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Tendances : les marchés émergents en Afrique

Tendances : les marchés émergents en Afrique
Tendances : les marchés émergents en Afrique © 2020 D.R./Info241

Depuis mi-2015, certains des analystes les plus importants des marchés mondiaux ont relevé deux tendances : l’une, le ralentissement des marchés émergents - en particulier dans le groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) - après une décennie de croissance ; et l’apparition sur le radar de pays du continent africain, dont les économies ont commencé à croître considérablement. Deux d’entre eux, la République-Unie de Tanzanie, pays de près de 52 millions d’habitants, et la République du Kenya, qui borde la Tanzanie au nord, et dont la population est similaire : près de 47 millions de personnes.



Pendant ce temps, d’autres pays africains vivent actuellement d’atroces réalités de famine - une véritable situation d’urgence est actuellement vécue au Yémen, au Soudan du Sud, au Nigéria et en Somalie, causée par les guerres, la destruction des systèmes de production et les sécheresses successives. Les cas susmentionnés de la Tanzanie et du Kenya partagent une série d’éléments : la croissance de leurs économies et de leurs classes moyennes ; programmes d’investissement dans les infrastructures et l’éducation ; et, ce qui est très important, l’existence d’un cadre juridique et institutionnel, auquel s’ajoutent les programmes macroéconomiques à des fins de stabilité, ont commencé à produire des résultats.

Ces deux exemples, jusqu’ici emblématiques des effets positifs qu’une combinaison de bons critères politiques et économiques peut produire, s’ajoutent aux investissements que les plus grandes entreprises mondiales réalisent dans les pays africains : P&G commencera à fabriquer plusieurs de ses produits en une usine en Afrique du Sud, avec laquelle elle approvisionne les régions de l’est et du sud-est du continent ; Kellogg’s Company a signé une alliance avec Tolaram Africa Foods, pour créer une société qui desservira le marché ouest-africain. Des dizaines de grandes entreprises mondiales évaluent actuellement des investissements très importants dans ces pays.

Un autre cas présentant un intérêt particulier est celui du Nigéria, avec une population actuelle de 188 millions d’habitants, il est projeté comme le quatrième pays le plus peuplé du monde d’ici 2030 et le deuxième plus peuplé d’ici 2050. Le Nigéria a traversé une période de récession et d’économie. Croissance en 2015-2016 après près de deux décennies de croissance forte et soutenue, au milieu de conflits sociaux et politiques turbulents dans le nord du pays.

On le sait, l’Afrique est une région du monde, riche en matières premières minérales et végétales, mais en même temps, historiquement affectée par la violence qui déchaîne le désir de maîtriser ces richesses, et par les cycles vertigineux d’augmentation et de diminution des les prix des matières premières. Le lecteur intéressé à explorer le lien entre la violence, souvent illimitée, et le contrôle de la richesse contenue dans le sous-sol africain, devrait lire The Colonial Heritage and Other Courses, du journaliste Jon Lee Anderson, où les cas sont décrits en détail Hells du Liberia, Angola, Zimbabwe, Somalie, Guinée, Libye et Soudan.

La question que beaucoup se posent est de savoir lequel de ces pays atteindra la visibilité et l’intérêt que l’Afrique du Sud, en tant que marché émergent, a acquis en rejoignant le groupe BRICS. Il est clair que le potentiel de tout le continent se traduit par d’importants investissements étrangers par une grande partie de la géographie africaine. L’ampleur des investissements chinois dans plusieurs pays ou les importants investissements d’origine brésilienne en Angola et au Mozambique, deux pays africains lusophones, se démarquent.

Pour l’année 2016, le bilan des investissements étrangers en Afrique indiquait que le continent africain avait enregistré des investissements directs étrangers de l’ordre de 67 milliards de dollars, mettant en avant outre la Chine et le Brésil, des investisseurs d’origine italienne, koweïtienne, sud-coréenne et américaine, dans des secteurs aussi divers que l’énergie, le bois, le sucre, la bauxite et même la fabrication d’écrans de télévision. Cette condition a déclenché une augmentation des transactions boursières parmi les Africains, et aujourd’hui, acheter des actions n’est plus quelque chose qui est difficile à comprendre pour les Africains.


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