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Mensonge d’Etat

Coup d’Etat du 7 janvier : des meurtres faussement attribués aux gendarmes gabonais


Analyse
  • Les assaillants tués par la SIS © 2019 D.R./Info241
Publié le 21 janvier 2019 à 07h32min

Le 7 janvier dernier, les Gabonais ont découvert ahuri les corps des membres du commando emmené par le lieutenant Kelly Ondo Obiang. Ces militaires avaient appelé à renverser le régime d’Ali Bongo au profit d’un « conseil national de la restauration ». L’assaut sanglant de la radio nationale où s’étaient réfugiés les insurgés, a coûté la vie à deux hommes parmi les « putschistes ».

Un exploit ensuite attribué au Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) par les autorités gabonaises. Faux, rétorquent plusieurs sources à la rédaction d’Info241 désignant plutôt une unité clandestine, la Section d’intervention spéciale (SIS) de la Garde républicaine, comme à l’origine des meurtres commis ce jour-là. Retour sur un mensonge d’Etat.

Un mensonge d’imprécision

Le lundi 07 janvier 2019, le lieutenant Kelly Ondo Obiang et ses hommes en service à la GR, avaient pris d’assaut la radio nationale pour y diffuser un message d’appel à la « libération » du Gabon. Pour les déloger de ces locaux, le gouvernement gabonais par la voix de son porte-parole de l’époque, Guy Bertand Mapangou, avait dit y avoir envoyé une unité spécialisée de la gendarmerie nationale de l’anti-terrorisme.

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Un mensonge recadré deux jours plus tard par le procureur Olivier N’zaou qui aura préféré évoquer le terme générique de « forces de l’ordre » pour désigner les hommes à l’origine de l’assaut qui aura coûté la vie au sergent Alex Philippe Nze Cekirge Kirkor et l’adjudant Simon-Pierre Ekong.

La SIS plutôt que le GIGN

Selon nos informations, il s’avère plutôt que l’assaut donné ce 7 janvier peu après 8h, ait été entrepris par une unité d’élite de la GR reconnue sous le sigle de SIS (Section d’intervention spéciale) dont les missions sont semblables à celles du GIGN gabonais. A la seule différence que la SIS en réalité a des missions limitées à la seule protection du président de la République, voire à son entourage direct.

Elle n’a donc pas d’assise juridique l’attribuant compétence à agir dans le domaine public contrairement au GIGN qui est une force publique instituée, aux compétences élargies mais qui, comme d’autres corporations ne relevant pas de la sphère directe de la présidence de la République, ne comportent pas des mêmes moyens matériels et logistiques appropriés que leurs pairs de la SIS (GR).

Tués par des snipers

L’on peut tout de suite comprendre le choix effectué par le patron des services secrets, Frédéric Bongo sur la SIS au détriment du GIGN à qui on attribue indûment la riposte au coup de force intenté le 7 janvier. L’attribution de cet exploit au GIGN répond donc au souci impérieux de coller à la légalité !

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L’autre nuance à apporter concerne l’exécution des mutins militaires (un gendarme et un militaire de la garde républicaine) dont les corps ont été trouvés sur le toit de la maison de la radio. La même source indique que ces deux militaires ont été exécutés par des snipers, c’est-à-dire des éléments spécialisés dans le domaine du tir, capables d’exécuter des tirs sur des objectifs ou des cibles fixes ou mobiles situés à des kilomètres sans être vus.

Ces snipers, l’on suppose, étaient postés de part et d’autres des immeubles avoisinant la maison George Rawiri. On soupçonne les immeubles de l’Assemblée Nationale et du ministère de l’Economie.


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