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Sécurité

Tchad : la société civile et l’opposition dénoncent la « défaillance » du régime d’Idriss Déby


International
  • Le président Tchadien face à la presse gabonaise, ce mercredi © 2019 D.R./Info241
Publié le 5 juin 2019 à 22h38min

La société civile et l’opposition tchadiennes dénoncent la « défaillance » du pouvoir qui menace de rétablir la cour martiale au moment où les attaques djihadistes et les violences inter-communautaires se multiplient dans le pays.

Le président tchadien Idriss Déby Itno a dénoncé mardi à N’Djamena « de fortes complicités locales » avec le groupe djihadiste nigérian Boko Haram dans la région du lac Tchad où au moins huit attaques ont eu lieu depuis juin 2018, appelant à dénoncer « tous ceux qui servent de relais aux terroristes ».

Pour le chef de l’Etat, le Tchad « peut se présenter comme une digue » protégeant l’Afrique centrale de l’instabilité qui règne dans plusieurs pays du continent. Les questions sécuritaires « pèsent beaucoup sur nos pays, la question de la (situation en) République centrafricaine, ou de Boko Haram (le groupe djihadiste nigérian) ou de la situation sécuritaire au Soudan, ou en Libye qui sont les pays voisins du Tchad », ont été abordées lors d’un entretien avec le président gabonais Ali Bongo Ondimba.

« Le Tchad peut se présenter comme une digue, si ça cède, ça ne serait pas bien », a-t-il souligné au palais présidentiel gabonais. Les militaires tchadiens ont participé à de nombreuses opérations en Afrique, notamment contre les djihadistes au Mali, aux côtés de l’armée française.

Il a également menacé de rétablir la cour martiale, supprimée en 1993, alors que l ?est du pays est en proie à un grave conflit inter-communautaire entre éleveurs et agriculteurs. Cette juridiction était compétente pour juger militaires et civils. Le Tchad a aboli fin 2016 la peine de mort à l ?exception des affaires de « terrorisme ».

Pour l’opposition tchadienne, les dernières déclarations du chef de l’Etat illustrent son « incapacité » à continuer à présider aux destinées du Tchad. « C’est la preuve que Déby est incapable de gérer le pays sans recourir à des lois d’exception (...) les conflits intercommunautaires se multiplient de plus en plus. C’est la preuve que le régime actuel est à bout de souffle », a déclaré le président de l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau(UNDR), Saleh Kebzabo.

Au moins trente et une personnes sont mortes mi-mai dans l ?est du Tchad, au cours d’affrontements opposant agriculteurs autochtones ouaddaïens et éleveurs membres de tribus arabes.


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