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Répression judiciaire

Mort d’Ali Bongo : pluie d’arrestations « arbitraires » de plusieurs leaders syndicaux gabonais


Société
  • Les membres de Dynamique unitaire hier © 2019 D.R./Info241
Publié le 15 juillet 2019 à 09h34min

Après avoir menacé le président de Dynamique unitaire, Jean Remy Yama, pour des propos tenus le 2 juillet sur la « mort » d’Ali Bongo, les autorités gabonaises ont procédé à des « rafles » de leaders syndicaux mercredi et vendredi derniers. Sont tombés entre les mains de cette répression judiciaire, 4 leaders syndicaux tous proches de la puissante confédération syndicale publique, pour avoir soit marqué leur soutien à Yama soit pour avoir soutenu à leur tour, la « mort » d’Ali Bongo face à son mutisme aux sollicitations des travailleurs.

Les autorités gabonaises en tête desquelles le ministère de Justice, semblent à fleur de peau à la moindre évocation de la mort d’Ali Bongo. Selon une déclaration à la presse de la 3ème vice-présidente de Dynamique unitaire Chantale Mackossot d’hier, les « rafles » dirigées par le procureur de la République, Olivier N’zahou, auraient débuté le mercredi 10 juillet par l’arrestation de Ghislain Malanda, président du syndicat des agents du ministère de transport et de l’aviation civile.

La vague d’arrestations des leaders syndicaux s’est ainsi poursuivie vendredi 12 juillet par le « kidnapping » de trois membres de la confédération syndicale : Simon Ndong Edzo (premier vice président), Sylvie Nkogue Mbot (secrétaire confédérale chargée du parapublic et du privé) et Jean Bosco Boungoumou Boulanga (président du syndicat ONPESE). Comme Ghislain Malanda avant eux, les trois leaders ont été arrêtés à leur domicile par des agents de police « cagoulés » et lourdement armés.

Le point de presse de Dynamique unitaire du 14 juillet

« Jusqu’à ce jour, la confédération syndicale Dynamique Unitaire ignore les mobiles pour lesquels ils ont été kidnappés et sont maintenus arbitrairement dans les locaux de la police judiciaire : de facto, ces derniers font l’objet d’une détention arbitraire », a dénoncé dimanche Chantale Mackossot au cours du point de presse de Dynamique unitaire à son siège d’Awendjé. La confédération d’ajouter que ni elle ni leur avocat n’ont pu rencontrer les personnes arrêtées du fait « des instructions fermes » du procureur de la République N’zahou.

Dénonçant les violations des droits des syndicalistes arrêtés, Dynamique unitaire a dans sa déclaration dominicale, déploré « les sévices corporels perpétrés par ces agents sur les quatre syndicalistes au point d’affecter leur santé ». Elle tient pour preuve le cas de Jean Bosco Boungoumou Boulanga, « interné au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL) suite à des tortures en détention ayant fracturé son tibia gauche et sa hanche ».

Voyant dans cette vague d’arrestations une « chasse à l’homme » ouverte contre ses membres, Dynamique unitaire dit condamner « avec la plus grande énergie de telles pratiques qui n’honorent ni leurs auteurs, ni leurs exécutants, ni le Gabon ». Avant d’exiger « la libération pure et simple et sans condition de ses camarades » dont certains sont sous prescription médicale et exige la prise régulière de médicaments.


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