Justice populaire

Rapts d’enfants : deux morts et un dispositif policier renforcé au Gabon

Rapts d’enfants : deux morts et un dispositif policier renforcé au Gabon
Le ministre de l’Intérieur Lambert Noël Matha, hier © 2020 D.R./Info241
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Le gouvernement gabonais qui peine à rassurer les populations sur la vague d’enlèvements d’enfants supposée, a de nouveau réagi hier soir aux événements de justice populaire survenue hier dans le pays. Cette fois, c’est le ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha, qui s’y est collé pour annoncer la mort d’un compatriote et un autre blessé interné au CHU de Libreville qui aurait trouvé lui aussi la mort ce samedi. Pour conjurer la montée en puissance de la justice populaire, le gouvernement a annoncé un renforcement d’agents de forces de l’ordre aux abords des établissements scolaires à travers le pays.

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La capitale gabonaise a fortement vibré hier au rythme de soulèvements populaires contre des présumés kidnappeurs d’enfants. Ce qui a donné lieu à des événements de justice populaire face à l’impuissance présumée des autorités à enrayer la psychose qui a gagné les populations gabonaises depuis l’enlèvement confirmé du petit Rinaldi à Bitam (Woleu-Ntem).

Deux morts

Selon le gouvernement qui était réuni en conseil interministériel « spécial » vendredi, les événements malheureux d’hier à Libreville ont coûté la vie à Stanislas Mba Ngoua « qui a eu le malheur d’être au mauvais endroit et au mauvais moment » et envoyé à l’hôpital un autre compatriote Patrick Eyeghe qui aurait été blessé par les nombreux soulèvements d’hier. Tout deux victimes, selon la déclaration du ministre de l’Intérieur, de « ces actes manipulatoires ».

L’intégralité de la déclaration gouvernementale d’hier

Face à cette psychose que le gouvernement dit « savamment entretenue », les autorités gabonais ont annoncé « un déploiement conséquent des Forces de Sécurité et de Défense sur toute l’étendue du territoire national avec une plus grande concentration aux abords des établissements scolaires ». Ainsi, « Des fouilles systématiques des véhicules seront effectuées par les Forces de l’ordre dans le respect des droits humains et des Conventions internationales », promet le gouvernement.

Menaces sur les lanceurs d’alerte

Agacé par le pouvoir des réseaux sociaux dans la montée de cette psychose, le gouvernement qui avait déjà promis des représailles aux lanceurs d’alerte, a rappelé que « la propagation des fausses nouvelles via les réseaux sociaux ou tout autre moyen, qui trouble l’ordre public expose son ou leurs auteurs et complices à des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans, conformément aux dispositions de l’article 227, alinéa 1er du Code Pénal ». Promettant la fermenté « vis-à-vis de ceux qui auront choisi la barbarie comme expression de justice ».

Lambert Noël Matha a en outre, indiqué que suite au « Conseil Interministériel de ce jour [vendredi, ndlr], le Gouvernement décide que les cours reprendront le lundi 27 janvier 2020 ». Une crise qui pourrait donc avoir court encore plusieurs jours à en croire l’ampleur de la psychose qui a gagné les réseaux sociaux depuis deux semaines. Celle-ci s’est matérialisée hier par de nombreux actes de justice populaire contre des présumés kidnappeurs d’enfants.


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