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Bruits de pouvoir

À quelle sauce les Ajeviens mangeront-ils encore prochainement les Gabonais ?


Analyse
  • Le patron de l’AJEV, Brice Fargeon posant avec un jeune de quartiers défavorisés © 2019 D.R./Info241
Publié le 22 octobre 2019 à 16h28min

Au terme de la tournée controversée de Brice Laccruche Alihanga Fargeon, le directeur de cabinet et « messager » d’Ali Bongo qui est plus connu pour être le parrain de l’AJEV et ses nombreuses tentacules politiques (RV, SDG etc), les appétits de ce franco-gabonais continuent de fourmiller. Ces derniers jours, ses sentinelles politiques tiennent des réunions à Libreville au cours desquelles, elles demandent aux Gabonais d’élaborer des projets au bénéfice de leur région d’origine. Une entourloupe en perspective.

À voir ce qui se passe actuellement au Gabon, il est difficile de croire que ce pays existe avant les années soixante. Tout se fait comme si du jour au lendemain, la République Gabonaise renaissait éternellement.Les uns se succédant aux autres, chaque gouvernement et chaque responsable d’administration arrive avec ses propres priorités qui passent avant celles dictées par la feuille de route du chef de l’État ou du Premier ministre. Si tant est que le pays dispose encore d’un président chef de l’État et d’un Premier ministre ayant encore de l’autorité.

Des réunions préparatoires

C’est donc dans ce flou artistique savamment entretenu et soutenu par la nébuleuse françafrique, que se jouent toutes les arnaques politiques et détournements budgétaires les plus massifs que le Gabon n’ait connu sous Omar Bongo. Tout y passe. Tout est bon à inventer pour se bâtir des patrimoines immobiliers et mobiliers hallucinants.

Brice Fargeon lors d’une précédente réunion avec sa cour

Actuellement, tout porte à croire que les filleuls du sulfureux et super puissant directeur de cabinet-messager intime d’Ali Bongo qui ne fait plus que paraître aux commandes qu’il ne l’est plus depuis un an déjà, s’attellent à organiser vraisemblablement leur propre évasion massive de fonds publics d’envergure. Depuis deux semaines déjà, à travers leurs partis politiques satellitaires créés en catimini peu avant l’élection législative passée, ils multiplient les réunions à Libreville.

De nouvelles malversations en perspective

Au cours de ces dernières, il est demandé aux conviés de produire des documents comportant au moins trois projets intégrateurs que le gouvernement financerait au profit de leur région d’origine respective.Très souvent organisées par les fils cadres et politiquement haut placés de chaque région, il n’est pas rare de noter le doute profond d’un peuple longtemps ainsi désabusé.

Il apparaît évident que pour plusieurs des fils et filles y prenant part, les contours de telles initiatives restent très souvent inavoués par ceux-là même qui se font passer aux yeux des leurs pour des héros à la cause des plus faibles. C’est d’ailleurs dans cet esprit que certains n’hésitent pas à qualifier d’enfumage de telles initiatives tant il est clair que la demande proviendrait d’un gouvernement qui dit être élu sur la base d’un programme de société dénommé le plan stratégique Gabon émergent (PSGE) qui a dû tenir compte de la moindre misère du Gabonais lambda et même du pygmée le plus isolé.

Un éternel recommencement

« Comment avec un tel programme que l’on dit même avoir été plébiscité en 2016, on arrive pas à identifier clairement les priorités de son peuple pour encore avoir besoin de projets élaborés par les villageois quand bien même, ce sont des experts de haut vol qui ont conçu le PSGE ? Hier encore, c’était le Fond d’investissements départemental (FID) qu’ils ont présenté comme solution miracle. Tout ça est où aujourd’hui ? Avec quels fonds vont-ils financer les projets sollicités ? Tout cela ne me rassure pas », assène sèchement un observateur averti.

Dans le tout Libreville actuellement, des immeubles sont construits de partout. Présentés comme investissements libanais, certaines indiscrétions n’hésitent pourtant pas à dénicher des blanchiments d’argent qui fuitent massivement des caisses de l’État et cachent volontairement les nationaux derrière ces pseudos commerçants libanais. Ainsi va désormais la République sous les yeux éclairés du tout puissant directeur de cabinet qui a déjà érigé son slogan « QUI BOUDE BOUGE » en mode de gouvernance.


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