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Enquête

Yusuf Bongo, la curieuse surprise derrière les taxis jaunes de Libreville


Analyse
  • Yusuf Bongo, la curieuse surprise derrière les taxis jaunes de Libreville © 2018 D.R./Info241
Publié le 14 mars 2018 à 22h45min

Il y a quelques semaines, les habitants de la capitale gabonaise ont été surpris de voir circuler, dans la cité, des véhicules de transport urbain aux couleurs de la ville de New-York. Une certaine opinion a laissé entendre que c’était une acquisition de Nourredine Bongo, l’un des fils d’Ali Bongo. Selon nos informations exclusives, cette nouvelle venue sur le marché des transports est la propriété du frère mauricien d’Ali Bongo, Yusuf Bongo Ondimba (33 ans), connu pour ses déboires mémorables avec les agents de police gabonaise.

L’enquête d’Info241 rondement menée auprès de la mairie de la capitale et du ministère des Transports et de la Logistique, a permis de découvrir le nom du véritable propriétaire de ces taxis jaunes qui continue d’éveiller la curiosité des Librevillois. L’entreprise de transport est bien sur le papier la propriété de Yusuf Bongo Ondimba, le demi-frère d’Ali Bongo, qui a vit depuis plusieurs années à New-York avec nombreux allers-retours sur Libreville.

Les taxis jaunes de Yusuf Bongo, sont apparus le 17 février sur le front de mer

Pour preuve, l’entreprise baptisée "Zainab Transport" est clairement un hommage à la mère de notre illustre entrepreneur gabono-mauricien. En effet, la mère de Yusuf Bongo Ondimba est Zainab Peeroo âgée aujourd’hui de 48 ans. Sa relation amoureuse avec le vieux Omar Bongo ayant débuté alors que la jeune Zainab n’avait que 15 ans, dans les années 1985. Un hommage mérité donc.

Une entreprise violant la légalité

D’après nos investigations, l’intéressé a passé la commande des fameux taxis au dernier trimestre de l’année 2017, après avoir mûri l’idée de créer une société de transport urbain pour faire fortune. Soutenu par son autre demi-frère Frédéric Bongo, il aurait mis en exergue son statut familial pour s’exonérer des frais de douanes.

Yusuf Bongo Ondimba, l’un des nombreux héritiers d’Omar Bongo

Dès l’arrivée des taxis, Yusuf Bongo Ondimba les a fait peindre en jaune, avant de les mettre en circulation. Or, la couleur des taxis de Libreville est le blanc-rouge. Plus étonnant encore, l’entrepreneur de la famille présidentielle n’a ni agrément pour l’exploitation du réseau de transport urbain ni l’autorisation du ministère des Transports. L’entreprise officie à Libreville, Akanda et Owendo dans le transport de particuliers, notamment par abonnement mensuels pour les élèves et sur appel pour les clients VIP.

Drapé de son statut de frère cadet du dirigeant du pays, Youssouf Ali Bongo Ondimba n’en ferait qu’à sa tête. « Nous avons été surpris d’apprendre qu’il y avait maintenant des taxis jaunes dans la ville. Au départ, on nous a dit que c’était pour le fils du président. Mais en réalité, c’est pour son cadet Youssouf Ali Bongo Ondimba  », nous a confié une source municipale qui a requis l’anonymat.

« Ça ne fait pas sérieux ! On ne peut pas se lever un beau matin et décider de mettre des taxis en circulation sans respecter la procédure. Il agit de la sorte parce qu’il est le frère cadet du président. Nous avons écrit à qui de droit. Nous attendons que des mesures soient prises pour stopper cette anarchie », a renchéri un maire d’arrondissement, visiblement exaspéré.

Le siège social de la société de transport urbain de Yusuf Bongo Ondimba est situé au quartier Batterie 4, dans le 1er arrondissement de Libreville. Les taxis, qui exploitent déjà le réseau urbain, ont des tarifs qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Le prix d’une course d’un domicile à un lieu de rendez-vous s’élève à 50 000 F CFA, tandis que celui du domicile au lieu de travail et du lieu du travail au domicile est plafonné à 100. 000 F CFA par mois. Les fameux taxis opèrent ainsi en toute illégalité.

Un homme d’affaires au passé trouble

De fait, Yusuf Bongo Ondimba est présenté comme une canaille qui n’hésite pas à bomber le torse même devant les policiers. Le 13 novembre 2012, il avait été pris en chasse par des agents de la Police judiciaire (PJ) qui avaient ouvert le feu sur sa Mercedes SL 350, avant de le passer à tabac et d’être eux-mêmes placés en garde à vue avec l’arrivée sur les lieux de Frédéric Bongo, patron du service de renseignement, présenté comme son comparse dans la mafia.

C’est le quartier Louis, dans le 1er arrondissement de Libreville qui fut le théâtre de cette scène digne d’un polar. Yusuf Bongo Ondimba, au volant d’une Mercedes Benz SL 350, était poursuivi par une Dacia Logan de la Police et une Mitsubishi Pajero.
Le frère mauricien d’Ali Bongo avait remonté à contresens la célèbre descente de Louis. Pris en infraction flagrante et dangereuse par les policiers, il avait refusé d’obtempérer, poussant la police à le prendre en chasse. Dans un premier temps, il avait cherché refuge chez Liban Soleman, alors chef de cabinet d’Ali Bongo, qu’il fréquente. Mais les gardiens de ce dernier n’avaient pu ouvrir le portail, malgré ses alertes au klaxon.

Yusuf ici aux cotés de Liban Soleman et du chanteur Akon

Dans sa fuite, il avait été cerné devant l’ancien Pakito, après un coup de feu tiré en l’air par ses poursuivants. Descendus de leur voiture, les policiers avaient tiré un second coup de feu sur l’un des pneus de la voiture pour l’immobiliser définitivement. Voyant toutes les armes à feu braquées sur lui, Yusuf Bongo Ondimba s’était résolu à descendre de la voiture, propriété de son aîné Ali Bongo. Il avait été ensuite passé à tabac par les policiers et de mystérieux personnages venus en appoint. Il s’était retrouvé en sang, avec le short déchiré et transformé en jupe, la mâchoire abîmée et bien d’autres parties du corps tuméfiées.

Un crime de lèse-majesté qui a valu des sanctions aux policiers et à leur chef de l’époque, le général Mystoul. Ce dernier fut momentanément suspendu de ses fonctions. Malgré la cinglante correction reçue, Yusuf Bongo Ondimba n’a pas daigné changer de comportement. Au quotidien, il se conduit en délinquant qui n’hésite pas à dauber ses interlocuteurs. Il est présenté, à tort et à raison, comme un grand trafiquant de drogue.

Ali Bongo à la rescousse...

Yusuf Bongo Ondimba fait partie des rejetons qu’Omar Bongo a laissés au Gabon et qui jettent l’opprobre sur sa famille. Il est issu d’une relation que l’ancien président gabonais mort au pouvoir, entretenait avec une jeune femme mauricienne, Zainab Peeroo, avec qui il a eu un autre enfant, le nommé Ahmed Bongo.

La réaction d’Ali Bongo est très attendue, après l’acte illégal de son cadet. Son initiative frise, au mieux, la désinvolture, et dans le pire des cas, le banditisme d’état qui règne dans le pays. Comment un individu peut-il se permettre de créer une société de transport urbain sans respecter la procédure normale ? Comment peut-il mettre des taxis en circulation sans avoir préalablement obtenu le quitus des autorités compétentes ? Les membres de la famille régnante du Gabon ont l’habitude de fouler au pied impunément les lois de la République.


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