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Ambition politique

Maganga Moussavou entend bien diriger le Gabon malgré la maladie d’Ali Bongo


Politique
  • Maganga Moussavou entend bien diriger le Gabon malgré la maladie d’Ali Bongo © 2018 D.R./Info241
Publié le 9 décembre 2018 à 07h38min

Le vice-président Pierre-Claver Maganga Moussavou voudrait voir rejouer l’histoire politique gabonaise qui a fait d’Omar Bongo, alors vice-président, devenir le président du Gabon, profitant de la maladie mortelle de Léon Mba. C’est du moins en des termes moins directs que l’ancien maire de Mouila a présenté vendredi aux Altogovéens, l’avenir institutionnel du pays handicapé par la convalescence prolongée d’Ali Bongo.

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Maganga Moussavou voudrait-il enfin obtenir ce que les présidentielles de 1993, 1998, 2009 et 2016 n’ont pas réussi à l’offrir ? Dans un discours prononcé ce 7 décembre à Franceville, la veille d’une messe de prières pour qu’Ali Bongo recouvre ses moyens, Maganga Moussavou a clairement laissé entendre qu’il était prêt à diriger le Gabon durant tout le temps que pourrait prendre la convalescence d’Ali Bongo.

La maladie dont souffre Ali Bongo dévoilée

Pour l’ancien opposant modéré devenu vice-président le 21 août 2017, « personne ne peut se réjouir de la maladie ou de la mort de quelqu’un d’autre ». Dénonçant les rumeurs les plus folles distillées, selon lui, par les anciens amis d’Omar Bongo qui « après avoir laissé le témoin à leurs enfants, veulent le reprendre ». Reconnaissant indirectement que les élections qui se sont déroulées depuis dans le pays, n’étaient que de vagues mascarades de plan de succession entre des « pères » et leurs « fils ».

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Le vice-président gabonais a dévoilé officiellement le nom du mal qui handicape Ali Bongo depuis le 24 octobre à Riyad. « Celui qui n’a jamais connu un AVC (accident vasculaire cérébral, ndlr), qu’il prie Dieu pour qu’il ne connaisse jamais », a lâché Maganga Moussavou. Confirmant par là même toutes les informations de la presse internationale sur la maladie qui continue d’éloigner Ali Bongo du Gabon : un AVC !

Maganga Moussavou prêt à tout pour rester vice-président

Annonçant la couleur de ses intentions à diriger le pays sur les « orientations » d’un président malade, Maganga Moussavou s’est réfugié dans l’histoire récente du Gabon. « Le président Léon Mba malade en France, est resté plus d’un an à se faire soigner. Et c’est son vice-président qui allait la-bas recueillir ses orientations. C’est à l’ambassade du Gabon à Paris que les décrets étaient signés... que les orientations étaient données », a-t-il laissé entendre.

Un extrait de son discours d’hier à Franceville

Autrement dit, Maganga Moussavou est prêt à être ce vice-président qui bien que non-élu à la fonction présidentielle - rappelons qu’il a terminé 5e de la présidentielle de 2016 avec 0,34% des suffrages soit 1 173 voix - voudrait désormais gouverner le pays après 4 grands échecs aux présidentielles. Une revanche sur le pouvoir des urnes qui ne l’a jamais souri depuis son entrée en politique.

"Laisser le temps au temps"

Pour cela Mangaga Moussavou a tout prévu. Il faut selon lui, « laisser le temps au temps ». Pourtant comme le cas historique cité l’a réveillé, Léon Mba ne s’est jamais remis de sa maladie et son vice-président de l’époque, Omar Bongo, a ainsi pu régner sur le pays durant 42 ans sans discontinuité. Un rêve éveillé que voudrait faire sien sieur Maganga Moussavou.

« Mais attention. Je dis bien attention. Il faut en pareille circonstance, laisser le chef de l’Etat recouvrer tout le temps qu’il faudra sa santé. Il ne faut pas se précipiter », a tenté de convaincre les Altogovéens le vice-président. Et d’ajouter : « Il ne faut pas non plus le submerger de travail. Ce qui a fait qu’il soit dans cette situation, ce sont les voyages incessants. On ne le ménage pas ». Maganga Moussavou démontre pourtant qu’Ali Bongo a besoin de repos et que sa situation médicale ne lui permet de diriger normalement le pays.

Le plan de gestion du pouvoir

Maganga Moussavou a déjà pensé à tout : « Il suffit de 5 heures pour partir de Libreville pour Rabat... de faire signer les décrets qui s’imposent et de rentrer », entrevoit-il. Et de prévenir : « Il ne faut pas qu’il revienne pour rechuter de nouveau ». Autrement dit, Ali Bongo est mieux à l’étranger pendant que lui et le futur gouvernement prépareront « les décrets qui s’imposent ». Ils songeraient ainsi à des décrets et les feraient signer à un Ali Bongo malade que l’on déplacerait dans une ambassade pour obtenir sa signature.

Et pour ceux qui évoqueraient encore la vacance de pouvoir qui signifierait au passage le chômage du bien-heureux Maganga Moussavou, le vice-président en sursis s’est voulu clair pour conjurer ce futur funeste. « Ce sont les politiques qui écrivent la constitution. Mais il ne vont jamais jusqu’au bout parce qu’ils ont tous des arrières-pensées », a-t-il reconnu.

« Mais quand le président de la République est empêché provisoirement, il va de soi que c’est le vice-président de la république qui supplée à cette absence. Malheureusement, ce n’est pas écrit ainsi », a déploré le vice-président soutenant ainsi la modification imposée par la Cour constitutionnelle le 14 novembre. Cette décision controversée fait de lui la seconde personnalité éphémère du pays. Statut que ne lui confère toujours pas la Constitution actuelle.


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