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Corruption généralisée

Patrichi Tanasa, l’AJEV, les Alihanga et les 85 milliards dérobés à Gabon Oil Company


Société
  • Patrichi Tanasa, l’AJEV, les Alihanga et les 85 milliards dérobés à Gabon Oil Company © 2019 D.R./Info241
Publié le 27 novembre 2019 à 12h56min

On en sait désormais un peu plus sur les soupçons de corruption et de blanchiment d’argent qui frappent les proches de Brice Laccruche Alihanga Fargeon alias BLA. Selon le quotidien l’Union, à Gabon Oil Company (GOC) aux mains de Patrichi Christian Tanasa Mbadinga, ce sont pas moins de 85 milliards qui auraient pris des chemins obscurs en deux ans. Au menu de cette toile d’enrichissement illicite : surfacturation, trafic d’influence, caisses noires, financements opaques etc. Un scandale financier qui éclabousse pleinement la galaxie BLA avec son demi-frère et maire d’Akanda Gregory Laccruche Alihanga et le ministre de l’Energie Tony Ondo Mba.

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Les proches de Brice Laccruche Alihanga Fargeon qu’il avait particulièrement réussi à propulser à la tête d’entreprises publiques juteuses, se sont clairement servis dans les caisses de l’Etat. L’enquête ouverte depuis plusieurs semaines par les autorités gabonaises, au lendemain de son éviction du palais présidentiel le 7 novembre, commence à livrer l’ampleur du scandale à l’origine de l’interpellation et des gardes à vue d’éminents membres de l’AJEV.

Malversations à 85 milliards

Selon nos confrères de l’Union dans leur livraison du jour, Patrichi Tanasa qui a depuis été nommé conseiller politique d’Ali Bongo, aurait mis la main à l’aide de plusieurs complices, sur 85 milliards durant ses deux années passées à la tête du mastodonte Gabon Oil Company (GOC). A Gabon Oil Marketing (GOM), filiale de la GOC, se sont pas moins de 43 milliards qui auraient pris la clé des champs. Ces décaissements non justifiés sont de l’ordre de 25 milliards pour les autres filiales de l’entreprise pétrolière publique que sont Gabon Engineering et Construction (GEC), Gab’Oil et Gabon Logistique et Services (GLS).

Outre ces 68 milliards décaissés sans plan d’utilisation pour les filiales de la GOC, la scabreuse gestion de l’entreprise confié à l’Ajevien Tanasa, fait ressortir la bagatelle somme de 6,7 milliards de francs de chèques établis à des personnes physiques sans le moindre justificatif. Pire, sieur Tanasa limogé pourtant le 7 novembre, en a profité pour faire l’achat de 16 pick-up et ordonné le règlement de 2 milliards de francs en faveur de Dupont Consulting Company une entreprise familiale gérée par le maire d’Akanda Gregory Laccruche et le ministre de l’Energie Tony Ondo Mba.

Une mafia Ajevienne

C’est à cette nébuleuse entreprise privée qui porte le nom d’ailleurs le nom de la mère de Gregory Laccruche et Brice Fargeon que Tanasa a confié la gestion comptable et financière de la GOC aux mépris des règles d’orthodoxie financière en matière d’entreprise publique. Durant les 2 années de gestion de Tanasa, Dupont Consulting Company aurait empoché en plus pas moins de 500 millions. Des contrats de gré à gré entre amis et proches qui ont certainement servi à contribuer à un enrichissement certain de la galaxie Ajevienne présidée par Brice Fargeon.

Car le scandale financier à la GOC ne s’arrête pas là. Patrichi Tanasa aurait, via la GOM, dépensé 3,8 milliards de francs pour le financement des associations toujours sans justificatifs. Le puissant homme fort de l’AJEV aurait profité également de l’argent public pour se payer les services d’activistes souvent hostiles au régime d’Ali Bongo tel que le célèbre Lanlaire. Ces transactions se faisaient via des émissaires grassement payés tels que le président des Sociaux-démocrates gabonais (SDG, majorité) Juste Louangou Bouyomeka, Ismaël Borobo ou encore Gaël Koumba désigné pompeusement comme étant le « Général des Mapanes ».

Avec autant d’éléments probants, on se demande comment Ali Bongo qui est censé être le gabonais le mieux informé du pays, ait pu faire de ce criminel financier présumé son conseiller politique à la présidence de la République. Mieux, la justice gabonaise pourtant prompte à prescrire des détentions préventives à des justiciables pour des affaires moins scandaleuses que celle-ci, en soit réduite à des interpellations et autres auditions libres. Ce deux poids deux mesures montre bien le traitement spécial dont jouissent les fidèles du régime auprès de la justice censée être la même pour tous.


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