le serment ici-même et maintenant de défendre la démocratie chèrement acquise par nos défenseurs, parfois au prix du sacrifice ultime. Cette démocratie doit être appliquée à tous les actes de notre vie en commun ».
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