Guerre présidentielle

Nourredin Bongo exige à Moukagni Iwangou la tête du recteur de l’UOB

Nourredin Bongo exige à Moukagni Iwangou la tête du recteur de l’UOB
Nourredin Bongo Valentin (gauche) et le recteur de l’UOB Marc Louis Ropivia © 2020 D.R./Info241

Nommé par décret présidentiel de son père coordinateur des affaires présidentielles à la Présidence gabonaise, Noureddin Bongo Valentin semble avoir en horreur l’actuel recteur de l’Université Omar Bongo (UOB) Marc Louis Ropivia . Dans une lettre datée du 3 février qui a fuité hier, le fils d’Ali Bongo fait de nombreuses injections au ministre de l’Enseignement supérieur Jean de Dieu Moukagni Iwangou, pour mettre sur la touche Marc Louis Ropivia. Un activisme du fils aîné de Sylvia Bongo Valentin qui accuse à demi-mots le recteur de corruption, lui-même poursuivi depuis le 13 janvier par plusieurs leaders de la société civile pour corruption active et passive.

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Noureddin Bongo Valentin (27 ans) aura-t-il la peau du recteur Marc Louis Ropivia (69 ans) ? Le bras de fer est clairement de mise entre les deux hommes, à en croire un courrier officiel daté du 3 février, qu’a adressé le premier cité contre le second au ministre de l’Enseignement supérieur. Dans celle-ci, Noureddin Bongo Valentin se plaint que le recteur ait pris un arrêté pour nommer une conseillère en charge de la scolarité. Selon le fils d’Ali Bongo, cette nomination usurpe « de ce fait les attributions et missions du directeur de la scolarité » Joelle Ardette Edou, nommée elle en conseil des ministres le 7 novembre 2019.

Les trois personnalités impliquées dans ce bisbille administratif

Poursuivant sa salve de plaintes, Noureddin Bongo Valentin dénonce égaement le rattachement de la direction administrative et financière de cet établissement au bureau du recteur. Et le récent coordinateur des affaires présidentielles de marteler « ces pratiques peu orthodoxes avaient déjà valu à monsieur Marc Louis Ropivia, un rappel à l’ordre de la Cour des comptes en 2007, relatif à la gestion des inscriptions » des étudiants. Et de lancer contre le ministre accusé implicitement de n’avoir pas fait son travail : « cette situation aurait dû entraîner le rejet systématique de sa candidature au poste de recteur de l’UOB ».

Et le jeune coordinateur des Affaires présidentielles de rappeler au ministre Moukagni Iwangou qu’en tant que président du conseil d’administration de l’UOB, il « peut interrompre le mandat rectoral dès lors qu’il est constaté des manquements graves dans la gestion administrative ou financière de cet établissement ». Une injonction qui met dans une posture embarrassante le ministre de l’Enseignement supérieur désormais sommé par Noureddin Bongo Valentin de « rappeler à l’ordre » le recteur décrié.

Car le chapelet des griefs de Noureddin Bongo Valentin contre ledit recteur ne s’arrête pas là. Il s’étonne que cette université en « proie à d’énormes difficultés de fonctionnement » ait prévue un budget de 500 millions pour la célébration de son cinquantenaire. Et le fils d’Ali Bongo d’enjoindre le ministre, toujours comme s’il était son supérieur hiérarchique, de « commander un audit financier de tous les établissements placés sous votre tutelle pour le compte des cinq dernière années ».

Voilà qui met Jean de Dieu Moukagni dans une bien belle posture. Obéira-t-il au fils d’Ali Bongo de peur de se voir éjecté à son tour du gouvernement ou jouera-t-il la montre pour se faire sa propre opinion de ces griefs ? La patate chaude est clairement entre les mains du ministre de l’Enseignement supérieur tenu par ce courrier d’obéir au fils d’Ali Bongo, bombardé que le 5 décembre dernier coordinateur des affaires présidentielles.


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