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Election Législative

Professeur Ndombet : « Le Gabon a une soif ardente et inépuisable d’équité, d’égalité et de démocratie »


Analyse
  • Wilson-André Ndombet Bi-Docteur en Histoire et en Sciences Politiques - Professeur Titulaire des Universités © 2017 D.R./Info241
Publié le 27 décembre 2017 à 08h23min

La diaspora gabonaise résistante du monde qui dénonce toujours radicalement le ’’ coup d’état militaro-électoral du régime tyrannique d’Ali Bongo’’ s’oppose à la tenue des législatives prochaines qui étaient prévues selon la Constitution pour janvier 2017 mais reportées à l’envi de manière illégale en janvier 2018. Selon certaines voix, eu égard les nouvelles dispositions monarchiques contenues dans la révision constitutionnelle déjà promulguée par le Parlement illégitime, cette élection est un simulacre du régime Bongo-PDG pour tenter de se légitimer malgré la fraude électorale et les violations des droits de l’homme au sortir de l’élection présidentielle du 27 août 2016. A ce sujet, le Professeur Wilson-André Ndombet en fin analyste politique assermenté à travers une tribune libre intitulée : ’’Du boycott des élections législatives à venir ’’ propose un éclairage que les partisans illuminés des législatives gagneraient à méditer et à intérioriser. Décryptage.

Le peuple n’a plus foi ou confiance en ses institutions. Le pays a une soif ardente et inépuisable désormais d’équité, d’égalité et de démocratie. Je veux parler de parfaite transparence et de loyauté dans la gestion du processus électoral, c’est-à-dire depuis la gestion des organes chargés de collecter les suffrages jusqu’à ceux de la proclamation de l’ensemble des résultats.

Cependant, personne ne saurait admettre que ceux qui ont des intérêts liés sans être démis de leurs fonctions respectives de fossoyeurs de l’idéal démocratique des Gabonais, de tous les Gabonais, poursuivent leur mandat. C’est pourquoi, il faut une révision totale des dispositions constitutionnelles desdites institutions chargées des processus électoraux en lieu et place de la distraction politique actuelle relative aux prérogatives du Chef de l’État.

À cela s’ajoute, faute de confiance en nous-mêmes, une assistance des institutions internationales crédibles, pour contrer le syndicat des chefs d’États mafieux et dictatoriaux de l’OUA et autres groupuscules des tenues ou organisations occultes, du début à la fin dudit processus des élections législatives.

Le reste n’est que distraction, collusion et trahison.

S’agissant des partisans du pouvoir, il paraît difficile d’imaginer une survie dans un processus électoral normal face à une révolte quasi-généralisée des Gabonais et déterminés à vivre enfin leur alternance brutalement bloquée depuis le scrutin du 27 août 2016. Le PDG le sait et craint une nouvelle déculottée. Ce parti a donc intérêt à retarder l’organisation d’un nouveau scrutin qui l’humilierait davantage. Il perdrait à jamais sa crédibilité, tant bien même il réitérait sa pratique des hold-ups historiques passés.

Les temps ont changé et les générations actuelles ont formaté un logiciel des temps nouveaux et à l’aune de la situation politique internationale, à tout le moins, plus prompte à favoriser l’universalisme démocratique. Même coincé et tenter d’organiser une nouvelle nuit des longs couteaux made in 31 août 2016, le régime au pouvoir n’oserait pas le faire face aux projecteurs de la Communauté internationale. Sauf à aller au casse-pipe ! Et qui oserait le faire le premier ?

Pour les partis de l’Opposition, nombre d’options sont envisagées parmi lesquelles, il ne s’agit plus de boycotter les élections législatives. À imaginer cependant, que le régime au pouvoir s’arcboute à détenir toujours tous les leviers du pouvoir de l’État, aller aux élections sans garantie serait illusoire et ferait son jeu. Il pourrait chercher à laver l’humiliation du 27 août 2016 et donner l’impression d’avoir repris la main face à la situation politique chaotique du pays.

D’autre part, non seulement l’Opposition n’aurait plus sa cohésion relative d’avant les élections présidentielles d’août 2016c, mais elle en sortirait divisée. Et, à ce moment-là, réapparaitront les vieux démons des luttes pour le leadership qui l’avaient perdue autrefois. Et, surtout, sera favorisé de nouveau l’ethcisme contre la marche vers l’idéal de la construction de notre Unité Nationale, partout et majoritairement perspectible dans les attitudes des nouvelles générations de Gabonais.

Dans ce cas de figure, quel leader de partis de l’Opposition oserait casser cette dynamique comme si les expériences passées nées des processus électoraux antérieurs n’instruisaient guère. Même si l’alternance politique serait envisageable dans un proche avenir profitable à l’un ou l’autre leader, l’idéal de tout un peuple devrait-il être bradé au profit de quelques-uns marqués par un nombrilisme, un ethnocentrisme rétrograde ? Même si je dois reconnaître qu’un leader politique mesuré, le Premier Ministre Eyeghe-Ndong, hautement lettré, nous avait déjà prévenus et y insiste encore aujourd’hui !

Et que dire de l’organisation du processus électoral des législatives à boycotter ou non ?

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les mêmes partisans des organes de gestion du processus électoral continuant à les acter, sur la base de leurs convictions mafieuses, occultes, parentales, voire etnicistes, ils proclameront les résultats en fonction de leurs intérêts et convictions d’antan et de toujours : la mobilisation et la concentration du pouvoir.

Pour avoir étudié les processus électoraux du Gabon, au moins depuis 1957, le parti au pouvoir à toujours organisé une fraude relative (mars avril mai aux élections territoriales), une fraude massive (de 1964 à nos jours y compris en tenant compte du régime du parti unique). Pour ne pas dire uniquement, depuis 1990, et pire encore, depuis 2009.

En validant l’hypothèse du contexte actuel et, notamment, de l’avènement de Ping au pouvoir et de ce qu’on peut qualifier de majorité de la sociologie électorale des huit province en sa faveur, qui est la vôtre, qui garantirait la victoire de son camp, si les maux restaient intacts et continuaient à miner ce processus électoral en faveur du PDG ou du régime au pouvoir ?

Aussi importe-t-il de reconsidérer, tel que déjà dit, l’architecture constitutionnelle des institutions en charge de ses institutions, qu’elles cessent d’être représentatives de la volonté du Prince et ne reproduisent, en revanche, que le « trust » ou mandat du peuple.

Si d’aventure, on essayait d’aller aux élections législatives qu’en ne comptant simplement que sur le contexte actuel favorable à l’Opposition et sans garantie de modalités juridiques crédibles et, par conséquent, véritablement démocratiques, les mêmes causes produisant les mêmes effets -je me répète volontiers- la bourrasque ou déculottée électorale en faveur de Ping ou simplement de l’Opposition n’aura pas lieu.

Wilson-André Ndombet
Docteur en Histoire
Docteur en Sciences Politiques
Professeur Titulaire des Universités.


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