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Succession présidentielle

Ali Bongo préparerait-il déjà Noureddine à prendre sa succession ?


Analyse
  • Ali Bongo et son fils Noureddine, dans un grand moment de détente au palais présidentiel © 2018 D.R./Info241
Publié le 20 février 2018 à 20h41min

Ali Bongo préparerait-il déjà ses vieux jours à la tête du Gabon ? Plusieurs indiscrétions semblent indiquer qu’il aurait déjà choisi son dauphin dans son cercle familial, comme se fut le cas avec son père Omar Bongo. C’est son fils Noureddine Edouard Bongo-Valentin, âgé seulement de 25 ans, qui aurait été choisi. La position que ce gamin occupe dans le sérail donne un crédit particulier aux rumeurs récurrentes sur une nouvelle succession dynastique, bien que démenties par les « hommes » du président.

Pourtant, tous les actes de ce dernier crédibilisent la thèse d’une succession de père en fils à la tête du pays que les Bongo considèrent comme un héritage familial depuis l’intronisation d’Omar Bongo en février 1964. Non seulement, Noureddine est désormais de tous les voyages du président à l’étranger où il le présente aux décideurs du monde, mais il dispose désormais d’un bureau feutré à la présidence de la République alors que ce fils prodige n’a aucune fonction officielle. Selon nos informations, il occupe dors et déjà la salle réservée aux agents de sécurité du président.

Nourredine prend ses quartiers à la Présidence

Même les aide-camp qui transportent souvent ses reliques à chacun de ses déplacements sont désormais relégués dans un coin moins confortable, où ils suffoquent. Ali Bongo préfère privilégier son rejeton pour faire plaisir à sa femme Sylvia, qui soutient la succession dynastique. Aujourd’hui, il se susurre que le petit restaurateur Noureddine est même le vrai directeur de cabinet de son père.

Noureddine aux cotés de ses parents

De plus en plus, il reste cloîtré avec son père au bureau pour apprendre des grands dossiers du pays. Comme si sentait sa mort venir, Ali Bongo procède progressivement à un transfert des pouvoirs vers son fils ainé au détriment de sa fille Malika.

Ali Bongo souhaite désormais que son enfant soit initié au Ndjobi et que tous ses collaborateurs soient soumis à un rituel de fidélité, comme il l’avait fait avec André Mba Obame, pour qu’ils ne lâchent pas Noureddine au moment de prendre le pouvoir et pendant l’exercice de celui-ci. Ali Bongo qui aimerait toute sorte de fétiches, veut transmettre cette appétence à un enfant qui ne connaît pourtant rien de la politique et de nos rites sacrés. Quel sacrilège ! Sa volonté d’y instaurer une dynastie ne semble devoir s’arrêter à aucun obstacle.

Une entrée en douceur

Le président Ali Bongo effectuera un remaniement ministériel pour d’abord nommer Noureddine à un poste qui le prédisposerait à prendre le pouvoir, comme ce fut le cas avec lui-même en 2009, après la mort d’Omar Bongo. Il pourrait prendre du champ, c’est-à-dire pas forcément se retirer complètement, mais jouer un rôle plus honoraire, de telle manière que son fils puisse assumer davantage de responsabilités et donc devenir l’homme en charge du pays.

Noureddine présenté au fief présidentiel du Haut-Ogooué

En plaçant son fils au bureau réservé aux seuls agents de sécurité, Ali Bongo a décidé de faire franchir un degré supplémentaire à son fils dans son ascension au sein des instances dirigeantes du Gabon. Le despote ne cache plus sa volonté de mettre en avant son fils comme prince héritier. Tout ce qu’il fait ces derniers temps obéit à la logique de préparer son fils à une succession dynastique, alors que le petit n’est bon que pour gérer son restaurant au bord de mer et les taxis jaunes qu’il vient de lancer pour aspirer de l’argent aux Librevillois. Il est le DGA de la holding Olam, qui a remplacé Delta Synergie pour accaparer les richesses nationales du pays.

Dans plusieurs photos diffusées sur la toile, on voit Noureddine tenant des attributs du pouvoir traditionnels remis par des notables du Haut-Ogooué lors d’une tournée effectuée par son très médiatique directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga. Ce dernier n’est en réalité qu’un valet de Noureddine et d’Ali Bongo. Lors du déplacement de Franceville, cet ancien chef de bandit n’était qu’un accompagnateur. En fait, le président ne voulait pas susciter d’autres critiques virulentes après le tollé soulevé par le projet de modification constitutionnelle.

Le début de grandes manœuvres

Dans un premier temps, il avait choisi sa fille Malika pour lui succéder à la tête du pays. Mais connaissant les coutumes bantoues qui ne prédisposent pas la femme à la chefferie et sur conseil de sa femme Sylvia, il a finalement choisi Noureddine comme prince héritier. C’est son épouse Sylvia l’a convaincu de prendre Noureddine parce qu’elle aimerait voir son fils au trône. Sylvia a dissuadé le président Ali de choisir Malika parce qu’elle est issue d’une autre femme, Aubierge Mouvagha.

Le fils prodige soutenu par sa mère

Ce qu’Ali Bongo n’a pas encore compris, c’est que le pouvoir n’est transmissible ni familialement ni sexuellement. A 93 ans, le vieux Robert Mugabe l’a appris à ses dépens. En voulant transmettre le pouvoir à son épouse Grace, il l’a finalement perdu. Ce qui se passe ailleurs peut arriver chez nous, surtout que le président frustre ses collaborateurs, y compris ses agents de sécurité qui détiennent pourtant sa vie entre leurs mains. Wait and see.


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