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Crise post-électorale

Krystalkiller et Rodzeng demandent aux autorités gabonaises « Où est le do ? »


Culture
  • Krystalkiller et Rodzeng demandent aux autorités gabonaises « Où est le do ? » © 2016 D.R./Info241
Publié le 12 novembre 2016 à 15h09min

Les difficultés de trésorerie des autorités gabonaises et les récents malheurs de paiement des fonctionnaires ont fini d’inspirer plus d’un. Cette fois, ce sont rappeurs Krystalkiller et Rodzeng qui s’y collent dans leur nouvelle collaboration dénommée "Où est le do ?", une satire bien inspirée des difficultés de paiement des fonctionnaires gabonais depuis le 25 du mois dernier.

Krystalkiller et Rodzeng sont de retour depuis quelques jours avec une nouvelle tuerie inspirée des difficultés financières que traversent actuellement le Gabon, contraint de multiplier les émissions de ses bons du Trésor public sur les marchés. Il en fallait peu pour faire bondir les deux comparses qui s’interrogent où est donc passé l’argent du pays.

La lyrics-vidéo de « Où est le do ? » de Krystalkiller et Rodzeng

Pour les deux rappeurs qui s’interrogent sur cette situation inédite pour le pays pétrolier, les caisses de plusieurs établissements bancaires dont celles de l’Etat sont vides, rongées par d’autres dépenses farfelues (CAN, arrivée de Messie, campagne présidentielle etc) qui ont vite fait d’avoir raison des finances publiques...

Krystalkiller qui est le premier à s’y coller dans un premier couplet satirique, se fait le porte-voix des fonctionnaires désabusés. Le rappeur lance : "Donc tous ces mois que l’on a travaillé, nous voilà comme des mourants". Et de s’interroger : "Dites alors comment on va payer le loyer, et le courant...". Évoquant même le paradoxe des ministres qui se font "tout plein les poches" pendant que "les fonctionnaires sont eux "toujours doublés", faisant surement référence au ministre de la santé qui s’est fait dérobé près de 25 millions dans un avion en se rendant en France.

Rodzeng revient à son tour sur la paralysie de l’économie gabonaise dans un second couplet à charge toujours avec un brin d’humour. L’ancien sociétaire du groupe évoque à son tour le "silence des billets" tout en épinglant plusieurs personnalités politiques de premier plan. Et le rappeur de s’interroger : "C’est l’eau de la SEEG qui les rend bêtes au point qu’eux-mêmes sont "ngué" et jouent les tortionnaires ?".

Le tout sur un refrain très laconique emmené par le ton très enjoué des deux rappeurs gabonais. Depuis la crise post-électorale gabonaise, nombreux sont les artistes qui ont livré le point de vue des jeunes en musique. Krystalkiller et Rodzeng sont de ceux-là qui utilise leur musique pour dépeindre leur société en évitant toute démesure et loin des langues de bois traditionnellement distillés dans les canaux officiels.


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