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Débit anormal

Le gouvernement gabonais met Internet dans le pays en mode « couvre-feu »


Société
  • Le gouvernement gabonais met Internet dans le pays en mode « couvre-feu » © 2016 D.R./Info241
Publié le 8 septembre 2016 à 11h17min

Un « couvre-feu » frapperait actuellement les usagers d’internet au Gabon. Après avoir été privés du reste du monde durant 5 jours aux lendemains de l’annonce des résultats controversés de la présidentielle gabonaise, les internautes gabonais subissent désormais une diète de leurs usages d’internet assortie d’un « couvre-feu » électronique.

Les autorités gabonaises qui avaient pourtant garanties que les communications numériques, en occurrence Internet, ne sauraient pas coupées avant, pendant et après la présidentielle, ont vite depuis fait déchanter leurs promesses. Internet avait été coupé dans la nuit du sombre mercredi 31 août durant cinq jours avant de faire son retour cette semaine.

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Depuis ce retour, plusieurs internautes gabonais se plaignent du débit des usages dont ils peuvent jouir et auxquels ils étaient déjà coutumiers. Certains d’entre eux évoquent même des restrictions d’accès à des services tels que Whatsapp, Facebook, Viber qui sont désormais limités quand leur accès ne s’avère impossible.

Un post sur Facebook évoquant cette censure d’Internet

Le retour d’Internet utile non pas seulement pour les citoyens qui peuvent poster des photos des violences post-électorales, sert grandement à l’économie gabonaise dont plusieurs services au public dépendent. C’est le cas notamment des banques, de l’électricité et des services liés à la télévision.

Ainsi, sans officiellement l’annoncer, les autorités gabonaises auraient instaurées un « couvre feu » dont le principe est le suivant : Internet est coupé dès 18h et ne revient donc que le lendemain matin. Ce, pour ne pas pas pénaliser les opérateurs économiques dont l’activité est assujettie à Internet. Le chronogramme de ce couvre-feu qui ne dit pas nom, épouse ainsi uniquement les horaires de travail où le débit semble normal malgré des accès restreints aux réseaux sociaux.

Ce couvre-feu des connexions numériques masque mal la fébrilité du pouvoir gabonais englué dans une crise post-électorale dont il semble n’avoir pas réussi à gagner la sympathie des internautes. Ceux-ci, chaque fois que cela leur est possible, dénoncent les résultats d’une présidentielle dont beaucoup doutent de la sincérité et de sa transparence. Mais aussi et surtout des posts sur les violences perpétrées par les militaires gabonais sur ordre du camp d’Ali Bongo, pour faire taire les contestations.


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