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Vie chère

Le groupe français Bolloré accusé d’être à l’origine de la flambée des prix au Gabon


Economie
  • Ali Bongo et les responsables du groupe Bolloré, le 6 février 2014 à Paris © 2017 D.R./Info241
Publié le 19 juin 2017 à 13h41min

Le groupe français Bolloré est plus que jamais dans la tourmente. Trois ONG gabonaises ont décidé de dénoncer le partenariat que le géant français a signé avec l’Etat gabonais le 15 mai 2007. Selon les parties plaignantes, ladite convention serait à l’origine de la flambée des prix dans le pays mais plus grave, que celle-ci n’ait pas respectée la procédure en matière d’attribution de monopole en république gabonaise.

Le groupe Bolloré est dans le collimateur de trois ONG gabonaises (AJSF, S.O.S Consommateurs et Time) qui n’en peuvent plus de sa gestion des ports du Gabon à l’origine, selon elles, de la vie chère que vivent les gabonais malgré les mesures prises par le gouvernement pour y faire face. Cette convention mortifère pour le panier de la ménagère, priverait selon les ONG, l’Etat gabonais de la gestion de ses ports constituant pourtant un des éléments stratégiques dans le développement économique du pays.

Le panier de la ménagère en danger

« Cette convention est un scandale, dans la mesure où elle offre à Bolloré le monopole de la gestion de nos ports. C’est à cause de ce monopole que les prix de première nécessité atteignent des proportions déraisonnables. Ce monopole fait en sorte également que le Gabonais ne puisse pas vivre décemment. C’est la raison pour laquelle avec le groupe d’ONG, nous avons décidé de saisir les juridictions nationales pour obtenir la résiliation de cette convention, qui ne relève pas du pouvoir législatif national », a martelé maître Aimery Bhongo Mavoungou, avocat de ces ONG.

Et d’ajouter : « Nous avons ainsi pu remarquer que comme plusieurs pays africains, le Gabon importait plus de 90% de ses biens de consommation et de production, cette importation se faisant à 90%, par voie maritime. Et, malheureusement, une évidence s’offrait à nous : la gestion de notre principal port, celui d’Owendo, avait été confiée à une seule entité, Bolloré, dans des conditions violant honteusement les règles de concurrence et de passation des marchés publics ».

Une capture des différentes saisines opérées par les plaignants

Pour l’avocat des ONG en colère, la convention signée entre les autorités gabonaises et le groupe français serait illégale. Me Bhongo Mavoungou évoque le fait qu’aucun appel d’offre préalable n’ait été lancé pour sélectionner l’entreprise française comme le recommande le Code des marchés publics et l’article 6 de la loi 5/89 sur la concurrence au Gabon. Plus grave encore, cette convention n’a pas fait l’objet d’une approbation de la part de l’Assemblée nationale, comme le prévoit également la loi dans le cadre d’un monopole (l’article 47 de la Constitution stipule : « toute attribution d’un monopole fait l’objet d’un texte législatif »).

Visiblement acculé par tous ces griefs, le 14 juin 2017, dans un courrier adressé aux opérateurs économiques, le groupe Bolloré a enfin décidé d’une remise sur les coûts des prestations d’aconages et de relevage pour les containers pleins à l’import. Désormais, ils s’élèvent à 40% sur les produits de première nécessité (catégorie 1,2, et 4) ; 40% sur les containers frigorifiques et 20% sur les autres catégories.


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