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contentieux électoral

Mborantsuo annonce la couleur de la rareté de l’inversion des résultats officiels


Société
  • Mborantsuo annonce la couleur de la rareté de l’inversion des résultats officiels © 2016 D.R./Info241
Publié le 16 septembre 2016 à 08h21min

La présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise, Marie Madeleine Mborantsuo, a accordé une interview jeudi à nos confrères de Jeune Afrique. Dans celle-ci, la présidente de haute cour qui cristallise les craintes de l’opposition et chargée de trancher le contentieux électoral avec 8 autres juges, a affirmé que l’inversion des résultats était un cas plutôt « rare ».

La présidentielle du 27 août a fait plonger le pays dans une crise sans précédent de sa jeune histoire démocratique. Marie Madeleine Mborantsuo qui préside la cour devant dire le droit entre le victorieux déclaré Ali Bongo et celui la revendiquant Jean Ping, a accordé une longue interview à l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique. Le moins que l’on puisse dire est que la présidente de la Cour, est plutôt sereine. Un peu trop même pourrait-on dire !

Ce qui étonne le plus, c’est qu’elle compare volontiers la crise actuelle à celle de 2009. Pour Mborantsuo c’est une période « sensible » comme celle de 2009. Pourtant les deux situations n’ont ni la même gravité ni la même configuration. L’écart entre les deux rivaux est si faible, qu’une simple modification pourrait tout remettre en cause sur l’issue du vainqueur final.

De plus, l’ampleur de la crise actuelle et des contestations sont elles, toutes historiques ! 2016 n’a jamais été aussi grande et alarmante tant sur le plan des victimes tués par balles présentes dans les morgues que de la mobilisation citoyenne qui s’est emparée des Gabonais même au-delà de nos frontières.

Mais là où elle a franchi une ligne véritablement corrosive, c’est lorsque qu’elle indique que l’inversion des résultats déjà annoncés étaient rares. Elle affirme : « En l’état actuel du dossier, je ne puis me déterminer. Cependant, je dois dire qu’il est rare que la voie de l’inversion soit utilisée ». En clair, la position de la cour n’est pas d’utiliser la voie de l’inversion, pourrait-on alors conclure. Même si elle se ravise plus loin en indiquant : « il est prématuré d’envisager telle ou telle voie », fort heureusement !

En outre, répondant aux critiques sur son impartialité, Mborantsuo les bas en brèche en indiquant que le fait qu’elle ait été la maîtresse et la mère de deux enfants d’Omar Bongo, était « de l’histoire ancienne ». Mieux, elle renvoie une défense plutôt curieuse à ses détracteurs qu’elle se refuse de nommer : « ces relations ne les ont pas empêchés, eux, de se présenter contre le fils d’Omar Bongo Ondimba ou de critiquer son action », montrant in fine la fidélité qui est la sienne au fils de son ancien amant.

Voilà qui devrait encore ajouter plus de suspicions et d’énervements dans l’opinion qui a hâte de voir cette crise post-électorale s’élaguer sur une issue qui fasse consensus, empreinte de transparence et de justice. L’attente se poursuivra donc jusqu’au 23 septembre.


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