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Climat politique

Un militant de l’opposition gabonaise interpellé pour avoir dit « Ali Bongo est mort »


Politique
  • Le président du MPR, exprimant son soutien au président de la confédération Dynamique unitaire © 2019 D.R./Info241
Publié le 11 juillet 2019 à 12h07min

La simple évocation de la santé d’Ali Bongo met décidément sur les dents les autorités judiciaires gabonaises. Hier, le tour est revenu à un militant de l’opposition gabonaise, Féfé Onanga, d’en faire les frais. A son domicile à Port-Gentil, le président du Mouvement populaire des radicaux (MPR, opposition radicale) a été interpellé pour avoir tenu quelques jours auparavant des propos en soutien à un leader syndical persécuté par les autorités pour avoir soutenu la « mort » d’Ali Bongo.

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Les agents de l’antenne provinciale de la Direction générale des recherches (DGR), le service de renseignement de la gendarmerie gabonaise, ont encore fait parler d’eux. Selon les proches de l’opposant inquiété, les gendarmes ont encerclé hier son domicile dès 4h du matin avant de procéder à son interpellation autour de 7h. Des précautions policières, comme s’ils devaient procéder à l’arrestation d’un bandit de grand chemin.

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Dimanche, le militant proche de l’opposant Jean Ping, rival d’Ali Bongo depuis la présidentielle controversée d’août 2016, réagissait en direct sur les réseaux sociaux sur le communiqué du ministère de la justice contre leader syndical Jean Remy Yama. Celui-ci avait déclaré le 2 juillet, avoir la « conviction qu’Ai Bongo est mort, il n’existe plus » car ne répondant plus depuis des mois aux sollicitations du monde des travailleurs depuis la survenue de son accident vasculaire cérébral et son retour au Gabon le 23 mars dernier.

La vidéo à l’origine de son interpellation

C’est dénonçant le « chantage » des autorités à l’encontre du président de la confédération Dynamique unitaire, Jean Remy Yama, que Féfé Onanga avait à la suite du syndicaliste avait déclaré entre autres avec la verve qu’on lui connait : « Nous on emboîte le pas pour dire qu’Ali Bongo est mort. Demain on attend pour que l’on soit arrêté. On va remplir les prisons du Gabon ». Il semblerait donc que les autorités judiciaires provinciales l’aient pris aux mots.

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Hier donc, Féfé Onanga a été gardé dans les locaux de la DGR avant d’être conduit au tribunal de Port-Gentil pour y être à nouveau entendu. Il sortira finalement libre du palais de justice autour de 11h30. Une mésaventure qui montre bien la fébrilité des autorités à simple évocation du mot « mort » associé à Ali Bongo.

Encore la veille, mardi, répondant aux rumeurs sur la santé d’Ali Bongo, le Premier ministre gabonais avait réclamé de la « compassion » et de l’humanité pour Ali Bongo qui selon lui, est pourtant en « bonne santé ». Pas évident donc de comprendre le remue-ménage fait autour de cette affaire par les autorités judiciaires gabonaises.


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